Lors de la dernière audience de la Chambre de l’Instruction (mardi 12 novembre), Alain Solé sollicitait sa mise en liberté en raison de son état de santé. Malgré les certificats médicaux de l’hôpital pénitentiaire de Fresnes (faits à la demande du Juge d’Instruction Thiel), la cour avait estimé nécessaire de désigner un expert cardiologue pour l’examiner. Autant dire que les médecins de Fresnes font des certificats de complaisance ! L’expert désigné devait remettre son rapport au plus tard le lundi 18 novembre pour que la Cour puisse se prononcer dès le mardi 19 novembre. On apprend aujourd’hui que l’expert, se trouvant à l’étranger, n’a pas pu rendre son avis. L’audience d’aujourd’hui servira à nommer un autre expert, disponible, espérons-le...
Il faut rappeler qu’Alain Solé est arrivé en urgence à l’Hôpital de Nanterre, puis à celui de Fresnes le 4 octobre dernier, après un accident vasculaire et un infarctus, deux jours après que l’Administration Pénitentiaire de Nanterre ait refusé son extraction pour des examens médicaux à l’Hôpital de Nanterre. Lundi 18 novembre, Alain Solé a de nouveau été transféré vers la Maison d’Arrêt de Nanterre. Faut-il rappeler que si un second accident vasculaire lui arrivait non pas le jour, comme il en a eut la " chance " la première fois, mais la nuit, on ne saura pas dans quelles mesures il pourrait s’en sortir. Plus d’un prisonnier est mort par retard des secours la nuit.
Les juges ont montré beaucoup de désinvolture en nommant un expert médical qui était en déplacement à l’étranger... L’Administration Pénitentiaire en transférant de nouveau Alain Solé en Maison d’Arrêt a pris une décision à hauts risques... La médecine pénitentiaire, à l’ordre de la pénitentiaire plutôt que de la déontologie médicale, cautionne-t-elle cette manipulation grossière, visant à faire croire qu’Alain Solé serait - miraculeusement - hors de tout danger ?
Le Ministre de la Justice, auquel Me Coutant-Peyre avait adressé une lettre publique le 15 octobre 2002, devra être tenu responsable si Alain Solé subissait encore des conséquences des carences de la médecine pénitentiaire.
Mardi 19 novembre 2002
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