- hacktivst news service -
[don't hate the media... become the media]   10/05/08 - 02:15
[dépêches]
FRANCE SALARIÉ(E)S

Appel pour une semaine d’action en solidarité avec les salariées d’Arcade

Nous faisons appel à tous les groupes et réseaux militants politiques, syndicaux, associatifs pour qu’ils manifestent conjointement leur solidarité avec les salariées d’Arcade en grève depuis 7 mois.

Les grévistes sont un groupe d’une trentaine de femmes africaines, qui travaillent dans divers hôtels du groupe ACCOR (Ibis, Novotel, Sofitel, Mercure, Frantour, Formule 1, etc.) de la région parisienne, pour le compte du sous-traitant Arcade.
Elles protestent contre les conditions de travail très pénibles qui leur sont imposées et notamment contre les cadences de travail arbitrairement fixées qui se traduisent par un grand nombre d’heures supplémentaires non payées, et souvent par de sérieux problèmes de santé.
Elles réclament en outre l’annulation des licenciements et des sanctions pour fait de grève qui touchent plusieurs d’entre elles.

Si les grévistes d’Arcade ont pu résister pendant sept mois, c’est parce que s’est organisé autour d’elles un soutien large, dans le cadre de SUD d’abord (le syndicat auquel elles appartiennent), puis, plus tard, d’un collectif de solidarité dépassant les frontières syndicales. Des actions dans les hôtels Accor ont été menées tout l’été sur Paris.
Des négociations sont en cours, qui ne débouchent pas. Il semble qu’un débat ait actuellement lieu au sein d’Arcade entre ceux qui veulent clore le conflit et ceux qui considèrent qu’il ne faut rien lâcher.
C’est pourquoi nous pensons qu’il devient nécessaire de renforcer la pression sur Accor en élargissant à la France entière les actions de solidarité.
C’est dans cette perspective que nous vous appelons à prendre part à une initiative nationale d’action contre le groupe ACCOR pendant la semaine du 20 au 27 octobre.

Vous le savez, les raisons de dénoncer le groupe ACCOR sont multiples :
-  une aile de l’hôtel Ibis de Roissy-Charles-de-Gaulle a été louée de nombreuses années par l’Etat français comme centre de rétention pour incarcérer des sans-papiers, dans des conditions qui ont été dénoncées par un rapport de députés ;
-  il a participé au chantier de construction de la ZAPI (nouveau centre de rétention de Roissy) ;
-  une de ses filiales, Carson-Wagons-lits, s’occupe de la réservation des billets de train pour les sans-papiers en voie d’expulsion et pour leur escorte policière ;
-  il organise dans ses hôtels les congrès du FN et du MNR.

Mais ces pratiques scandaleuses ne doivent pas nous cacher la réalité quotidienne des rapports de travail : en effet, derrière la façade d’entreprise "propre" qu’il essaie de promouvoir, le groupe ACCOR impose tous les jours, par l’intermédiaire de la sous-traitance, des conditions de travail très dures à des travailleurs immigrés dont il exploite le besoin de travailler à tout prix. Façon de transporter le tiers-monde ici, quand on ne peut pas délocaliser son activité dans le tiers-monde.

Si les femmes de ménage d’Arcade qui ont eu le courage de résister si longtemps obtiennent satisfaction, ce seront non seulement les 800 salariés d’Arcade travaillant dans les hôtels ACCOR qui bénéficieront des avancées obtenues, mais aussi tout le secteur du nettoyage qui s’en ressentira positivement. Un point important sera en outre marqué contre la pratique de la sous-traitance, qui permet partout aux entreprises donneuses d’ordre d’imposer des baisses de salaire et une dégradation des conditions de travail tout en se dégageant de toute responsabilité juridique et en divisant le collectif des travailleurs en de multiples entités.
A travers cette lutte, ce qui se joue, c’est donc aussi la bataille contre la régression sociale permise par cette arme moderne à laquelle le patronat a de plus en plus souvent et de plus en plus largement recours pour casser les résistances des salariés.

Que faire pendant ces journées d’action ?
Distribuer des tracts devant ou à l’intérieur des hôtels, déployer des banderoles, informer les clients et passants sur les raisons de la grève, appeler au boycott d’ACCOR, désorganiser le service de réservation des hôtels (détails techniques à suivre), faire signer des cartes ou des pétitions de soutien aux grévistes ? toutes les formes d’action qui peuvent permettre de populariser la grève en dénonçant les pratiques du groupe sont utiles.
A vous de voir quelles sont les possibilités concrètes en fonction du lieu où vous êtes et de vos propres forces. Le collectif de solidarité parisien organisera lui-même une ou plusieurs actions en région parisienne.

Nous tenons à votre disposition des informations complémentaires, des tracts en plusieurs langues, un dossier de presse, des cartes postales de protestation, une pétition à réclamer aux adresses e-mail ou postale suivantes :
par mail
par courrier postal : ADC, 35-37 av. de la Résistance, 93100 Montreuil.

Informez-nous des initiatives que vous comptez prendre, puis du résultat, nous tenterons à partir de ce que vous nous transmettrez d’en dresser un bilan.

Nous comptons sur votre solidarité.

Le collectif de solidarité avec les grévistes d’Arcade (avec les syndicats SUD Propreté et Services, CNT Nettoyage [à confirmer] et le collectif de sections syndicales du nettoyage CGT)


Tract

Pour en finir avec l’esclavage !
Solidarité avec les salariées grévistes d’Arcade

Arcade est une société pratiquement inconnue. Pourtant, elle intervient en tant que sous-traitant dans la majorité des hôtels français du groupe ACCOR (Atria, Coralia, Etap, Formule 1, Frantour, Ibis, Libertel, Mercure, Motel 6, Novotel, Parthenon, Sofitel, Thalassa.). Ce sont en effet ses salariés qui assurent le nettoyage des chambres. Il s’agit surtout de femmes venues du tiers monde, sachant souvent à peine lire ou écrire, parfois sans papiers, et donc particulièrement faibles face aux exploiteurs qui les embauchent.

Officiellement ces femmes sont payées 7,16 euros brut l’heure, soit à peine plus que le Smic. Dans les faits, en leur imposant un système de quotas, on les soumet au travail aux pièces. On leur attribue un nombre déterminé de chambres à nettoyer, sur la base de 17 minutes de travail par chambre, mais si elles dépassent ce temps - chose d’autant plus inévitable que les contrôles sont incessants - le temps de travail supplémentaire n’est pas payé. Quand il n’y a pas de travail, elles sont déclarées en heures d’ absence. Les contrats sont des temps partiels imposés, mais dans la pratique elles travaillent plus de 35 heures.

Arcade pensait avoir embauché un personnel taillable et corvéable à merci, car dans l’incapacité de se défendre (pas toujours en règle question papiers, connaissant mal le droit, parlant peu le français) et ne se privait pas de les pressurer comme des citrons, avant de s’en débarrasser dès que la fatigue accumulée et les maladies de la colonne vertébrale les avaient usées. Cela évidemment avec la complicité active du groupe ACCOR, qui réduit ses coûts en imposant des conditions drastiques aux sous-traitants.

Mais depuis le 7 mars une partie d’entre elles se sont mises en grève et ont mené un certain nombre d’actions contre les directions d’Arcade et d’ACCOR pour revendiquer des conditions de travail normales et des salaires décents. Leurs revendications sont les suivantes :

-  Une prime de fin d’année de 305 euros pour tous
-  L’arrêt des menaces et des pressions sur le personnel et le respect des horaires prévus dans les contrats
-  Des contrats à temps complet pour tous les salariés (151 heures)
-  L’annulation des sanctions contre le personnel et notamment des 8 licenciements
-  Une réduction des cadences de travail à 2,5 chambres pour les 3 étoiles et 3 pour les 2 étoiles.

Aidez-les à gagner contre ces négriers modernes. Ne dormez pas dans un hôtel du groupe ACCOR. Faites connaître autour de vous, dans votre pays, ce qui se passe aujourd’hui au cour de la riche Europe. Protestez auprès de l’accueil et de la direction de votre hôtel ; écrivez-leur en exprimant votre opposition à ces formes d’exploitation et votre solidarité envers la lutte des salariées d’Arcade.

Collectif de solidarité avec les salariés d’Arcade en grève

Contact : 01.42.43.35.75
par mail
Chèques à l’ordre de : Sud Propreté et services, à envoyer à Sud Rail, 17 Bld de la Libération, 93200 Saint Denis, en indiquant au dos du chèque : "grève Arcade".
Des nouvelles de la grève sur le site


Source/auteur : Collectif de solidarité avec les salariés d’Arcade en grève
Mis en ligne le mercredi 9 octobre 2002, par Ludo
La communication alternative c'est pas de la tarte ! Voulez-vous donc y participer ?
[samizdat]  Ce site utilise PHP et mySQL et est réalisé avec SPIP logiciel libre sous license GNU/GPL