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[don't hate the media... become the media]   03/12/08 - 00:50
[dépêches]


Vers un large mouvement de grèves dans les territoires occupés ?

Mardi 06/08/2002 a Khan Younes, dans la Bande de Gaza

Nous sommes reçus au siège principal de l’Union générale des syndicats palestiniens (lié a l’OLP). Là, la situation des travailleurs est catastrophique : le taux de chômage se situe entre 60 et 70%, plus de 120 000 d’entre eux sont sans emploi (a cause du blocus israélien depuis la deuxième Intifada).
On en compte 28 000 à Khan Younes dont 3 000 femmes (dans la broderie).
En effet, le check point de Tufah ne laisse passer que les femmes et les Hommes de plus de 45 ans. Tout est bloqué dans la Bande de Gaza. Cette situation a des conséquences dramatiques sur l’économie, l’éducation, l’environnement social...

De fait, les travailleurs se trouvent privés d’emploi.
Une indemnité chômage tournante est en place. D’un montant de 100$/3 personnes, il arrive qu’elle ne soit versée qu’une fois par mois (le temps de faire le tour). Cette indemnité est ponctionnée sur le salaire des travailleurs en situation d’emploi. L’Arabie Saoudite envisage également de verser une aide en nourriture équivalente a 40$/mois.

Le secteur industriel est particulièrement touché car il est directement lié à l’industrie israélienne ; mais comme Israël exerce un blocus total sur l’importation et l’exportation, les autres secteurs sont également gelés.
L’Union générale des syndicats palestiniens compte 70 000 travailleurs sur huit secteurs d’activité. Elle organise des stages et formations afin des créer un lien direct avec les travailleurs. Elle a obtenu la sécurité sociale pour 30 000 travailleurs dans la Bande de Gaza et 30 000 travailleurs en Cisjordanie. Elle bénéficie du soutien de l’Union internationale des syndicats, en particulier de la Belgique, et le Danemark mais aussi l’Egypte et la Jordanie.

La situation est particulièrement difficile pour les palestiniens qui travaillent en Israël. Qu’ils soient "employés" ou journaliers, ils n’ont pas de contrat de travail... 17% de leur salaire est retenu pour des "charges sociales" dont 3% vont directement à l’armée israélienne.
Dans les faits, ils n’ont aucun droits.

Enfin les ateliers sont la cible régulière de l’armée. Pas plus tard qu’hier, un atelier a été détruit à Gaza, augmentant encore le nombre des travailleurs prives d’emploi...
Nous demandons de nouveau à entrer en contact avec le mouvement spontané des privés d’emploi.

Mercredi 7 août, à Khan Younes, sous la tente avec les grévistes

Ce mouvement de contestation est en opposition avec l’Union générale des syndicats palestiniens. Ils tiennent un piquet de grève sous tente en face du bureau du Gouvernement de Khan Younes.

Leurs revendications :
- le droit a l’éducation jusqu’à l’université
- la sécurité sociale pour tous
- la création d’emplois sur le territoire palestinien
- la création d’une caisse des travailleurs (2 milliards de $) correspondant aux 17% ponctionnés sur leurs salaires). Cette caisse verserait directement une somme à chaque famille sans passer par les autorités palestiniennes
- des élections pour reformer la tête de l’Union générale des syndicats qu’ils accusent de corruption tout autant que les autorités palestiniennes (ce sont les mêmes)

Dans trois semaines, c’est la rentrée scolaire et ils ne pourront en assumer le coût. S’ils ne reçoivent pas l’aide nécessaire à l’achat des livres et du matériel scolaires, ils n’enverront pas leurs enfants à l’école.
Un durcissement de la grève est prévu pour la semaine prochaine. Ils sont également décidés à se battre contre les services palestiniens qui se présenteront (faute de paiement) pour couper l’eau et l’électricité qui sont sous contrôle israélien.

Celia, pour la 27ème mission civile en Palestine


Source/auteur : Celia, pour la 27ème mission civile en Palestine
Mis en ligne le lundi 12 août 2002, par Ludo
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