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[don't hate the media... become the media]   08/08/08 - 20:26
[dépêches]


Péril sécuritaire et délinquance d’Etat

Depuis les événements du 11 septembre, tous les Etats ont renforcé les mesures sécuritaires, et ceci, le plus souvent au mépris des normes constitutionnelles. Presque partout, les droits de l’homme ont reculé. Certains pays bafouent totalement les libertés, à commencer par le droit de s’exprimer.

Ainsi, aux Etats-Unis, un citoyen pourra être enfermé au seul motif qu’il ne se plie pas aux nouvelles mesures répressives et coercitives. Ces mesures ne sont pas sans rappeler le mccarthysme ou l’exécution de Sacco et Vanzetti. Dans les deux cas, les procès étaient purement et simplement politiques. Les Etats-Unis se parent des attributs démocratiques, alors même que les fondements de celle-ci sont violés comme ils ne l’ont jamais été. Le président « vole » les élections, et aidé de son ministre de la justice, spolie la population de ses libertés les plus élémentaires.

Aux Etats-Unis, il est désormais possible d’être jugé, grâce à l’instauration du « Patriotic Act » pour délits d’opinion. Être jugé pour ses convictions politiques est considéré comme démocratique aux Etats-Unis depuis l’avènement du gouvernement Bush.

Mais les Etats-Unis ne sont pas les seuls à avoir adopter des normes et des décrets liberticides. L’Europe s’est empressé de lui enjoindre le pas. Les dirigeants européens qui n’oeuvrent plus que pour défendre leurs propres intérêts marchent désormais mains dans la mains avec les partisans de la privatisation et de la dérégulation, et ce, au mépris des méfaits engendrés par ces politiques. Même les partis socialistes, prétendument de gauche ont renoncé à dénoncer les effets désastreux du néolibéralisme pour ne s’attaquer plus qu’à la petite criminalité, prônant le tout sécuritaire, déclarant ainsi une nouvelle guerre de classes à l’encontre des plus démunis et des plus paupérisés, victimes justement de la politique prônée par ces mêmes dirigeants.

Le résultat de ces politiques, on l’a vu en France, a pour effet de faire monter en flèche la droite populiste et xénophobe. Lorsqu’on tient un discours proche de celui de l’extrême droite, on obtient un électorat d’extrême droite !

Depuis lors, on assiste à une politique du tout répressif qui s’accompagne de bavures policières, de déni du droit de justice à nombres de citoyens, et ce le plus souvent sous couvert d’assertions on ne peut plus fallacieuses. Qu’il est facile aujourd’hui d’incriminer un citoyen victime d’abus policiers, en retournant les faits contre celui-ci. La police n’a qu’à nier les faits, mentir impunément, prétendre qu’ils (les policiers) se sont fait agresser, insulter, ou tout simplement arguer qu’on leur a résisté. Dès lors, le simple quidam, n’a plus aucun moyen de se défendre. Tout l’accuse, puisque même si les preuves n’existent pas, la parole d’un flic vaut plus que celle du simple individu.

La Suisse n’est pas en reste dans ce domaine. Depuis quelques temps, la presse regorge de ces faits divers dans lesquels, la police se retrouve impliquée. Ainsi, à Zurich, un bosniaque de 19 ans s’est fait tabasser à deux reprises, car la police croyait à tord que c’était un trafiquant de drogue. Un homme qui avait été pris pour un cambrioleur a lui perdu une jambe après que la police l’ait coincé avec leur voiture contre un mur. Mais ce n’est pas tout, le mari de la cheffe de la police criminelle, lui même instructeur de la police, en état d’ébriété avancée, a commis un accident de la circulation, emboutissant la voiture d’une mère de famille accompagnée de ses deux enfants. Non content de cet exploit, la police zurichoise a encore collé une amende de 100 francs à cette mère de famille pour n’avoir pas suffisamment tenu sa droite. La cheffe de la police a en outre essayé de couvrir l’ébriété de son mari, avant d’être désavouée, et d’être relevée de ses fonctions quelques mois après.

A Bienne, Jurg Scherrer, le chef de la police et également président du parti de la Liberté, parti qui se situe bien à droite de l’UDC de Blocher, a déclaré que « les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire de l’humanité ».

A Lausanne, une véritable guerre a été lancée par la police locale contre tout ce qui est différent. Plusieurs personnes fréquentant les lieux alternatifs se sont véritablement fait passer à tabac. Une plainte commune a même été déposée lorsque quatre ou cinq personne se sont fait tabasser la même semaine par ceux qui sont justement censés protéger les individus.

Quelques jours après, une autre histoire a fait la une de la presse, puisque des agents en congé et passablement éméchés, sortant d’un lieu public, ont provoqué des ressortissants africains tant et si bien, que ceux-ci, après avoir tenté d’ignorer et de fuir les provocations stupides de ces flics qui non seulement n’étaient pas en service, mais de surcroît étaient ivres, n’ont plus eu d’autres solutions que de faire face, ce qui a eu pour effet de déclencher une bagarre générale dans laquelle les flics ne sont pas sorti gagnants.

Bien que des témoins aient formellement déclaré que c’est les flics qui ont cherché la bagarre, ceux-ci ont été couverts par leur hiérarchie.

A Genève, les violations des flics vont bon train également. Suite à une intervention musclée de la police à l’encontre de manifestants pacifiques à Uni Mail, intervention qui s’est soldée par des blessures pour certains des manifestants, mille enseignants et étudiants ont porté plainte contre la « brutalité préventive » de la police auprès du rectorat.

Depuis lors, les articles incriminant la police n’ont cessé de fleurir dans la presse locale. Ainsi, un ouvrier de 56 ans, qui avait le tord de s’être mal garé le temps d’une livraison, s’est retrouvé menotté, au cachot, et en sus avec les ligaments d’une épaule déchirée. Lorsque celui-ci a porté plainte, les flics ont immédiatement riposté en portant plainte à leur tour pour diffamation.

Dans un autre article, on peut découvrir que la police a arrêté en vieille ville un individu en état d’ébriété. Un des flics lui a alors violemment cogné la tête contre un mur. Sur ce, des personnes se trouvant sur la terrasse du Bourg-de-four se sont levés pour dire aux flics de se calmer. La réaction ne s’est pas fait attendre. Les flics ont appelé du renfort, et deux personnes se sont fait arrêter, ont passé trente-six heures au poste, et seront certainement jugé avec toute la partialité que suppose généralement les procès qui confrontent de simples citoyens à la police.

De part les nombreux témoignages recueillis, ces événements ne seraient que la pointe de l’iceberg. Nous nous opposons rigoureusement à la dérive sécuritaire qui sévit depuis les attentats du 11 septembre, et à son corollaire que sont les mesures liberticides et les bavures policières érigées en normes. Nous estimons que ces mesures ne visent qu’à museler les opposants à la mondialisation, et que les Etats en font leur cheval de bataille, afin d’éviter de devoir répondre aux vrais problèmes soulevés par la libéralisation et la dérégulation


Source/auteur : L’étranger
Mis en ligne le lundi 23 septembre 2002, par PUNKDIVER
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