Un peu partout en France, les actions contre la réforme LANG-ECTS (et plus globalement contre toutes les tentatives de marchandisation de l’enseignement supérieur) se multiplient, et ce depuis la mi-octobre.
Le point au samedi 9 novembre 2002
La fac de Toulouse-Le Mirail est en grève depuis le mardi 5 novembre et ça bouge actuellement dans une douzaine de facs. Petit récapitulatif.
Le 16 octobre dernier, suite à une Assemblée Générale, les étudiants de Dijon ont envahi le Conseil d’Administration de leur fac, pour montrer leur détermination contre l’application des réformes ECTS et 3/5/8, initialement mises en place par Jack Lang. Première action sérieuse, qui annonçait le mois de luttes que nous venons de connaître.
Le 25 octobre, toujours suite à des AG, les étudiants de Montpellier III et de Rennes ont simultanément empêché la tenue du CA de leur université, toujours dans la même logique de refus des ECTS et du 3/5/8. A Montpellier, c’est l’application du master qui devait être passée au vote.
Le 28 octobre, les étudiants de Panthéon-Sorbonne ont également bloqué, suite à une AG, le CA de l’université de Paris I, afin de protester contre la réforme Lang et le contrat de plan 2002-2005 de Paris I (adopté le 9 septembre dernier) qui en est une application. Ce document prévoit notamment la suppression de certaines filières au profit d’IUP (Institut Universitaire Professionnalisé), ou encore renforce l’implication des entreprises au sein de l’université, "tant au niveau pédagogique (enseignements, stages) qu’au plan matériel".
Toujours le 28 octobre, les étudiants de l’université Paris XIII-Villetaneuse, suite à une AG, ont manifesté devant le ministère contre la pénurie budgétaire, qui est la conséquence logique du désengagement financier de l’Etat (principe institutionnalisé par la nouvelle réforme, notamment via le financement des universités par les régions et des entreprises locales).
Le 29 octobre, une AG des étudiants de Montpellier a adopté un appel national à "la mobilisation générale pour abroger la réforme LANG-ECTS", texte par la suite voté par plusieurs amphis du campus.
Ce mardi 5 novembre, un bon millier d’étudiants, réuni en Assemblée Générale, de l’université de Toulouse-le Mirail ont voté la grève avec des mots d’ordre très clairs : retrait de la réforme ECTS et 3/5/8, ainsi que maintien du statut de MI/SE (Maître d’Internat / Surveillant d’Externat). Au plan local, les grévistes réclament l’intégration immédiate de l’ensemble des étudiants non-inscrits.
Ce vote de la grève faisait suite à une série d’AG, organisées les jours précédents notamment sous l’impulsion de l’AGET-SE et de SUD étudiants, et à une série d’actions sur le campus. Ainsi, le lundi 4 novembre, avait eu lieu une opération "Resto-U gratuit", qui a sans doute contribué au succès de l’AG du lendemain.
Cette grève a été reconduite les 6 et 8 novembre, par des AG réunies dans des amphis littéralement saturés (ce qui signifie plus de 1200 ou 1300 étudiants).
Le président (socialiste) de l’UTM, Rémy Pech, a adopté une position relativement ambigue sur le mouvement : devant les caméras de M6 Toulouse, il a donné raison aux étudiants en lutte tout en diffusant une note interne auprès des UFR de la fac pour leur demander de ne surtout pas faire de vagues et d’assurer un fonctionnement normal de tous les services.
Sur de nombreuses universités, des réunions d’information, des pétitions, des AG, ont lieu ou vont avoir lieu ces jours-ci. Outre les universités déjà mentionnées, citons entre autres Nantes, Besançon, Le Havre, Paris III-Censier et Brest.
Il est évident que seule une mobilisation nationale permettra d’obtenir le retrait total de la réforme LANG-ECTS.
Nous ne laisserons pas démanteler nos diplômes !
Mobilisons-nous pour obtenir le retrait de la Réforme LANG-ECTS et 3/5/8, pour une Université de service public, gratuite, laïque et ouverte à tous !
Extrait pris sur "Luttes Etudiantes" : http://www.luttes-etudiantes.com