Comme d’habitude dans les décisions européennes cela commence par des
rumeurs, des petites phrases et surtout beaucoup de non dits.
Instauré, sous la pression des consommateurs, par le Conseil européen des
ministres de l’Environnement en 1998 alors composé, en autres, de cinq
ministres verts (ça aide, quoi qu’en disent les grincheux...), le moratoire
européen "de fait" sur la mise en culture d’OGM a tenu le choc jusqu’à
maintenant grâce à la vigilance et la mobilisation des associations, de la
Confédération paysanne, de quelques élus, et à la méfiance des consommateurs.
Pourtant à l’aube du Conseil des ministres de l’Environnement, le 17 octobre
prochain, certaines rumeurs de levée commencent à percer ça et là. Ainsi le
Commissaire David Byrne, en charge de la Santé, a déclaré, le 10 septembre
dernier, lors du conseil informel des ministres de l’agriculture de l’UE au
Danemark : "Il est temps de bouger. Nous ne pouvons pas maintenir
éternellement ce moratoire. Je suis guidé par l’information scientifique.
Celle-ci nous dit que la nourriture OGM est aussi sûre que celle non OGM".
Ces déclarations ne surgissent pas du néant, il s’agit probablement d’une
stratégie de la Commission européenne visant à casser le moratoire, sous la
pression du lobbye des semenciers, en s’appuyant, notamment, sur la menace du
désormais sacro-saint panel de L’OMC.
La position des parlementaires écologistes est simple - elle a le mérite de
ne pas avoir variée depuis le début, saluons cet effort de cohérence - pas
de nouvelles autorisations de commercialisation tant que l’Union européenne
(UE) et les Etats membres n’ont pas achevé la législation dans les domaines
de la traçabilité, de l’étiquetage et des règles d’exportation vers un pays
hors UE. Après tout ce travail, il faudra encore mettre en place des règles
de contrôles sur les normes, tant pour les produits destinés aux humains que
pour ceux servant à l’alimentation des animaux. Bref y a encore pas mal de
boulot pour satisfaire les 71% de citoyens européens qui se sont déclarés
hostiles à la présence d’OGM dans leur alimentation !
Sans compter le reste du
monde qui n’a aucune raison de supporter ce type de cultures polluantes,
chères et dont personne ne maîtrise les conséquences sur le long terme.
En attendant toutes ces réglementations, il est plus que jamais nécessaire de
continuer la mobilisation en participant, par exemple, à la manifestation du
15 octobre à 18 heures, à l’appel d’organisations syndicales, de défense de
l’Environnement et des consommateurs, devant le ministère de Madame
Bachelot , 20 avenue de Ségur, 75007 Paris, métro Ségur.
Plus d’infos sur les OGM et la manif sur le site de Greenpeace
Frédérique, Bruxelles, pour Samizdat.net