Des membres de la dix-huitième mission civile pour la protection du peuple Palestinien (CCIPPP) se trouvent à Ramallah, à la demande des équipes du Secours Médical Palestinien, afin d’accompagner les ambulances. La ville est livrée aux chars de l’armée israélienne (sauf pendant la levée du couvre-feu hier samedi de neuf à quatorze heures).
Julie. L., membre de la mission, accompagne un secouriste qui convoie un malade et sa famille vers l’hôpital. En route, l’ambulance est stoppée par l’armée israélienne. Une autre ambulance est déjà arrêtée a cet endroit. Ses passagers, personnel médical d’un hôpital se rendant a leur travail, sont adossés au mur, visés par le canon d’un tank et pointés par les mitraillettes des soldats.
Certains sont attachés les uns aux autres. Les soldats prennent les papiers des occupants de l’ambulance et leur ordonnent de se joindre aux autres. Une jeep de la police suivie d’un camion blinde arrivent. Ils leur ordonnent en criant de monter dans le camion. Les chauffeurs des ambulances les suivent, menacés de se voir tirer dessus s’ils font le moindre écart.
Ils sont emmenés a une école transformée en camp militaire où se trouvent déjà environ deux cents hommes assis en plein soleil. Les soldats ordonnent au gens de descendre du camion, de se remettre en file contre un mur. Ils séparent les hommes des femmes et ordonnent aux femmes de regagner leurs maisons à pieds, avec le risque de se faire arrêter a nouveau pour infraction au couvre-feu !
On ne sait pas ce qu’il est advenu du malade qui devait être opéré.
Danger réel pour les personnes arrêtées. Arbitraire total.
Aujourd’hui en Cisjordanie, plus d’un million deux cent mille citoyens palestiniens sont sous couvre-feu.