Le Burkina Faso a 165 000 enfants travailleurs âgés entre six et 17 ans
dont la moitié vit à l’étranger, notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana et
au Bénin, révèle une étude sur la migration des enfants qui travaillent.
Les jeunes travailleurs migrants sont des garçons pour la plupart, selon
l’étude réalisée par l’organisation non gouvernementale Terre des Hommes
et par la Banque mondiale. Elle a été effectuée en avril et ses
conclusions ont été révisées en juillet. « L’étude est axée sur les
enfants ruraux qui ont quitté leur foyer pour trouver du travail dans
des zones urbaines ou à l’étranger », a indiqué Terre des Hommes jeudi.
Au moins 60 000 des enfants travailleurs migrant sont employés en Côte
d’Ivoire. Il y aurait parmi eux 30 000 filles dont beaucoup étaient
parties en quête d’une « émancipation », ont constaté les chercheurs.
D’après l’étude, la pauvreté est bien loin de constituer le facteur
déterminant de la migration, comme anticipé. « Les foyers mieux nantis
ont envoyé le plus d’enfants possible pour travailler ailleurs.
L’exception était un taux légèrement inférieur pour les filles envoyées
travailler dans des zones urbaines », a-t-elle noté. « L’épargne
ménagère ne fait que réduire la probabilité que les garçons soient
envoyés travailler à l’étranger et la richesse globale du village n’a
absolument aucun effet ».
Au moins 4 500 ménages ruraux ont participé au sondage. L’étude a révélé
que 25,5 pour cent des enfants étaient partis dans l’objectif de faire
des études. La moyenne d’âge des garçons étaient de 11,5 ans et celle
des filles, de 10,8 ans.
Au Burkina Faso, 82,000 enfants au moins - dont 36,000 filles - ont
émigré pour travailler dans des zones urbaines. La plupart se trouvaient
à Ouagadougou et à Bobo Diolassou, la deuxième ville du pays.
"La migration des enfants travailleurs s’est fortement accrue au Burkina
Faso durant les cinq dernières années. En 2001, plus de 60 000 enfants
ruraux ont quitté leurs parents pour travailler dans les villes ou dans
les pays voisins », précise le rapport.
La migration des enfants travailleurs pourrait être réduite grâce à une
campagne d’information d’envergure, à une amélioration des conditions de
vie en milieu rural et à des réformes rurales, en révisant notamment les
protocoles en vigueur avec les pays voisins.
Le rapport complet est disponible en anglais à cette adresse