Récits de l’agression par les personnes présentes
Récit 1
05 juillet 2002, nous fermons le local vers 5h00 et discutons tranquillement devant avec une dizaine de personnes.
Vers 5h30, 2 voitures de police se garent et 8 policiers visiblement énervés en descendent et viennent à nous en nous ordonnant de dégager.
Réclamant des explications, ils nous rétorquent que le rassemblement de plus de 5 personnes est interdit. Alors que je me trouve assis, un d’eux pointe une bombe lacrymogène à quelques centimètres de mon visage. Je me lève alors et invite mes camarades à finir la discussion au fond du parking.
Pour une raison que je ne connais pas, Benoît est déjà menotté dans le dos et plaqué au mur par 3 d’entre eux ; le ton est donc monté, nous demandons des explications et refusons de voir notre camarade embarqué seul.
Sans violence, nous nous interposons ; c’est alors qu’un des policiers me lance un coup de poing me touchant à l’oeil ; revenant vers lui, il me repousse d’un coup violent au niveau du cou ; ce qui me fait tomber.
Benoît est embarqué dans une des voitures, alors que nous réclamons toujours des explications.
Il en sort et des clefs tombent. Je les saisis et m’écarte. Je sens alors un (ou plusieurs ?) policier(s) me plaquer au sol, me passer les menottes dans le dos et me jeter violemment dans le véhicule.
Peu de temps après, Benoît est réintroduit dans l’auto qui démarre.
Sur le trajet, mon camarade se trouve mal, en avertit les policiers qui n’en ont rien à faire. Il vomit. Le conducteur fou de rage le bouscule en nous traitant de :
« PD, connards, va te faire enculer,... ».
Arrivés au commissariat, on nous fait attendre dans une salle, déjà reconnus comme ceux d’Anaram Au Patac.
Un des plus âgés, qui m’avait braqué à la lacrymo, me désigne pour nettoyer leur voiture, et à deux m’escortent dans la cour intérieure ou j’attends de 10 à 15 minutes. (un policier posté juste derrière moi, et l’autre je ne sais ou).
Sûrement excédé par ma « non-réaction », celui qui voulait que je fasse le ménage se poste devant moi, et les yeux dans les yeux : « T’as vraiment une gueule de con ! ».
Ils me font rejoindre mes camarades. Nous attendons encore et on nous embarque (Toujours menottés) dans une fourgonnette qui nous mène à l’hôpital.
Dans la salle de soins, un des jeunes me demande si je vais me tenir tranquille, je réponds bien sûr, il m’enlève les menottes.
Alors que l’examen est finit, on me fait attendre dans le véhicule avec J.D., les commentaires fusent :
« -Alors Pètetin,....
Les filles, elles étaient énervées,... surtout la bonne avec les gros seins ! »
Sur le trajet, nous montrant des agents de la D.D.E. :
« -Regardez eux, c’est pas des fainéants comme vous, parasites, communistes,... ! »
Nous arrivons rue O’quinn ou on nous place chacun dans une cellule.(je suis avec J.D).
Quelques heures plus tard, on vient nous chercher et je suis menotté à J.D.
A l’étage, les gradés me désignent : « Lui il a une fiche,... il a une fiche ! ! ! »
Je décline mon état civil au gradé qui m’interroge. Je ne sais si je devais répondre à toutes les questions qu’il me pose ( mon lieu de travail, la taille et le loyer de mon logement,...)
Puis je passe dans le bureau d’un autre qui m’interroge sur les faits. Je ne réponds plus à part pour dire « Je n’ai rien à déclarer », et refuse de signer la « déposition ».
On me fait alors relevé d’empreintes, photos (comme dans les films), on me mesure,... et je retourne en cellule.
Un civil vient nous palper.
On attend la fin de notre garde à vue, et à 18h00 (après 12h00 d’enfermement sans aucun repère temporel) après avoir signé des papiers, on nous libère.
Patrici CESCAU.
Récit 2
Vendredi 5 juillet au matin, je revenais à la Tor deu Borrèu que j’avais quitté peu de temps avant. La Police nationale était présente et prenait à partie des amis membres d’Anaram au Patac. Quand j’ai vu que des policiers malmenaient les filles je me suis mis au milieu et fus tout de suite menotté et emmené dans une voiture. Je n’ai donc pu donner de coup comme la police m’accuse ni me rendre vraiment compte de ce qui c’était passé avant de sortir de la garde à vue. Je tiens à rajouter que lorsque les policiers nous ont conduit à l’hôpital, le gardien de la paix Bilhou a continué de nous insulter : pédé, parasites, bons à rien... et nous a précisé son appartenance au Front Nationnal.
Jean-Daniel Audibert
Récit 3
Vendredi matin vers 5 heures nous étions une dizaine de personnes devant le fronton de la tour du bourreau,après une soirée tranquille entre copains ;une bagarre avait éclaté dans la rue à coté, autour du muret avec des personnes sortant de la boite juste en haut, le Durango mais je ne m’étais pas approchée ; j’étais en train de discuter avec un ami quand deux voitures de police sont arrivées ; les policiers se sont approchés et nous ont interpellés sans que l’on comprenne pourquoi, ils nous ont alors menacés notamment avec des bombes lacrymogènes pour nous obliger à nous lever alors que nous essayions simplement d’expliquer que nous ne faisons rien de mal ; le ton est monté, des coups ont été portés par la police et j’ai vu un de mes amis la figure en sang ; j’étais d’autant plus choquée que, travaillant actuellement au Soudan en tant qu’institutrice, j’ai pu observer plusieurs fois la répression des forces de l’ordre là-bas, et je m’attendais à des comportements plus démocratiques ici.
J’ai essayé de m’approcher pour apaiser certains policiers, et j’ai été repoussée violemment par l’un d’entre eux à plusieurs reprises ; celui-ci m’a insultée avec des propos sexistes, ainsi que mes deux copines : « Morue, salope...etc » et en partant, dans sa voiture : « Va te faire sauter... ». Entre temps, je me suis interposée pour éviter des violences contre un copain qui avait été menotté durement face contre sol, et j’ai essayé de discuter avec deux jeunes policiers qui m’écartaient en disant aux autres de faire attention, parce que je restais correcte dans mes propos et mon attitude. J’ai aussi aperçu ma copine Sylvie se faire attraper et traîner par les cheveux .
Un peu plus tard, trois de nos copains ayant été emmenés au poste dans les voitures, nous avons décidé de les suivre et d’aller au commissariat avec Claire, Sylvie et Richard, pour faire entendre qu’il était complètement anormal qu’une soirée sympa entre copains se termine ainsi ; là, nous avons été reçues par les mêmes policiers toujours aussi énervés, et après un ou deux échanges, Richard a été mis en garde à vue.
Le policier qui m’avait violentée et insultée s’est approché à nouveau et dans la discussion a estimé avoir reçu des postillons... il m’a alors craché sur la figure, et j’ai craché sur le sol pour marquer mon dégoût devant une telle attitude. Plus tard, durant la confrontation avec celui-ci, il expliquera avoir fait un contrôle médical par peur d’attraper des maladies genre hépatites, lui, bon père de famille, car il avait soit disant affaire à des populations marginales, (propos que je qualifie de racisme social, et qui démontrent bien les préjugés des forces de l’ordre lors de leurs interventions ) ; dés lors il a affirmé que je lui avais craché dessus, alors que c’est absolument faux.
Quand nous sommes revenus, avec Sylvie, Claire et Jean-Paul pour porter plainte vers 11 heures, on m’a annoncé qu’ on me mettait en garde à vue ; ne sachant pas comment la suite se déroulerait, et désirant repartir pour le Soudan fin Juillet, j’ai décidé de ne pas porter plainte dans l’immédiat afin de ne pas compliquer les choses, mais je maintiens que c’est moi l’agressée et la victime.
Je tiens à souligner que je n’avais que très peu bu et que je me suis sentie humiliée à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur du commissariat lors de la garde à vue (obligation de se déshabiller intégralement dans la cellule, railleries des policiers qui n’étaient même pas présents lors de l’épisode du crachat, refus de me donner une couverture dans la cellule alors que j’étais fatiguée et que j’avais froid...)
Je porte donc plainte pour avoir été agressée physiquement et verbalement par le gardien de la paix Bilhou .
Nathalie
Récit 4
Vendredi 5 juillet, à 5H30 du matin, deux voitures de patrouille de la police nationale, sont arrivées devant la Tour du Bourreau des policiers en sont descendus dans l’intention de nous disperser.
Nous étions justement avec quelques amis sur le point de nous quitter. Les policiers avaient une attitude anormale, ils ont commencé à insulter et à bousculer tous ceux qui étaient présents.
Les choses se sont envenimées quand trois agents se sont jetés sur un ami, avec des bombes lacrymogènes. Alors que je m’approchais dans l’intention de les séparer et d’essayer de calmer la situation, je me suis pris un coup très violent, porté avec une lampe torche sur l’oeil droit, j’étais sonné, je me suis retrouvé accroupi, je n’y voyais plus rien. Quand j’ai retrouvé mes esprits, la situation était désagréable, bousculades, insultes, agression de la part des policiers.
C’est pour cela que moi Jean-Paul Olmos domicilié au 57 bis de la rue d’Etigny je veux porter plainte pour coups et blessures ayant entraîné un jour d’ITT, le certificat médical joint à la plainte l’attestant.
Jean-Paul
Récit 5
Vendredi 5 juillet à 5H30, j’étais assise contre le fronton avec 7 amis. Nous discutions en petits groupes avant de nous séparer après une soirée festive à la Tour du bourreau.
C’est à ce moment que nous avons vu un groupe de 8 policiers se diriger vers nous. N’ayant rien à nous reprocher nous ne nous sommes pas inquiétés et attendions leurs questions. Mais ils se sont approchés en criant, nous leur avons demandé ce qu’il se passait, et leur avons dit que nous ne faisions rien de mal. Un des policiers a alors collé une grosse bombe lacrymogène contre la tempe d’un ami qui était assis à côté de moi.
Puis tout à été très vite, 3 agents ont attrapé violemment Benoît. Je me suis approchée, choquée par leurs méthodes, leur demandant pourquoi il l’arrêtait en leur rappelant qu’il n’avait rien fait. Les agents étaient dès le début très violents et très nerveux, et faute de réponse ils ont commencé à nous bousculer et à nous insulter. Nous les avons suivis jusqu’aux voitures, inquiets du sort de Benoît, étant donnée la virulence des policiers. Nous avons répété à plusieurs reprises : « Il n’a rien fait ! » « Si vous l’emmenez sans raison, emmenez-nous tous ! »
Je me suis alors retrouvée dans un tourbillon de coups et d’injures « Morue, salope... ». Les policiers m’ont bousculée, attrapée par les cheveux ... le certificat médical que j’ai fait établir atteste des coups que j’ai pris.
Ils ont ensuite arrêté Patrick et Jean-Daniel. Nous avons décidé de suivre les véhicules à pied jusqu’au commissariat.
Là-bas les insultes et intimidations ont continué. Nous étions 3 filles et un copain, la version « officielle » nous qualifie de désoeuvrés, nous l’étions en effet face à l’injustice de la situation, mais professionnellement il y avait là une animatrice, une institutrice, un moniteur-éducateur et une éducatrice.
J’ai interpellé un des agents qui semblait plus calme que les autres, en lui disant qu’il avait vu et participé à quelque chose de grave. Il m’a répondu d’attendre le changement d’équipe et de porter plainte. Je lui ai alors dit qu’il devait lui aussi dénoncer les violences de ses collègues, il est alors devenu très froid et m’a dit que de toutes façons ils se tiendraient les coudes.
Nous sommes alors rentrés pour prévenir d’autres adhérants, pour réfléchir à ce que nous pouvions faire face à ça. Nous sommes partis voir maître Blanco et faire établir des certificats médicaux. Nous sommes ensuite retournés au commissariat pour porter plainte.
Jean-Paul, avait pris un coup très violent sur l’oeil droit entraînant de l’ITT, Claire et moi avions été insultées et violentées, Nathalie s’était en plus fait cracher dessus. Nathalie tentait de s’expliquer avec un policier, le plus violent, et postillonnait en lui parlant, croyant qu’elle lui crachait dessus, il lui a alors craché au visage, Nathalie a été très choquée et a craché par terre.
. Les policiers ont refusé de prendre la plainte de Jean-Paul. Ils ont placé Nathalie en garde à vu. En effet le policier avait donné une version mensongère des faits, il a dit qu’il s’était fait cracher dessus, sans préciser que le cracheur c’était lui.
En réfléchissant au pourquoi de l’intervention des policiers nous nous sommes rendu compte qu’effectivement il y avait eu une demi-heure avant environ du tapage nocturne, à la sortie de la boîte de nuit le Durango. Une bagarre avait éclaté sur le parking du Hédas, mais les responsables étaient déjà partis et nous nous n’avions rien à voir dans cette histoire.
Sylvie Sanchez
Récit 6
Lors de la nuit du 4 au 5 juillet, après une soirée festive, les forces de l’ordre nous ont interpellés d’une façon très agressive et de manière peu républicaine alors que nous discutions tranquillement sur le fronton du Hédas. Pendant que j’expliquais à un agent que je ne faisais rien de mal en restant assis sur la murette du fronton, j’ai vu mes camarades se faire agresser sauvagement par les forces de l’ordre. Je suis resté à l’écart afin de relever les plaques d’immatriculations des véhicules de police pour pouvoir porter plainte.
Après que 3 de mes camarades furent emmenés à l’hôtel de police de PAU, avec trois amies nous sommes allés les voir au commissariat pour demander plus d’explication. Comme je leur reprochais leur comportement inadmissible, je me suis fait emmener au poste et mis en garde à vue , tout cela accompagné de propos insultant et diffamatoire (pédé, parasite, ...).
Richard Roussel
Récit 7
Le 5 juillet 2002 aux alentours de 5 h 00 du matin, alors que je sortais de la TOUR du BOURREAU (quartier du Hédas) ainsi qu’une dizaine de mes camarades, nous étions en train de discuter quand deux véhicules de police se sont arrêtés à quelques mètres de nous.
Les policiers sont descendus des véhicules et nous ont dit « dégagez et vite ». L’un d’entre eux tenait une bombe lacrymogène à la main qu’il orientait à quelques centimètres du visage de mon camarade Patrick Cescou.
Craignant pour sa sécurité, j’ai demandé au policier de bien vouloir ranger sa bombe, que la situation ne demandait pas de telles mesures. Le policier s’est alors tourné vers moi et m’a dit : « toi tu fermes ta gueule, si tu as quelque chose à dire, on va s’expliquer, tu vas voir ». Il dirigeait toujours sa bombe lacrymogène vers mon camarade. Je dis alors : « ce ne sont pas des méthodes républicaines ». Il a appelé ses collèges et leur a demandé de m’ « embarquer ». Mes camarades ne comprenaient pas pourquoi ils voulaient m’arrêter à moi et ont dit que s’ils en embarquaient un, ils devaient arrêter tout le monde. Un policier m’a mis les mains dans le dos, me les a remontées jusqu’aux épaules. J’ai alors crié « vous me faites mal »...il m’a poussé vers le véhicule pendant que ses collèges empêchaient avec force mes camarades de s’opposer à mon arrestation.
J’ai vu un policier frapper mon camarade Jean Paul avec sa lampe, une camarade se faire tirer les cheveux.
Alors que nous étions au véhicule, un policier m’a passé les menottes et m’a rentré dans le véhicule. Un autre policier s’est assis de l’autre coté et a crié « démarre » mais il n’y avait personne au volant. Il m’a alors donné deux coups de poing dans l’épaule, est redescendu et a dit : « je vais les calmer moi ces racailles », « serre-lui les menottes ». Son collègue assis à côté de moi s’est exécuté. A l’extérieur, les policiers procédaient à une dispersion musclée.
Un policier a jeté une personne à terre. Etant dans le véhicule, je n’ai pu l’identifier. Pris de panique j’ai quitté le véhicule pensant trouver de l’aide mais de suite le policier m’a rattrapé. Mon trousseau de clefs étant tombé de ma poche, je lui ai demandé si je pouvais les ramasser, il m’a répondu « tu avances, t’avais qu’à pas partir. Pourquoi tu as fais ça ? » Je lui ai répondu que le comportement de ses collègues me terrorisait et que cela n’était pas normal. Il a détourné le regard et n’a rien ajouté. Malgré le tutoiement qu’il a employé à mon égard et bien qu’il ait refusé que je ramasse mon trousseau de clefs, c’est le seul policier avec lequel je ne me suis pas senti en danger.
Alors que j’étais à nouveau dans le véhicule le conducteur a démarré, un autre policier s’est mis à côté de moi et m’a secoué en me disant « on va les calmer ces PD ».
Sous le choc émotionnel et physique, sensible au mal des transports, l’envie de vomir s’est fait ressentir.
J’ai demandé au policier s’il pouvait ouvrir la vitre, pas de réponse. Je me suis mis à vomir.
Le policier me tenait fortement la tête vers le bas en criant : « il me dégueule dessus ce salaud ».Le conducteur lui criait « fous-lui en une qu’il s’arrête, cet enculé ». J’ai senti des coups sur le dos, j’ai eu la respiration coupée. Ils m’ont sorti du véhicule. Nous étions au commissariat. Ils m’ont chargé dans un autre véhicule où se trouvaient trois de mes camarades. Nous sommes partis pour l’hôpital, sur le trajet, les remarques et les insultes dites par les policiers étaient nombreuses : « RMIstes parasites de la société... ça ne travaille pas et ça emmerde le monde, ceux qui bossent. Ce sont des vauriens, une bonne raclée, c’est tout ce qu’ils méritent ...cette bande de PD ». Nous avons tous gardé le silence ne répondant pas à leurs propos. Après un examen médical très bref, nous sommes repartis vers le commissariat. Quand nous y sommes arrivés, les policiers ont demandé de procéder à un contrôle d’alcoolémie. J’ai soufflé à deux reprises... ça ne marchait pas et le policier a déclaré « refuse de souffler ».
Ensuite, les policiers nous ont fait entrer dans des cellules respectives où nous avons attendu jusqu’à environ 9 h pour être entendus et replacés en cellule jusqu’à environ 17 h30, heure à laquelle nous sommes sortis.
Benoit ARRICAU- CASSIAU.
Récit 8
A 5 heure, le 5 juillet au matin, je me trouvais devant le fronton du Hédas avec 8 amis. On était assis et l’on discutait après avoir passé la soirée à la Tour du Bourreau à la fermeture de laquelle les autres adhérents sont partis. Vers cinq heures du matin, une bagarre a éclaté sur le parking entre des gens qui sortaient de la boite le « Durango ». Au bout d’un moment, les personnes impliquées dans cette bagarre se sont dispersées.
C’est donc vers 5 h 30 que sont arrivées deux voitures de police avec 8 policiers à l’intérieur. Ils sont arrivés vers nous munis de lampes et de bombes lacrymogènes. Ils nous ont demandé de partir de là où nous étions, après quoi nous leur avons demandé pourquoi, étant donné que nous étions seulement assis à discuter. Ne nous donnant pas d’autre réponse que le fait que des voisins les ont appelés parce que il y avait du bruit en bas du Hédas, et voyant que ces explications ne nous concernaient pas, ils ont commencé à se montrer de plus en plus menaçants.
Voyant cela, Benoit, un ami leur dit que leur attitude relève de celle des « cowboys » pour impressionner les gens. On aurait dit que les policiers n’attendaient que cela pour pouvoir en embarquer un. A 3 les policiers ont violemment attrapé Benoit cotre le mur de la tour, à la suite de quoi nous avons essayé de les séparer ; chacun a ensuite essayé d’expliquer aux policiers que nous n’étions pas d’accord avec l’arrestation de notre ami ainsi qu’avec leurs méthodes.
Les policiers sont alors devenus de plus en plus violents. Alors que Jean Paul etait en train d’essayer de séparer un policier et un autre ami en expliquant que ce n’est pas nous qui avions fait du bruit et qu’ils n’avaient pas à employer de telles violences et méthodes. C’est alors qu’ un policier a porté un coup très violent avec sa torche dans la figure de Jean Paul, à la suite de quoi il s’est mis de coté, s’est accroupi, incapable de faire quoi que se soit à cause de la douleur.
Les policiers ont saisi plusieurs personnes et les ont mis dans les voitures, et ont violenté tout le monde. Je me suis moi même faite insulter, traiter de tous les noms par un policier sexiste et violent, il a à plusieurs reprises employé les termes : morue, salope, putain, connasse, va te faire foutre, etc ... il m’a aussi violemment poussée, bousculée, sans craindre une seconde de me blesser, alors que j’étais en train de leur dire d’arréter de nous violenter, de se retourner et de regarder les méthodes qu’ils emploient, d’arreter de commettre des injustices.
Ils ont fini par embarquer 3 de nos compagnons : Jean Daniel, Patrice, et Benoit. Nous sommes ensuite allés devant le commissariat pour avoir d’autres explications et porter plainte contre les policiers violents. Il était alors environ 6 h du matin. Un policier s’est énervé devant le commissariat et a decidé de mettre aussi en garde à vue Richard. Nathalie était en train de parler avec un policier, s’est un peu énervée et a postillonné (j’étais juste à coté d’elle) , le policier a alors cru qu’elle lui avait craché dessus car il a dit « ha ! elle m’a craché dessus », et il lui a craché au visage ; Choquée, Nathalie a eu un mouvement de recul et a craché au sol.
A 8h du matin, nous sommes donc allés porter plainte Jean Paul, blessé avec un certificat médical, Sylvie aussi avec un certificat médical, Nathalie et moi. Lorsque j’ai eu fini de porter plainte, les policiers avaient gardé Nathalie, le policier cracheur portant plainte contre elle pour lui avoir craché dessus. Je tiens à préciser que je n’ai bu que trois petits verres de vin blanc en début de soirée : à partir de 23h de la veille.
Claire Saporta
Anaram Au Patac appelle toutes et tous à soutenir les 5 inculpé-es le
mardi 1 er octobre à 14 heures au Tribunal de Pau
Contact : Anaram au Patac, 2, còsta de la Hont. 64000 PAU
Plus d’infos : Tolérance zéro pour les violences policières