Depuis l’occupation de la basilique St Denis le 17 août 2002, le formidable succès et l’ampleur exceptionnelle du mouvement initié par la Coordination 93 des Sans-Papiers remettent à jour la réalité de la question " sans-papiers " que le gouvernement précédent avait feint de régler et que l’actuel gouvernement projette d’aggraver encore par la limitation accrue du droit d’asile.
Oui, il y a, partout en France, des Sans-Papiers. Par dizaines de milliers.
Des hommes, des femmes, qui vivent dans la clandestinité, la crainte quotidienne d’être arrêtés et expulsés, la précarité, l’exploitation, le non-droit. Et leurs enfants qui grandissent, très tôt avec un sentiment d’exclusion, de peur permanente, de défiance, qui n’est pas sans conséquences sur le plan de leur santé, de leur éducation et, d’une façon générale, sur leur construction. Voilà une véritable insécurité qui touche les plus précaires des précaires : les Sans-papiers.
Cette souffrance est injuste.
Elle interpelle les pouvoirs publics et tous les citoyens de ce pays.
A ces gens qui luttent ave courage et dignité, depuis des années, pour le respect de leurs droits les droits élémentaires de vivre, de travailler, d’élever leurs enfants...- à ceux qui sortent aujourd’hui de l’ombre et de la clandestinité et viennent de les rejoindre, il n’y pas d’autre réponse possible, évidente, urgente, que la régularisation globale.
La Fédération des syndicats SUD Éducation réaffirme sa solidarité à tous les Sans-Papiers dont elle accompagne la lutte depuis le début en 1996, appelle à l’unité la plus grande des soutiens pour constituer un cordon sanitaire autour d’eux, à participer massivement aux actions et rassemblements, notamment à la manifestation nationale du samedi 7 septembre à Paris, et à développer un mouvement national qui impose avec la force de l’union l’exigence de la régularisation.
Pour SUD Éducation
Pierre Cordelier
1er septembre 2002