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[don't hate the media... become the media]   08/08/08 - 21:05
[dépêches]


Contre l’offensive sécuritaires, la révolution reste à faire
Manifestive - mercredi 26 octobre 2002 - Paris

Le gouvernement démontre un peu plus chaque jour que tous les moyens sont bons pour anéantir les initiatives de contestation de l’ordre qu’il défend, que tous les moyens sont bons pour gagner la nouvelle guerre contre les indésirables de la société marchande. Les pratiques d’exception tendent à devenir la règle.

- Renforcement des mesures punitives et liberticides, renforcement de l’état de siège policier dans les quartiers populaires et construction de nouvelles prisons, dans la continuité du gouvernement Jospin. Le projet de loi concocté par Sarkozy s’attaque aux nouvelles " classes dangereuses " : étrangers, mendiants, prostituées, jeunes prolétaires, squatters, fraudeurs et nomades, que le seul fait d’exister expose à de la prison ferme.

- Augmentation des pouvoirs et des moyens de la police : extension du contenu des fichiers de police, recours à la surveillance électronique, élargissement des fichiers d’empreintes génétiques, facilitation des perquisitions ou encore accroissement des pouvoirs de la police municipale. Retour vers des formes judiciaires abandonnées par le passé, discréditées par leur inefficacité et leur violence - comme les centres fermés pour mineurs prévus par la loi Perben, simple réminiscence des maisons de correction de sinistre mémoire.

- Répression accrue des mouvements sociaux, allant des leaders syndicaux (Bové n’est qu’un cas parmi d’autres) aux groupes les plus radicaux (multiples procès contre les participants au camping du réseau No Border organisé cet été à Strasbourg, débouchant sur de la prison ferme). Tous les militants sont concernés, en France, et en Europe : Yves Peirat, militant antifasciste condamné pour des sabotages contre des locaux du FN à Marseille entre 1995 et 1998, a été placé en isolement et risque de voir sa libération conditionnelle remise en question suite à la diffusion d’un tract ; en août dernier, Paolo Persichetti, réfugié en France comme des dizaines d’autres militants italiens poursuivis par la justice de son pays, a été enlevé par la police française et extradé au nom de la lutte contre le " terrorisme ".La répression s’abat également sur les pôles alternatifs de contre-culture (répression des frees parties clandestines et saisie des sons ; interventions musclées des BAC dans les concerts comme à Saint Etienne en septembre dernier, avec des mois de prison ferme à la clé).

- Un gouvernement qui affirme de plus en plus sa portée régressive. En témoigne la faveur accordée à des associations réactionnaires au détriment de celles considérées comme " progressistes " : la Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception et l’Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens ont été expulsées du Conseil Supérieur de l’Information Sexuelle, remplacées par deux associations - la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques et la Fédération Nationale des Familles de France - connues pour leur opposition à l’avortement et au Pacs.

De Gauche comme de Droite, des politiques sécuritaires au service du capitalisme

Tout ceci était prévisible, et fut prédit par certains méchants abstentionnistes lors de l’entre deux tours de la dernière élection présidentielle : le programme de Chirac s’appuyait sur l’idéologie Lepeniste. Cette situation, masquée par l’hystérie médiatique de l’époque, est aujourd’hui mise au grand jour. Les " chiraquiens de gôche " et citoyens responsables du 1er mai dernier peuvent bien se mordre les doigts et pousser des cris d’épouvante. L’heure n’est plus aux jérémiades, pas plus qu’à de nouvelles illusions placées dans la gauche institutionnelle ou la gauche citoyenne, désireuses l’une comme l’autre de mater " sauvageons " et autres " casseurs " que la gestion du capitalisme ne fait pas fantasmer. N’a-t-on pas entendu le socialo Julien Dray (par ailleurs membre d’Attac) affirmer que les projets sécuritaires du gouvernement Raffarin lui paraissaient tout à fait valables, et le groupe PS à l’Assemblée voter les augmentations de crédit prévues pour la police et le système judiciaire ?

Après avoir affirmé dans les années 80 avec Fabius que Le Pen posait les bonnes questions, le PS - et la gauche poubelle derrière lui - semble avoir acquis la conviction que les réponses proposées sont aussi les bonnes. Comme sa sœur droitière, la gauche est un sujet actif et consentant de la lepénisation des esprits qui gangrène ce pays depuis plus de 20 ans.

Mais l’essentiel est que les forces réactionnaires qui nous gouvernent se placent délibérément au service d’un système capitaliste qui prétend régir nos vies chaque jour un peu plus, sans tolérer ni contestation ni alternative. La continuité flagrante des politiques sécuritaires et autoritaires est là pour le démontrer. La logique du capitalisme, avec le renforcement de l’exploitation économique, la précarisation des conditions d’existence, le parcage systématique des populations pauvres dans des ghettos, la dictature du travail et le règne de la marchandise, nécessite pour sa reproduction une généralisation parallèle du contrôle social. Les chiens de garde étatiques de l’ordre marchand s’en chargent, et gare à ceux qui s’entêteront à vouloir sortir du rang.

Puisque les victoires de l’ordre sécuritaire capitaliste se taillent dans nos défaites,l’heure est aux faits et aux actes !

Puisque c’est grâce à la soumission et à la résignation de chacun que cette société de contrôle nous écrasera tous, l’heure est à la mobilisation et à la résistance collectives !

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Source/auteur : Scalp Reflex Paris
Mis en ligne le samedi 26 octobre 2002, par yann.lupec
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