La Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Pau a rendu ce matin sa décision concernant la demande d’extradition formulée par le juge madrilène Baltazar Garzon à l’encontre du porte-parole des Gestoras Pro Amnistia, Juan Mari Olano. Le Tribunal a pris de la décision d’accepter cette extradition, toutefois en ne l’accordant qu’aux faits postérieurs à 1995, et non depuis 1987 comme il avait été demandé, en vertu de la prescription. De plus, la 6ième demande de remise en liberté provisoire à également été rejetée.
Cet arrêt a été pris suite au complément d’information que cette même cour avait demandé au juge du tribunal de l’Audiencia Nacional de Madrid.
Pourtant dans ce complément d’information, aucun fait nouveaux n’avait été précisé, et argumenté, se bornant à déclarer délictueux les activités de porte-parole du mouvement de soutien aux prisonniers basques, Juan Mari
Olano de 1987 à décembre 2001, le 3 décembre jour de son arrestation à Bayonne.
Juan Mari Olano, présent à cette séance, a dénoncé vigoureusement la décision de la Cour d’Appel de Pau, en déclarant qu’en donnant le feu vert à l’extradition, c’est un chèque en blanc qui est remis au juge Garzon pour qu’il poursuive impunément la persécution de tous les militants politiques publics de la gauche indépendantiste basque. Il a rappelé que cette décision
a des répercutions très graves au niveau du conflit basque puisque ainsi la France légitime l’offensive espagnole contre les mouvement basque, consistant à neutralisé et mettre hors du champ politique tous les
organisations basques dissidentes en les qualifiant de terroriste et faisant l’amalgame avec l’ETA, criminalisant et incarcérant des dizaines de militants politiques. Ainsi, le parti politique Batasuna va être illégalisé prochainement, malgré l’opposition de la grande majorité de la société basque, mais le Sénat espagnol l’a approuvé à plus de 90% des voix. Voilà à
quoi ressemble la « démocratie espagnole ».
Juan Mari Olano s’est présenté comme un militant des Gestoras Pro Amnistia et aujourd’hui d’ASKATASUNA (également illégalisée par le juge Garzon), et à
souligné le paradoxe français qui estime pour accorder cette extradition que les activités qu’il a mené comme illégales, mais il a rappelé que des centaines de militants d’Askatasuna de Basse Navarre, Soule et du Labour, certains présents dans la salle, mènent exactement le même travail militant, défense des droits des prisonniers basques, dénonciation de la torture, de
la répression, mais ils ne sont pas poursuivis. Lui-même alors qu’il était à Bayonne avant son arrestation avait maintenu son travail et que pour ces faits, il n’était pas poursuivi, mais Garzon lui les inclut dans sa demande
d’extradition.
Pour finir, il a dénoncé l’attitude du procureur et du président du Tribunal, en leur indiquant que pour cette décision ils seraient grassement remerciés par le gouvernement espagnol, pour le travail accompli.
Cette décision vient valider un nouveau pas répressif dans la collaboration sans faille des autorités françaises vis-à-vis du gouvernement espagnol, et
entre dans le cadre plus vaste, de la répression au niveau européen de toute activité militante.
Face à cette décision scandaleuse de la Cour d’Appel de Pau, des recours vont être posés, devant la Cour de Cassation, sur la forme concernant la double incrimination et sur le motif politique de cette extradition, et sur le fond au Conseil d’État. Tous les recours internes seront épuisés, s’il le faut, pour requérir aux instances européennes.
Askatasuna
Association de soutien et de défense des prisonnièr-e-s politiques basques
BP 8285 - 64182 Bayonne cedexbr>
tel / fax 05 59 59 01 84 + 06 22 76 27 76br>
mailto:hareman@camaileon.com