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[don't hate the media... become the media]   05/07/08 - 20:30
[dépêches]


Expulsion de Kepa Badiola
La France, une alliée sans faille de l’Espagne

Kepa Badiola arrêté en novembre 1996 et incacéré en France a fini sa peine aujourd’hui, mercredi 3 juillet, il a été sorti de la prison de Fresnes, ce matin pour être conduit et remis à la frontière espagnole. Kepa Badiola est en grève de la faim depuis le 3 juin, il a perdu plus de 10 kg, et pour dénoncer sa situation il est entré en grève de la soif depuis le 1er juillet. Il a donc été transféré et conduit dans un état de grande faiblesse, et cela pour arriver à la frontière le plus faible possible afin de pas être remis aux mains de la garde civile.

Dans la nuit du 2 au 3 juillet, à partir de 00h, heure à laquelle sa peine prenait fin, sa femme et des membres de sa famille se sont postés sur les différeront points de frontières, au Perthus, à la Jonquera et à Portbou, afin d’être présents lors de l’arrivée de Kepa Badiola. Aux environs de 1h30 de matin, sa sour et son mari qui était situé au poste frontière au niveau du Perthus ont été contrôlés par la Garde Civile espagnole, et conduit tout d’abord au poste frontière pour une vérification de papier puis dans un commissariat de la Garde Civile. À la grande inquiétude des autres membres de la famille, ils ont été retenus pendant plus de deux heures, interrogés, les gardes civiles les prenant pour des membres d’un commando de l’ETA, puis lorsque des informations les concernant arrivèrent au commissariat, ils furent enfin libérés, vers 3h45 du matin. La Garde Civile leur avait confirmé, sans plus de détail, que Kepa Badiola serait bien expulsé aujourd’hui. ASKATASUNA dénonce vigoureusement les agissements de la Garde Civile, qui bien que sachant pertinemment les raisons de la présence de la famille de Kepa Badiola a tenté de les effrayer pour qu’ils ne soient pas présents lors de l’arrivée de Kepa, les a retenus et interrogés sans aucun motif valable.

Kepa badiola n’a fait l’objet d’aucune demande d’extradition par les autorités espagnoles, aucun dossier n’existant à son encontre. Pourtant la France fait le choix de la collaboration sans faille avec l’Etat espagnole, même si pour cela elle bafoue ses propres lois. Ces expulsions et remises à la frontière espagnole ont été maintes fois déclarées illégales par les tribunaux français, mais le choix est politique. Les droits d’un citoyen basque ne font pas le poids, même si la torture peut être à la clé. Les cas de Josu Arkauz, en 1997 ou celui d’Iratxe Sorzabal, le rapport de rapporteur spécial contre la torture viennent confirmer ce que nous affirmons. Nombre d’ONG de défense des droits de l’homme montrent également leur inquiétude quant à la persistance de la torture, et aux risques encourus par Kepa, tels que Amnesty International, l’ACAT ou même Danielle Mitterrand de la Fondation France Liberté.

ASKATASUNA se réjouit de la libération de Kepa Badiola qui a ainsi pu retrouver sa famille, mais ces expulsions sont une porte ouverte à l’arbitraire et à la torture, aucune garantie physique n’étant apporté. L’arrestation et les 5 jours de mise au secret peuvent intervenir, un jour, une semaine, un mois, un an, après l’expulsion. ASKATASUNA demande la fin immédiate de ces pratiques, et revendique le droit de vivre librement au Pays Basque. Kepa étant interdit de séjour dans le territoire français, on lui interdit purement et simplement toute vie de famille, sa femme et son fils résidant à Anglet. La France se rend responsable de ce qui adviendra à Kepa Badiola.

Askatasuna - association de soutien et de défense des prisonnièr-e-s politiques basques
- 00 33 (0)6 22 76 27 76
- hareman@camaileon.com


Source/auteur : Askatasuna
Mis en ligne le jeudi 4 juillet 2002, par Celine
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