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[don't hate the media... become the media]   25/07/08 - 13:20
[dépêches]


Chirac a tenu ses promesses, il a laché ses chiens de garde...

Mercredi 15 mai 2002, 19h00, Paris 10ème

Les bords du canal St Martin sont calmes, il fait beau. Des gens sortent du travail. Des parents ramènent leurs enfants du parc. Les terrasses des cafés sont pleines. Nous prenons un verre assises au bord de l’eau comme beaucoup de monde. Tout ce petit monde est bercé par des petites mélodies qui viennent des différents musiciens installés sur les berges. C’est une fin de journée banale pour le quartier.

Et soudain, de l’autre côté du canal en face de nous, deux véhicules de police surgissent . Ils se précipitent un groupe de musicien installés près du café L’ATMOSPHERE, et après un bref échange, ils interpellent brutalement un des musiciens qu’ils jettent dans leur véhicule. Les autres musiciens interviennent, les gens se mettent à crier, siffler... Et là, c’est le chaos. Nous passons de l’autre côté du canal pour comprendre. En quelques minutes, quatre personnes sont interpellés, brutalisées, plaquées au sol, matraquées, les une après les autres. Les gens huent, crient : « Appeler la police ! ». Certains essayent d’intervenir, ils sont refoulés à grand coup de lacrymaux, ils doivent esquiver les coups de matraques. Des véhicules chargés de policiers arrivent en renfort. Les policiers sont très agressifs, ils hurlent, ils ont des gestes d’une très grande brutalité. Il est impossible de les empêcher d’embarquer les personnes interpellés. Les véhiculent repartent dans un tintamarre de sirènes.

Sur le canal, les gens sont bouleversés. Mais aussitôt, ils échangent leurs coordonnées afin de préparer une liste de témoins.

Le motif de ces interpellations est inconnu. Personne n’a compris pourquoi cette déferlante de brutalité.

Après un passage à la PJ du 10eme, où le planton dont le nez poussait à vu d’yeux, s’est bien gardé de donner le moindre renseignement. Plus tard, nous avons appris par un des amis des musiciens qu’ils ont été relâchés. On ne connaît toujours pas le motif de leur interpellation.

Nous avons récolté quelques témoignages grâce à Michel qui est arrivait plus vite que son ombre avec une caméra. Les personnes interpellées risquent de venir à Zalea pour témoigner, nous n’avons pas pu encore les avoir en direct. Des journalistes de Libé et France Soir étaient présents, ils sirotaient un verre comme nous.

Anne


Source/auteur : HNS correspondance
Mis en ligne le samedi 25 mai 2002, par HNS correspondance
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