La priorité, aujourd’hui, est sans ambiguïté de faire barrage à l’extrême droite, en votant Chirac, le 5 mai.
Aussi, Les Pieds Dans le Paf, invitent les citoyens à participer :
au 6ème Réveillon du 1er Mai : RÉVEILLONS LA DÉMOCRATIE ! Rassemblement mondialiste et anticapitaliste "Sans violence, sans argent, sans organisation dirigeante", le 30 avril 2002 - à partir de l’après-midi - Place de la Bourse à Paris
et aux différentes manifestations contre le Front National organisées partout en France.
La mobilisation doit être exemplaire !
Souhaitant contribuer au débat national pour rénover la démocratie, nous vous livrons donc notre analyse de la situation :
Médias : Qui a fait monter le grand méchant loup ?
Association de citoyens téléspectateurs, nous ne pouvons éluder la question du rôle des médias dans la situation actuelle. Lorsqu’un événement comme celui des résultats du 1er tour des élections présidentielles surgit, tout le monde réagit et analyse la situation à travers le prisme de ses propres expériences et préoccupations. C’est sans doute parcellaire, incomplet mais la complémentarité des points de vue et l’écoute des différents acteurs du mouvement social et citoyen qui permettra de reconstruire ensemble une organisation sociale garantissant les principes fondamentaux de la démocratie, des droits de l’homme et la participation active de tous.
Qui a fait monter le grand méchant loup ?
Il nous paraît clairement établi que les médias, et la télévision en particulier, ont une responsabilité évidente dans la situation politique inédite et dangereuse issue des résultats de ces élections.
Abandonnés aux lois du marché et l’audimat, ils ont pu jouer les apprentis sorciers avec le thème de l’insécurité, faisant le jeu de l’extrême droite, et cela bien avant la campagne électorale. Des émissions sur TF1, présentant des reportages comme les viols dans les parkings et terminant sur une formule comme " Ca peut vous arriver " ne peut faire que des scores d’audience, les J.T. mettant à la une les actes de violence individuelle ou collective aussi ! Ainsi des sentiments de peur se sont développés même dans des communes rurales qui ne connaissent aucun problème de délinquance ou de population immigrée (coupable désignée). Chirac y a trouvé un thème central et démagogique pour faire oublier ses propres affaires judiciaires et les autres candidats (à quelques exceptions près) ont suivi avec les résultats que l’on connaît.
Les reportages sur une personne âgée, victime d’une agression à Orléans, présentés sur TF1 puis sur France 2 et France 3 à quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote ont parachevé le processus (voir à ce sujet le dossier réalisé par TOSCIN).
L’information n’est pas seule en cause. Des émissions comme le Maillon Faible ne sont pas anodines comme on veut le faire croire. Nous le dénoncions dès son arrivée sur les écrans (article du Figaro, le 9 juillet). Éliminer l’autre, le faible, réel ou supposé, celui qui nous empêche d’avancer, l’humilier publiquement pour atteindre son but est insidieusement devenu socialement acceptable et fait partie de l’idéologie l’extrême droite.
" C’est pas nous, c’est pas nous "
Depuis ce 21 avril, nous n’avons pas eu l’impression que les médias se soient lancés dans une véritable autocritique. Olivier Mazerolle, le soir même, sur France 2 rembarre un intervenant (je ne sais plus lequel) qui ose aborder le rôle des médias dans ces élections (déjà, durant la campagne, nous l’avions vu pugnace face aux " petits " candidats et moins virulent avec les postulant au deuxième tour). L’usage abusif des sondages dans le traitement des élections : ce n’est pas de leur faute et ni de celle des sondeurs, qui se sont trompés et nous ont trompés : les électeurs du Front National ne se dévoilent pas. Le Nouvel Observateur titre " les leçons du désastre " accusent les politiques (ils sont aussi responsables) mais pas un mot sur le rôle des médias.
Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur tous les journalistes, sur tous les médias. Nous ne doutons pas que dans les rédactions, le débat existe comme dans toute la société actuellement. Pour avoir organiser une rencontre sur le thème " Médias et élections ", jeudi 25 avril, à St Sébastien sur Loire (à côté de Nantes), avec la participation de la plupart des médias locaux (presse, radios, télévisions), nous savons bien que le malaise existe, que le désarroi est profond. Seulement, ce débat doit être public et les médias doivent sortir de leurs certitudes et de leur tour d’ivoire.
Miroir, mon beau miroir
Jusqu’à présent, en tant qu’association de téléspectateurs (et donc de citoyens usagers des médias), nous avions l’impression d’être perçu comme les " ennemis " des médias mettant en cause la liberté et le libre-arbitre des journalistes. Pourtant, nous serions les premiers à nous battre si la liberté de la presse était attaquée ! Nos relations avec les médias se limitaient à répondre aux questions des journalistes, servant parfois de caution (l’avis des téléspectateurs), sans la possibilité de faire passer nos propres points de vue en dehors du champ qu’ils nous avaient délimité ! Ainsi, notre candidature au CSA pour remplacer Madame Langlois-Glandier afin que les téléspectateurs soient représentés au sein de cette instance : 250 communiqués de presse envoyés auprès de journalistes spécialisés, l’information est reprise que par 3 sites internet !
Loin de nous, l’idée de nous faire passer pour des martyrs de l’information. Mais combien d’acteurs de la vie sociale se trouvent dans la même situation que nous ? Combien d’exclus des espaces de paroles, ont eu la tentation des extrêmes, faute de pouvoir être entendus ? Les médias s’affirment de plus en plus des miroirs déformants de la société. Il faut clairement se poser la question : au bénéfice de qui ?
Et les politiques dans tout cela ?
Faute d’avoir fait de la télévision, une question politique et sociétale majeure, et se coupant parallèlement de leurs bases et des citoyens, les partis politiques n’ont rien vu venir, laissant les grands groupes de communication manoeuvrer à leur guise sous le prétexte de la liberté de communication. Il n’agit pas de revenir à l’époque de l’ORTF, spectre que l’on agite à chaque tentative de légiférer sur l’audiovisuel mais de garantir l’accès des citoyens aux espaces de paroles et défendre l’intérêt général face aux intérêts particuliers (économiques notamment). Le CSA discrédité par l’affaire Langlois-Glandier, chargé de répartir la télévision numérique terrestre entre grands groupes économiques, incapable de réagir face aux excès de la télé-réalité est le symbole de ce laisser-faire, au mieux, de la complicité des partis au pouvoir, au pire, face à cette situation. Et les partis de droite nous promettent la privatisation de France 2 !
La nécessaire mobilisation citoyenne
La télévision reste, après l’école, le ciment de la cohésion sociale, même si certains trouvent cette idée dépassée avec la multiplication des chaînes. Récoltant toujours les plus fortes audiences, TF1 et les autres chaînes hertziennes ne sont pas prêtes à êtres supplantés par les chaînes thématiques. Il est donc nécessaire que les citoyens se mobilisent pour définir quelle politique de l’audiovisuel nous attendons et participent aux instances chargées de sa gestion.
C’est notre combat. Nous espérons être rejoints par tous ceux, organisés ou non, qui en perçoivent les enjeux, sans pour cela, imaginer une seule seconde (heureusement !), être porteurs d’une vérité et de solutions. Mais, alors que nous sommes engagés dans un large débat pour réformer notre démocratie, il est indispensable que la question des médias en soit un thème central.
Pour les Pieds Dans le Paf
Le Président
Denis Rougé
LES PIEDS DANS LE PAF
Association Nationale des Téléspectateurs et Auditeurs
43 rue Aristide Briand 44550 SAINT MALO DE GUERSAC
Tél. : 02 40 91 15 71 / 06 60 05 15 71
Fax : 02 40 91 12 78
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