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[don't hate the media... become the media]   08/10/08 - 04:35
[dépêches]


Occupation des locaux de l’Office national du tourisme tunisien
Une action pour la libération de la journaliste Sihem Bensedrine

Le jeudi 28 juin, depuis 11 heures du matin, Reporters sans frontières occupe les locaux de l’Office national du tourisme tunisien, à Paris, afin de protester contre l’emprisonnement de la journaliste Sihem Bensedrine. « Nous resterons ici tant que Sihem ne sera pas libérée », a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l’organisation.

Pour affirmer sa détermination à obtenir la libération de la journaliste tunisienne, RSF convie la presse, en compagnie de nombreux opposants et défenseurs des droits de l’homme tunisiens, ce jour, à 17h, dans les locaux de l’Office du tourisme tunisien, 32, avenue de l’Opéra, 75 002 Paris, 2ème étage, escalier B.

Sihem Bensedrine, arrêtée à l’aéroport de Tunis à son retour de France, a été incarcérée, le 26 juin, à la prison des femmes de la Manouba (banlieue ouest de Tunis). On lui reproche d’avoir diffusé « de fausses nouvelles destinées à troubler l’ordre public » lors d’une intervention sur la chaîne de télévision Al Mustaquilla (basée à Londres), le 17 juin 2001. Elle sera présentée devant le juge d’instruction le 5 juillet 2001.

Ont été sollicités à cette conférence de presse : Souheir Belhassen, de la Ligue tunisienne pour les droits de l’homme (LTDH) ; Asie Belhassen, de l’Association tunisienne des femmes démocrates ; Taoufik Ben Brik, journaliste ; Tarek Benhiba, du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie ; Marguerite Rolinde, de Hourya-liberté ; Omeyya Feddik, du Comité de soutien aux luttes civiles et politiques en Tunisie

Sihem Bensedrine emprisonnée

Communiqué de presse du 26 juin 2001
Reporters Sans Frontière

Sihem Bensedrine, arrêtée à l’aéroport de Tunis à son retour de France le 26 juin, a été placée sous mandat de dépôt, puis incarcérée à la prison des femmes de la Manouba (banlieue ouest de Tunis). On lui reproche d’avoir diffusé « de fausses nouvelles destinées à troubler l’ordre public » lors d’une intervention sur la chaîne de télévision Al Mustaquilla (basée à Londres), le 17 juin 2001. Reporters sans frontières demande aux autorités tunisiennes la libération immédiate de Sihem Bensedrine.

« Nous demandons au président Ben Ali de saisir les autorités compétentes afin que toutes les poursuites contre elle soient abandonnées. Cet emprisonnement est tout simplement honteux. Non content de faire régner la censure et l’autocensure au sein des médias tunisiens (publics comme privés), le régime s’attaque sans scrupule à tous ceux qui osent s’exprimer dans des médias étrangers. C’est le signe d’un mépris total à l’égard de la liberté d’expression. Et si les émissions d’Al Mustaquilla rencontrent un tel succès en Tunisie, c’est bien la preuve que les médias tunisiens sont incapables d’apporter une information digne de ce nom. Tout le monde sait que la presse tunisienne est totalement asservie au pouvoir », a déclaré Robert Ménard.

Selon les informations recueillies par RSF, Sihem Bensedrine, directrice du magazine en ligne Kalima, secrétaire générale de l’Observatoire pour la défense de la liberté de la presse, de l’édition et de la création (OLPEC, affiliée au réseau international de RSF) et porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) a été interpellée, le 26 juin, vers 10h00 (heure locale) à l’aéroport de Tunis alors qu’elle venait de Marseille. Elle était accompagnée par une représentante de l’association Avocats sans frontières et le chef du groupe socialiste à la mairie de Marseille. Alors que ses proches pensaient qu’elle avait été conduite devant le juge d’instruction, ils ont constaté, en se rendant au tribunal, que la journaliste ne s’y trouvait pas. Le procureur de la République et plusieurs juges d’instruction leur ont déclaré qu’il n’y avait « aucune action intentée contre elle », et qu’elle n’était pas détenue. Peu après, une source officielle, citée par l’AFP, précisait qu’« une instruction judiciaire a (...) été ouverte contre elle. Une commission rogatoire a été adressée à cet effet à la police judiciaire pour mener les investigations nécessaires en vue de présenter l’intéressée devant le procureur de la République de Tunis ». Contactée par RSF en fin d’après-midi, l’avocate Radhia Nasraoui a déclaré que le juge d’instruction avait ordonné l’arrestation de la journaliste. Celle-ci a été conduite à la prison des femmes de la Manouba (banlieue ouest de Tunis). Elle sera présentée devant le juge d’instruction le 5 juillet 2001.

En juin, un mandat d’amener avait été délivré contre la journaliste. Ces poursuites sont intervenues quelques jours après le passage de Sihem Bensedrine sur la chaîne de télévision arabe Al Mustaquilla (basée à Londres), le 17 juin 2001. Dans l’émission « Le Grand Maghreb », elle évoquait notamment le sujet de la corruption en Tunisie. Sihem Bensedrine est poursuivie pour « diffamation » et « atteinte à l’institution judiciaire ». Le 15 décembre 2000, la journaliste avait constaté que sa voiture avait été fouillée. Un couteau à cran d’arrêt avait été déposé en évidence sur la banquette arrière ainsi qu’une lettre sur laquelle était écrit « A la guerre comme à la guerre ».


Source/auteur : Reporters Sans Frontière
Mis en ligne le jeudi 28 juin 2001, par Rosta
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