Les passages à tabac "à l’aveugle", et la
"confiscation" par la police de cassettes vidéo contenant des images
d’exactions policières filmées lors de manifestations sont
devenues aujourd’hui des pratiques courantes. Il faut également
constater que la police ne se prive pas, quant à elle, de filmer de
façon systématique les manifestantEs, même pacifiques.
Les vols de cassettes vidéo sont
généralement commis par des groupes de deux ou trois policiers en
civil sans brassard les identifiant comme policiers. Le vidéaste est
vigoureusement maîtrisé, la caméra lui est arrachée
des mains, la cassette est sortie, puis les policiers s’en vont très
rapidement en emportant la cassette. Tout cela se passe en moins d’une
minute.
Il s’agit là de pratiques illégales
extrêmement graves qui suppriment notre liberté d’expression. Ce
sont des méthodes qui relèvent du fascisme et non de la
démocratie. Il apparaît également que les personnes qui
sont victimes de ces méfaits ne se défendent pas efficacement,
voire pas du tout. CertainEs se limitent à rapporter les faits
auprès des legal teams, mais ce n’est pas suffisant car, en
parallèle d’actions groupées, il est nécessaire que les
citoyenNEs fassent aussi valoir leurs droits individuellement, notamment en
portant plainte.
Voici donc une procédure en 6 points pour les
personnes victimes de vols de matériel vidéo par la police :
1. Si des policiers tentent de vous voler vos
cassettes ou votre caméra, tenez fermement votre caméra en criant
de toutes vos forces "au vol, à l’aide !" afin d’attirer
l’attention sur vous, notamment d’autres vidéastes/cameramen. Lorsque
les policiers s’éloignent avec votre matériel suivez-les en les
pointant du doigt et en criant "ils m’ont volé du matériel
vidéo, arrêtez-les !". Cela aura pour effet que d’autres
manifestantEs se joindront à vous ; il vous sera alors facile d’obtenir
les coordonnées de quelques témoins.
Si un policier vous demande de lui remettre votre cassette,
refusez car il n’en a pas le droit. S’il vous menace de vous arrêter
parce que vous refusez, répondez-lui que s’il vous prend du
matériel, vous porterez plainte contre lui personnellement pour
vol, ainsi que pour chantage s’il y a eu menace d’arrestation
injustifiée. Demandez-lui alors qu’il vous décline son nom,
matricule et unité, il est tenu de le faire (ayez toujours un bic et du
papier sur vous). S’il refuse, dites-lui que vous mentionnerez également
ce fait dans votre plainte. Ne résistez pas à une arrestation,
restez toujours calme et poliE, mais soyez très ferme pour
défendre vos droits.
2. Déposez plainte pour vol au
commissariat de police de la municipalité/commune où se sont
déroulés les faits. Portez également plainte pour
chantage s’il y a eu menace d’arrestation injustifiée, ainsi que
pour destruction de biens privés si votre cassette vous est
rendue après avoir été effacée ; dans ce dernier
cas, si possible, n’oubliez pas de faire constater la destruction des
données par un témoin au moment où l’on vous rend la
cassette —> veillez à être accompagnéE). Faites votre
déposition au plus tard dans les sept jours. Mentionnez-y les nom,
matricule et unité du policier contre qui vous portez plainte. Si ce
dernier a refusé de s’identifier, mentionnez également ce fait
car cela aggravera son cas s’il est finalement identifié après
enquête. Ne vous laissez pas intimider lors de la rédaction de
votre déposition par le policier de service. Relisez attentivement votre
plainte avant de la signer et veiller à ce que les termes vol et
éventuellement chantage et destruction de bien
privé soient mentionnés dans la plainte. S’il refuse,
menacez-le de porter plainte contre lui pour faux. N’oubliez pas de
demander au policier qui a pris votre déposition de vous communiquer son
nom, ainsi que le code d’identification de votre plainte. S’il refuse
d’obtempérer, menacez-le de déposer plainte contre lui. Restez
toujours calme et poliE, mais soyez ferme.
3. Racontez les faits sur le site
Indymedia de votre pays, et faites un copier/coller
dans votre agenda de l’adresse de la page Web de votre article. Ce sera votre
dossier en ligne.
4. Demandez ensuite par eMail à un
parlementaire de votre choix qu’il demande au ministre concerné de
s’expliquer sur ces faits devant le parlement (procédure courante,
appelée "question parlementaire"). C’est à cela que sert aussi le
parlement, qui est (censé être) la voix du peuple. Dans le mail
que vous enverrez au parlementaire, mentionnez :
| - |
le code d’identification de votre plainte
auprès de la police ; |
| - |
le nom du policier qui a pris
déposition de votre plainte ; |
| - |
le nom, adresse, numéro de
téléphone et adresse eMail de témoins éventuelLEs
des faits dont vous avez été victime ; |
| - |
l’adresse de la page Web de votre
article. |
| - | l’adresse de la présente page, afin de montrer que votre cas n’est pas isolé : http://artivisme.net/procedure_vol_video.htm |
5. Ajoutez en copie du mail que vous envoyez au
parlementaire, les adresses eMail :
| - |
de journalistes d’au moins trois grands
journaux de votre pays ; |
| - |
du maire/bourgmestre (= chef de la police)
de la municipalité/commune où se sont déroulés les
faits ; |
| - |
du legal team des organisateurs de la
manif ; |
| - |
du/de la responsable d’Amnesty
International, et de la ligue des Droits de l’Homme dans votre pays. |
NB : Vous trouverez les adresses eMail des personnes
décrites ci-dessus, sur le site Web de leur organisation. Si ces
adresses eMail ne sont pas publiées sur le site Web,
téléphonez à ces organisations afin qu’on vous communique
les adresses eMail professionnelles de ces personnes. (Evitez les adresses
générales du genre contact@xyz.org). Pour trouver les sites Web :
http://www.google.com/advanced_search ?hl=fr.
6. Publiez une copie de ce mail (avec les noms et
adresses eMail des destinataires) en commentaires de votre article sur
Indymedia.
PS : Parfois la police, lorsqu’elle a pris l’identité
du vidéaste, contacte ce dernier pour lui demander de venir chercher sa
cassette, dont ils ont fait une copie. Cela n’y change rien : si je vole ta
voiture et te la rends quelques jours plus tard, il y a quand même vol.
Quant à la copie par la police de données informatiques privées, si elle n’est pas autorisée par un juge, alors il s’agit
également d’un vol.
Comment piéger la police :
L’idéal est de constituer des équipes de deux
vidéastes plus une troisième personne. La vidéaste 2 (une
femme) suit le vidéaste 1 (un homme) à distance, sans jamais
l’approcher, et cache sa caméra tout en étant prête
à filmer en quelques secondes dès que le vidéaste 1 se
fait agresser par la police. Dans ce cas, le vidéaste 1 devra crier
"à l’aide, au vol !", comme expliqué dans le point 1
ci-dessus. Dès que les images sont tournées, la troisième
personne (un homme, qui doit suivre la vidéaste 2 aussi à
distance) vient chercher la cassette pour aller la mettre très vite en
lieu sûr (de préférence chez unE amiE qui habite tout
prêt). Si des flics tombent aussi sur la vidéaste 2, celle-ci
devra également crier "au vol, à l’aide !", et la
troisième personne devra alors venir lui porter secours.
Solidarité : il faut défendre les
manifestants qui sont agressés par la police
De façon générale, la loi vous oblige
à porter assistance à toute personne en danger. En particulier,
vous êtes autorisé à recourir à la force pour porter
assistance à une victime agressée par des personnes qui tentent
de lui voler un bien privé, tel que des cassettes vidéos, ou les
données qu’elles contiennent. Le fait que ces personnes soient membres
des forces de police n’y change rien : la police n’est pas autorisée
à voler. N’oubliez pas cependant que la force utilisée pour
porter secours à une personne agressée doit être
proportionnelle à celle utilisée par l’agresseur : si ce dernier
n’est pas armé, un bon coup de poing sur la gueule suffit
généralement pour le décourager, il n’est pas
nécessaire (ni conseillé) de le paralyser à vie. Petit
conseil : veillez à ne faire ce genre de chose que si vous êtes
plus nombreux que la police dans votre environnement immédiat. Il est
conseillé de constituer plusieurs groupes d’au moins vingt personnes,
très mobiles (ça gêne les flics, qui eux sont toujours
moins mobiles car ils doivent obéir à leurs chefs) et
communiquant entre eux par SMS ou autre moyen de télécom. Ces
groupes de défense ne doivent pas avoir de chef, leurs membres viennent
et partent volontairement. Nous pensons qu’il est préférable de
se concentrer sur la défense des manifestantEs agresséEs par la
police, plutôt que de briser des vitrines devant les caméras de
TV. C’est une bonne façon d’éviter d’être manipulés
par des flics-provocateurs déguisés en manifestants.
Un témoignage de passage à tabac "à
l’aveugle" par la police :
http://dossiers.lesoir.be/UE2001/TousLesArticles/A_01FB4C.asp
Un témoignage de vol de cassette vidéo par la
police :
http://belgium.indymedia.org/front.php3 ?article_id=37963&group=webcast
Un témoignage de provocation policière :
http://news.independent.co.uk/europe/story.jsp ?story=319760
Document qui résume quelques droits importants des
manifestantEs, à lire absolument avant de se rendre à une manif
:
http://belgium.indymedia.org/front.php3 ?article_id=12197
La démocratie ne sert que si on l’utilise. Et s’il
s’avère impossible de faire valoir nos droits, il importe d’acter cette
impossibilité par des documents crédibles, vérifiables et
publiés sur le Net. C’est très important de constituer des
dossiers étoffés pour prouver au reste de la population qu’il se
passe des choses graves.
Ce document est mis à jour à cette adresse :
http://artivisme.net/procedure_vol_video.htm
arty
www.ARTivisme.net