Il y a deux semaines, après une entrevue avec son homologue britannique
David
Blunkett, Nicolas Sarkozy annonçait que la fermeture du centre était
envisageable. (Cf. Libération)
Gendarmerie, Police et CRS multiplient les intimidations et les violences
contre les réfugiés
Les militants présents sur le terrain aux côtés des réfugiés recueillent
chaque semaine des témoignages accablants sur la brutalité des forces de
l’ordre. De véritables opérations de traque, avec des chiens, sont
constatées dans les bois près du terminal des Ferries. Les réfugiés kurdes
et afghans mentionnent un nombre important de personnes gravement mordues
par les chiens policiers. Nous avons rencontré parmi ces réfugiés des
blessés de guerre : grands brûlés, mutilés, aveugles. Nous avons constaté que
plusieurs personnes étaient blessées au visage suite à des coups de
matraque ou de coups de poings. Des habitants ont témoigné avoir vu la
gendarmerie poursuivre des réfugiés en criant des insultes racistes. Les
forces de police très nombreuses à Calais occupent et utilisent d’ailleurs les
chambres d’étudiants libres pendant l’été, le restaurant universitaire est
envahi de militaires venus manger avec leur fusil d’assaut. Chaque nuit
autour du Terminal Eurotunnel c’est la chasse à l’homme. Les militaires
armés patrouillent autour du site. Près de six millions d’euros ont été
dépensés dans les barrières électrifiées du site eurotunnel et SNCF. Par
contre les conditions de vie et d’hygiène dans le camp ne cessent de se
dégrader. Avec cet argent on aurait pu construire combien de places
décentes en Centre d’Accueil pour demandeur d’Asile. Visiblement l’Etat
français ne veut pas mettre les moyens nécessaires pour accueillir dignement
les réfugiés. Mais pour faire la chasse à l’homme pas de problème de budget
!
Sangatte se transforme de plus en plus en centre de rétention géant.
Barbelés, interdiction d’accès aux associations, CRS à l’intérieur du camp.
Depuis le mois d’Avril un double grillage et des barbelés tranchants ont été
installés autour du hangar avec porte électrique et gardien. Les
associations n’ont plus le droit de pénétrer à l’intérieur du camp. Par
contre les CRS eux sont désormais présents en permanence à l’intérieur du
bâtiment. Verra-t-on bientôt la Croix-Rouge gérer un centre de rétention
géant. En tout cas la Croix-Rouge s’oppose à la diffusion d’informations
dans le centre sur la possibilité de demander l’asile. Nous tentons de
diffuser cette information en rencontrant les réfugiés dispersés à l’
extérieur du camp.
Une petite partie des réfugiés sera envoyée en Grande-Bretagne, une partie
autorisée à demander l’asile en France, le reste sera expulsé.
Selon le HCR, les quelques centaines de résidents de Sangatte susceptibles
d’obtenir le statut de réfugié pourraient être réparties entre la France et
la
Grande-Bretagne. Les autres seraient expulsés vers leurs pays. (Cf. Libération) Quand
on connaît la politique européenne en matière de droit d’asile on sait déjà
que très peu de réfugiés seront reconnus comme tels car la convention de
Genève est interprétée de manière très restrictive et on demande toujours au
réfugié de prouver qu’il était victime personnellement de persécutions
venant des autorités. Ainsi un algérien menacé par les islamistes ne sera
pas reconnu comme réfugié. Il faut donc s’attendre à de nombreuses
expulsions. Le tri proposé par le HCR sera expéditif et ne respectera pas
les droits fondamentaux des personnes déplacées.
Quels seront les critères
pour identifier les « vrais réfugiés » ?
Il n’y aura pas de recours possible et pas de possibilité d’être assisté par
un défenseur. De toute façon cette distinction entre vrais et faux réfugiés
n’est pas pertinente selon les propres experts de l’O.N.U. Le H.C.R. propose
de l’argent pour inciter au retour certains réfugiés. Comment imaginer un
seul instant qu’un kurde menacé de mort dans son pays accepterait de rentrer pour
se faire tuer même pour de l’argent ? Le HCR annonce déjà dans la presse et sans
même avoir étudié les situations individuelles seulement une centaine d’
admission à l’asile sur les 1200 réfugiés du camp. Pourtant le sociologue
Smaïn Laacher indique sur France Info après une enquête approfondie que
moins de 10% des résidents du camp sont des « réfugiés économiques »
Catastrophe humanitaire annoncée et chasse à l’homme à grande échelle.
Ce n’est pas la première fois que les réfugiés se trouveront jetés dans la
rue à Calais. Déjà en 1998 les associations locales ont tenté de faire face
quand l’état refusait d’assumer ses responsabilités. Cette fois encore des
centaines de personnes fuyant la faim, la guerre ou la répression vont
devoir survivre sous les ponts ou cachés dans les bois pour échapper aux
rafles de la police. Elle est belle la France des droits de l’homme !
Comment les blessés de guerre, les malades, les familles avec enfants vont
ils pouvoir survivre sans assistance ?
Les associations calaisiennes demandent des renforts devant l’ampleur de la
tâche
Besoins en moyens matériels et humains (couvertures, colis alimentaires,
assistance médicale).
Nous avons besoin d’argent pour mettre en place des secours alimentaires et
médicaux, des vêtements, et pour financer une campagne de sensibilisation de
la population locale.
Une solution politique respectueuse du droit d’asile est plus que jamais
nécessaire
Les réfugiés de Sangatte sont le résultat de la mondialisation et des
conflits armés provoqués ou entretenus par les pays riches qui sont
moralement tenus d’assumer les conséquences de leur "real-politik".
Il faut exiger des conditions d’accueil décentes pour toutes les personnes
déplacées par la crise économique mondiale, par l’inégalité du partage des
richesses, par les guerres, par le besoin de survie.
Tout être humain quelle que soit sa nationalité doit pouvoir se loger, se
nourrir, se soigner, s’éduquer et circuler librement sur la planète.
Transmettez immédiatement vos protestations les plus énergiques au ministère
de l’intérieur
Fax D.P.L.J : 01.49.27.48.48.
Pour AC ! Côte d’Opale : René, Sylvie, Yvette, Didier, Gaëlle.