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[don't hate the media... become the media]   07/10/08 - 16:54
[dépêches]


Pas de trève estivale pour la répression en Tunisie

Le 19 août 2002, Abdallah Zouari, journaliste de l’hebdomadaire "Al Fajr", organe aujourd’hui interdit du Parti En-Nahdha non reconnu, a été arrêté et déféré le vendredi 23 août devant le tribunal cantonal de Zarzis (sud tunisien).

Libéré il y a deux mois au terme de onze années de détention, Abdallah Zouari s’était vu signifier de façon arbitraire une mesure d’assignation à résidence et de contrôle administratif dans le sud tunisien alors que sa famille et lui même résident à Tunis. Le 23 août le Tribunal cantonal de Zarzis a condamné Abdallah Zouari à huit mois de prison ferme pour refus d’obtempérer à cette décision administrative qui s’inscrit, comme l’ont relevé notamment le Conseil National pour les Libertés en Tunisie et la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, "dans le cadre de la persécution politique des opposants" et particulièrement celles et ceux condamnés à de lourdes peines dans la répression contre le Parti En-Nahdha et soumis à leur sortie de prison à un harcèlement de tous les instants. Dans une lettre adressée par Reporters sans Frontières au Ministre Tunisien de l’Intérieur, le Secrétaire Général de RSF met l’accent sur le fait qu’"arrêter de façon totalement arbitraire un homme dont la vie a été détruite par plus de dix ans de prison est tout simplement inhumain".

La FIDH, Amnesty International, l’OMCT et le REMDH ont réagi vigoureusement à ce nouveau procès politique qui n’a bien entendu pas bénéficié des standards internationaux de déroulement d’un procès équitable.

Le CNLT a appris par ailleurs de source proche de la famille de Abdallah Zouari que le domicile de ce dernier a été visité par effraction et plusieurs objets ont été volé. "Il s’agit, selon toute vraisemblance, comme le relève le CNLT d’un de ces cambriolages politiques auxquels l’opposition est accoutumée.

Le CRLDHT dénonce avec la plus extrême fermeté les persécutions et la condamnation de Abdallah Zouari et il considère que la procédure du contrôle administratif a été transformée par l’Etat-RCD et par sa police politique en un dispositif de destruction sociale et humaine des opposants. Le CRLDHT qui exige la libération d’Abdallah Zouari met l’accent sur le fait que cette nouvelle affaire n’en rend que plus urgente la revendication de la promulgation d’une Loi d’Amnistie Générale pour toutes les victimes de la répression en Tunisie. Comme l’illustrent les informations et communiqués du CNLT, de la LTDH, du Conseil national de l’Ordre des Avocats, du Comité International de Soutien aux Prisonniers Politiques en Tunisie, du Comité National de Soutien à Hamma Hammami et du Comité pour la Libération d’Ettounsi (Zouhair Yahiaoui), l’arrestation et la condamnation d’Abdallah Zouari s’inscrivent dans le cadre d’une politique répressive qui n’a pas connu de trêve estivale : agressions contre les avocats, violations de leurs cabinets, persécutions des anciens détenus et de leurs familles, harcèlements à l’égard de Maître Radhia Nasraoui et de ses filles, interpellation inhumaine - heureusement sans suite, tout au moins pour le moment - de Madame Hamrouni et de ses deux enfants et atteintes quotidiennes aux libertés d’expression, d’association et de circulation dont les mesures policières prises à l’égard du professeur Salah Hamzaoui, Président du CNSHH. Paris, le 24 août 2002


Source/auteur : Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
Mis en ligne le mercredi 28 août 2002, par Albator
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