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[don't hate the media... become the media]   21/03/10 - 02:24
[dépêches]


Magasins précaires
capitalisme en bande organisée

Des magasins d’un genre nouveau ont vu le jour il y a quelques années. Le concept est une sorte de filiation "bad boy" des "cuir center". Selon nos sources, la paternité de la chose hybride serait attribué (sans test adn de garantie) à la même famille d’entrepreneurs ... On les appele les magasins précaires, et ça n’a rien à voir avec les restos du coeur.

Il s’agit donc d’installer dans des villes de province des magasins de vente de salons cuir sur une surface d’environ 300 m2 dans des locaux qui font au moins le double. Les modeles d’exposition sont répartis sur une petite moitié de l’espace commercial et le reste se dissimule derriere des paravents. Pourquoi donc ? Tout simplement parce que la loi est ainsi faite qu’au-dessus d’une certaine superficie, on entre dans la categorie des "grandes surfaces" et que pour s’installer il faut une autorisation préfectorale. Cette dernière n’est accordée que dans des conditions drastiques et après une longue étude.

Ensuite, on loue les services d’une société de telemarketing qui par un phoning ciblé sur un public tres populaire (retraités, hlm...) invitent de candides clients à venir retirer un cadeau de valeur au magasin. Les dits cadeaux sont effectivement alléchant pour la ménagère moyenne : couteaux laguioles, robots mixeurs etc. Il faut ce qu’il faut pour déplacer le chaland.

Enfin, la proie entrant dans la cage, une véritable bande organisé de commerciaux se charge de la déplumer. Ils s’établissent en une structure hierarchique pyramidale, et d’ailleurs les revenus de chacun sont calculés en conséquence, ce qui assurent une motivation sans faille puisque les possibilités d’évolution interne sont réelles. Le client va donc passé de mains en mains, des rabatteurs jusqu’au "terminator" et s’il le faut "monsieur le directeur" interviendra en personne.

La strategie est simple : les canapés sont affichés à des prix inférieurs à ce qu’on trouve ailleurs selon le principe de l’etiquette barrée -disons moins 25%-, un prix plancher de rentabilité est par ailleurs tenu secret. Toute l’astuce consiste à ferrer le poisson par une véritable comédie, chacun allant de son petit numéro d’acteur. "je vais voir ce que je peux faire", "il faut que vous voyez mon supérieur" et ainsi de suite. Et ça marche, avec comme ultime possibilité le bureau de la direction.

Il s’agit de tout vendre le plus rapidement possible et puis de s’éclipser, les camions vides et les paravents dans le coffre. Le pretexte pour filer à l’anglaise ? La non obtention de l’autorisation de l’extension de surface. La seule limite est de ne plus agir avant longtemps dans la même ville, mais nos provinces sont vastes et les rêves de cuir comme un symbole de "parvenu" sommeillent chez les plus humbles de nos voisins qui pendant quinze jours se disent qu’ils ont fait une sacrément bonne affaire. Juqu’au premier relevé de compte.

On ne nous épargnera rien, pauvres bipedes depecés que nous sommes.

ecibas


Source/auteur : Martin Lanbelc
Mis en ligne le lundi 23 septembre 2002, par jerome
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