Après les rapports publiés par les deux assemblées du Parlement français en juin 2000 écrivant l’état déplorable des prisons françaises, qualifié par les Sénateurs pourtant peu enclins à l’exagération "d’humiliation pour la république", on attend toujours la discussion et le vote de la "grande loi pénitentiaire" qui devait modifier cette situation honteuse selon le gouvernement.
On pouvait espérer dans cette attente quelques modifications élémentaires qui corrigent les situations d’inhumanité les plus flagrantes. Pour apprécier cette évolution, deux exemples concrets chez nos détenus que chacun pourra apprécier et méditer au pays prétendu de la démocratie et des droits de l’homme.
La Grand-mère de Pascal LAIZÉ, âgée de 81 ans avait sollicité et obtenu des Juges d’instruction un permis de visite pour aller voir Pascal. Après avoir pris un rendez-vous au parloir de la Santé pour le 12 mai, elle se présente à la porte de la Maison d’Arrêt pour s’entendre dire qu’i y a une erreur de jour dans le rendez-vous et qu’elle ne pourra pas le rencontrer... 700 kilomètres pour rien à 81 ans... Vous avez dit droits de l’homme et attention portée aux personnes âgées ? .
Pascal se plaint d’une grosseur qui se développe au niveau de la hanche... visite médicale... examen superficiel... " ce n’est rien, c’est de la graisse « ... C’est nouveau, la graisse peut former une boule asymétrique au niveau de la ceinture... Il lui reste donc à faire du sport avec sa béquille !
Alain Solé a été transféré à FRESNES pour raison médicales... il était soi-disant dépressif et la prison Villepinte ne comportait pas de SMPR, lisez en jargon pénitentiaire " service psychiatrique ").
Il a été laissé en division après une visite chez le psy et une mention RDT ( en jargon pénitentiaire retour en détention) sur le dossier médical. On rappellera qu’Alain SOLÉ est suivi en permanence pour un diabète chronique. Dans ce traitement, pour déterminer la quantité d’insuline à injecter, on procède à des dosages successifs de la glycémie sanguine au cours de la journée. Le dosage le plus important est celui fait à jeun le matin. A Fresnes, il n’y a pas de dosage le matin à jeun. Motif : l’infirmerie n’est pas encore ouverte à l’heure du petit déjeuner.
Pour illustrer cette situation nous compléterons par quelques morceaux choisis du Code de Procédure Pénale :
Article D 360 "Le transfèrement dans un établissement pénitentiaire mieux approprié peut être sollicité (...) pour les détenus qui ne bénéficient pas, dans l’établissement où ils sont écroués, de conditions matérielles adaptées à leur état de santé..."
Article D 361". "Les détenus malades bénéficient du régime alimentaire qui leur est médicalement prescrit."
Chacun pourra ainsi mesurer la distance de la théorie à la pratique dans les prisons françaises.
Skoazell Vreizh (Secours Breton)
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