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[don't hate the media... become the media]   16/05/08 - 19:08
[dépêches]
FRANCE PRISONS - RÉPRESSION

Tolérance zéro contre les violences policières

Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 juillet 2002, des militant-es et des sympathisant-es d’Anaram au Patac (mouvement révolutionnaire de la gauche occitane) ont été agressés par des policiers. Insultes fascistes, homophobes et sexistes ont accompagné les coups. Un militant a été violemment frappé au visage, le choc éclatant la pommette et touchant l’oeil. Une jeune femme s’est fait cracher au visage par un policier, une autre a été traînée par les cheveux. Tous ont été traités de « parasites de la société », de « sales chômeurs » alors qu’ils travaillent ! Du racisme social qui montre bien la considération de ces agents pour ceux qui vivent la précarité

-  4 personnes ont été arrêtées, plus une cinquième qui l’a été alors qu’elle venait porter plainte. La garde à vue, de 12 heures, a été émaillée d’insultes et d’humiliations.
-  3 personnes ont fait attester par certificat médical les coups reçus. 4 plaintes ont été déposées pour coups et blessures, insultes et crachats.
-  Comble de l’injustice de cette situation, les 5 jeunes sont convoqués au Tribunal de Pau le 1er octobre prochain.

Le motif de ce déchaînement de violences policières ? La dizaine de jeunes (et non pas une trentaine comme le prétend la presse) étaient assise et discutaient CALMEMENT près du fronton du Hédas après à la fermeture du local d’Anaram au Patac. Deux voitures de police sont descendues au quartier suite à une bagarre qui a eu lieu non loin de là. Les militants et sympathisants n’étaient en RIEN concernés par cet affrontement. La police est arrivée APRES la bagarre sur les lieux. Les agents ont alors violemment pris à partie les personnes présentes. Aucune discussion calme n’a été possible, les policiers ayant CHOISI la méthode violente et les insultes.

Comme le dit la presse une altercation a bien eu lieu, mais ce sont les agents qui ont été les agresseurs.

Cette agression se situe dans un contexte de multiples contrôles et provocations policières depuis les dernières élections présidentielles. Elles touchent la Tor deu Borreu, local où se réunissent les militant-es et sympathisant-es d’Anaram Au Patac à Pau. Depuis les déclarations ultra - sécuritaires du Premier Ministre et du Ministre de l’Intérieur, la police se croit en droit d’agir en toute impunité en Occitanie et dans l’Etat Français en général. De José Bové au syndicaliste de la CGT de Cherbourg en passant par le matraquage et les incarcérations des militant-es du camps de No Border ou encore les provocations policières et les « bavures » à répétition dans les quartiers dits sensibles ; la répression du mouvement social et des couches populaires se généralise.Rappelons que le 8 juillet dernier la Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat des Avocats et le Syndicat de la Magistrature publiaient un rapport dénonçant les contrôles d’identité abusifs, les interpellations musclées, les insultes racistes ou encore les placements en garde à vue non motivés dont se rendent coupables les policiers. Selon le rapport « il est impressionnant de constater à quel point l’action sur le terrain des forces de l’ordre entraîne une aggravation des tensions alors que ce devrait être l’inverse ».

Solidarité ne doit plus être qu’un mot, mais des actes. Nous comptons sur vous, vous pouvez compter sur nous.

SOLIDARITAT ! !
A nous tous de réagir.

Anaram Au Patac refuse d’accepter les coups, les insultes et les humiliations et appelle toutes et tous à soutenir les 5 inculpé-es lors des différentes mobilisations :

  • Samedi 28 septembre : manifestation à 15 heures. Rendez-vous devant la préfecture de Pau
  • Lundi 30 septembre : Soirée publique sur les politiques sécuritaires et les violences policières avec Maurice Rasjfus. A partir de 20 h 30, salle 707 du complexe de la république à Pau.
  • Mardi 1er Octobre : rendez-vous à 13 heures devant la Tor Deu Borreu (2 côte de la fontaine, quartier du Hédas) pour accompagner les inculpés au Tribunal à 14 heures. Mobilisation toute l’après midi devant le tribunal.
  • Un appel à la solidarité financière est également lancé. Les frais engagés sont très lourds pour nous (avocat, tracts, affiches, travail d’information, très probables amendes...). Merci d’adresser vos chèques à Anaram Au Patac - 2 còsta de la hont - Hédas - 64 000 PAU - Occitania. Chèque à l’ordre de SOLIDARITAT.

Témoignages de l’agressions par une partie des victimes

« Vers 5h30, 2 voitures de police se garent et 8 policiers visiblement énervés en descendent et viennent à nous en nous ordonnant de dégager.

Réclamant des explications, ils nous rétorquent que le rassemblement de plus de 5 personnes est interdit. Alors que je me trouve assis, un d’eux pointe une bombe lacrymogène à quelques centimètres de mon visage. Je me lève alors et invite mes camarades à finir la discussion au fond du parking.

Pour une raison que je ne connais pas, Benoît est déjà menotté dans le dos et plaqué au mur par 3 d’entre eux ; le ton est donc monté, nous demandons des explications et refusons de voir notre camarade embarqué seul.

Sans violence, nous nous interposons ; c’est alors qu’un des policiers me lance un coup de poing me touchant à l’oeil ; revenant vers lui, il me repousse d’un coup violent au niveau du cou ; ce qui me fait tomber.

Benoît est embarqué dans une des voitures, alors que nous réclamons toujours des explications. Il en sort et des clefs tombent. Je les saisis et m’écarte. Je sens alors un (ou plusieurs ?) policier(s) me plaquer au sol, me passer les menottes dans le dos et me jeter violemment dans le véhicule. Peu de temps après, Benoît est réintroduit dans l’auto qui démarre.

Sur le trajet, mon camarade se trouve mal, en avertit les policiers qui n’en ont rien à faire. Il vomit. Le conducteur fou de rage le bouscule en nous traitant de :

« PD, connards, va te faire enculer,... ».

Arrivés au commissariat, on nous fait attendre dans une salle, déjà reconnus comme ceux d’Anaram Au Patac.

Un des plus âgés, qui m’avait braqué à la lacrymo, me désigne pour nettoyer leur voiture, et à deux m’escortent dans la cour intérieure ou j’attends de 10 à 15 minutes. (un policier posté juste derrière moi, et l’autre je ne sais ou).

Sûrement excédé par ma « non-réaction », celui qui voulait que je fasse le ménage se poste devant moi, et les yeux dans les yeux : « T’as vraiment une gueule de con ! ».

Ils me font rejoindre mes camarades. Nous attendons encore et on nous embarque (Toujours menottés) dans une fourgonnette qui nous mène à l’hôpital. » - Patrici

« Ils nous ont demandé de partir de là où nous étions, après quoi nous leur avons demandé pourquoi, étant donné que nous étions seulement assis à discuter. Ne nous donnant pas d’autre réponse que le fait que des voisins les ont appelés parce que il y avait du bruit en bas du Hédas, et voyant que ces explications ne nous concernaient pas, ils ont commencé à se montrer de plus en plus menaçants. Voyant cela, Benoit, un ami leur dit que leur attitude relève de celle des « cow-boys » pour impressionner les gens. On aurait dit que les policiers n’attendaient que cela pour pouvoir en embarquer un ». - Claire

« (...) des coups ont été portés par la police et j’ai vu un de mes amis la figure en sang ; j’étais d’autant plus choquée que, travaillant actuellement au Soudan en tant qu’institutrice, j’ai pu observer plusieurs fois la répression des forces de l’ordre là-bas, et je m’attendais à des comportements plus démocratiques ici ». - Nathalie

« J’ai interpellé un des agents qui semblait plus calme que les autres, en lui disant qu’il avait vu et participé à quelque chose de grave. Il m’a répondu d’attendre le changement d’équipe et de porter plainte. Je lui ai alors dit qu’il devait lui aussi dénoncer les violences de ses collègues, il est alors devenu très froid et m’a dit que de toutes façons ils se tiendraient les coudes ». - Sylvie

« Les policiers sont descendus des véhicules et nous ont dit « dégagez et vite ». L’un d’entre eux tenait une bombe lacrymogène à la main qu’il orientait à quelques centimètres du visage de mon camarade Patrici. (...) un policier m’a passé les menottes et m’a rentré dans le véhicule. Un autre policier s’est assis de l’autre coté et a crié « démarre » mais il n’y avait personne au volant. Il m’a alors donné deux coups de poing dans l’épaule, est redescendu et a dit : « je vais les calmer moi ces racailles », « serre-lui les menottes ». Son collègue assis à côté de moi s’est exécuté.

Après un examen médical très bref (à l’hôpital NDLR), nous sommes repartis vers le commissariat. Quand nous y sommes arrivés, les policiers ont demandé de procéder à un contrôle d’alcoolémie. J’ai soufflé à deux reprises... ça ne marchait pas et le policier a déclaré « refuse de souffler ». - Benoit

Voir aussi les témoignages détaillés publié dans la section « Vigilance ».


Source/auteur : Anaram au Patac
Mis en ligne le mercredi 25 septembre 2002, par Rosta
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