Aujourd hui, une cinquantaine de militants ont investi l’embarcadere des Bateaux Parisiens (Paris), filiale de la Sodexho, pour protester contre l’exploitation par celle-ci des detenus en France et partout dans le monde.
La Sodexho est la cible d’une campagne internationale menee par des associations et des syndicats, parce qu elle est representative de ces entreprises qui se revendiquent citoyenne, pensant ameliorer par leur intervention les conditions de vie des prisonniers.
Depuis la loi du 22 juin 1987 et au programme 13000, la SIGES (Societe d’investissement et de gestion des services) filiale de la Sodexho, est investi dans 8 prisons en France dont 5 centres de detention, Argentan, Chateauroux, Chateaudun, Neuvic et Uzerche, et 3 maisons d arret, Bois d’Arçy, Chartres et Nanterre. Elle y intervient pour des contrats allant de la restauration (sa specialite dont le marche est evalue a 5,5 milliards d’euros) a la maintenance ou la securite en passant par le nettoyage, l’enseignement, le travail, la formation, le transport ou la sante... Elle fournit, egalement les produits cantinables par le biais de sa " boutique interne ", a des prix exorbitants. Elle propose aujourd hui aux gouvernements des democraties solvables des solutions globales ou la SIGES gere la construction, la securite et le financement de chaque etablissement. C est ainsi qu elle a developpe ses activites en Australie, en Grande Bretagne et aux Etats Unis ou la privatisation y est totale et le taux de sous traitance en augmentation (entre 10 a 18%). Elle ne cesse de mettre en avant sa gestion " exemplaire " de Forest Bank, prison moderne pres de Manchester, son travail pour la reinsertion de ses detenus notamment au sein du FEED (Fond Europeen pour l’Emploi des Delinquants), mais aussi l ensemble des projets qu elle mene en etroite collaboration avec les ministeres de la justice des Pays Bas, d’Italie ou d ailleurs.
Pour autant lorsqu elle explique qu elle forme et reinsere des detenus par le biais du travail, elle oublie juste de signaler que ces prisonniers ne signent aucun contrat de travail et sont remuneres a la piece ou de toute façon sans rapport avec un quelconque salaire minimum. Ainsi le " salaire " moyen d un detenu en France oscille entre 800 et 1200 francs par mois.
La SIGES realise aujourd hui 1% du chiffre d’affaire du groupe Sodexho soit 49 millions d euros mais elle estime le marche des 2500000 personnes incarceres en occident a 45,6 milliards d euros. Elle est presente dans chacune des etapes de l incarceration d un detenu a partir de sa condamnation : elle l emploie, le nourrit, lui fournit les produits cantinables, le " soigne ", le blanchit, le forme, le reinsere, le surveille...
Nous exigeons l’application du droit du travail en detention, un acces aux soins effectif et de qualite, le versement des minima sociaux en prison, l’ajustement des salaires sur le SMIC, la liberte d’expression, d’association, de syndicalisation et le rapprochement.
Nous continuerons nos actions sans relâche contre ces entreprises qui collaborent au systeme penitentiaire et exploitent les detenus.
Paris, le 20 juin 2001
Act Up-Paris, Commission Prison Confederation Nationale du Travail, ODU, Ras les Murs, SCALP-Reflex