Maurice Papon, condamné pour complicité de crime contre l’humanité, vient d’être libéré. Jugé très tardivement, ayant bénéficié d’un régime de faveur en prison, il a trouvé des oreilles complaisantes au plus haut niveau de l’État. La Justice a rapidement remis en liberté cet ex-collaborateur des nazis et ex-grand dignitaire gaulliste, dont les victimes se comptent par milliers. Quant à ses crimes coloniaux, commis en Algérie et à Paris, ils ne seront jamais jugés. La raison invoquée pour cette libération anticipée est son état de santé.
Les prisons françaises comptent bien d’autres détenus âgés ou gravement malades, dont la détention demeure un scandale quotidien. La justice, en l’occurrence, a été bien empressée.
Pendant ce temps, les militantes et militants d’Action Directe, condamnés pour deux assassinats, sont dans leur 15e année de détention. Ils ont subi des années d’isolement et continuent d’affronter l’acharnement judiciaire et pénitentiaire. Conséquence d’années de torture blanche, Georges Cipriani et Nathalie Ménigon sont aujourd’hui dans des états de santé incompatibles avec leur maintien en détention.
Georges Cipriani, toujours incarcéré, est maintenu en unité psychiatrique depuis plus d’un an. Ses proches ne peuvent toujours pas lui rendre visite. Ce qui aurait dû être une étape vers sa libération pour soins s’avère être une mortelle oubliette.
Nathalie Ménigon a été victime de trois accidents vasculaires-cérébraux depuis 1993. Aucune rééducation sérieuse n’a été entreprise. Le dernier bilan de santé de Nathalie est alarmant et nous fait craindre pour sa vie même.
Nous demandons la libération immédiate de Georges Cipriani et Nathalie Ménigon qui sont aujourd’hui dans des états de santé incompatibles avec leur maintien en détention.
Collectif " Ne Laissons Pas Faire ! "
Communique de presse NLPF 18/09/02