Depuis le début de l’année 2002, nous occupons plusieurs appartements, sur une centaine qui étaient laissés vides, à Saint-Ouen l’Aumône (95), Avenue de Verdun, parc Lenôtre. Comme des milliers de mal-logés, nous avons choisi le squatt pour échapper à la rue ou aux hébergements d’urgence.
Cependant, lorsque l’habituelle procédure d’expulsion a commencé, nous avons eu la surprise de découvrir que le propriétaire de ces appartements en parfait état ( F3, F4, F5 ), n’était autre qu’Emmaüs HLM. Nous les avons alors contactés pour négocier la conclusion d’un bail, ou au minimum des délais avant une expulsion. Nous étions en droit d’espérer un minimum de compréhension de la part d’une organisation qui s’est créée pour venir en aide aux mal-logés. Avant le procès, la société Emmaüs a accepté des sommes qui correspondaient au montant du loyer, ce qui équivaut à un bail tacite. Mais par la suite, cette même société a demandé notre expulsion en référé, le 4 juin 2002 : nous sommes donc aujourd’hui dans une situation extrêmement précaire, et presque tous expulsables .Depuis deux mois, nous avons décidé de rendre la situation publique tout en continuant à exiger des rendez-vous avec les dirigeants d’Emmaüs .
Il y a quelques jours, des personnes qui se sont présentées comme des responsables d’Emmaüs, sans décliner leur identité exacte, sont passées dans plusieurs appartements .Elles s’y sont livrées à un véritable interrogatoire, exigeant de connaître l’appartement dans lequel se tenaient les réunions, l’"identité des toubabs qui viennent à Saint-ouen l’aumône et qui font tourner des communiqués sur Internet " . Très habiles à manier alternativement la carotte et le bâton, elles ont laissé entendre que les personnes qui quittent le collectif pourraient se voir proposer des relogements ailleurs dans le 95 .Ces mystérieux envoyés ont en effet expliqué que la conclusion d’un bail pour les appartements occupés était impossible, puisqu’il y avait eu squatt auparavant .
Nous ne sommes pas des enfants que l’on récompense ou punit selon qu’ils dénoncent ou non leurs petits camarades .Nos exigences sont collectives : un relogement dans les appartements occupés pour tous, avec ou sans -papiers et en aucun cas nous n’accepterons des tractations individuelles .Le mépris et les pressions mafieuses qui ont été pour l’instant l’option choisie par Emmaüs ne font que renforcer notre détermination
Nous exigeons d’Emmaüs HLM :
°l’arrêt immédiat de la procédure d’expulsion à notre encontre °la conclusion d’un bail pour les appartements occupés °l’attribution des logements vides
Nous vous invitons à demander des explications aux responsables d’Emmaüs : Emmaüs France, 01.46.07.51.51 ou 01.46.07.69.62 Emmaüs HLM SA, 01.44.89.12.00 Contact : Coordination de mal-logés en lutte, 06.24.11.01.34