Régularisation de tous les Sans-Papiers
Non aux expulsions, non à la prison !
Que personne ne s’y trompe les patrons ont un intérêt à ce que des milliers de travailleurs « sans papiers » soient maintenus dans la clandestinité. Privés de tout droit, ils sont contraints pour vivre et faire vivre leur famille à travailler dans et pour n’importe quelles conditions. Avec ou sans papiers la précarité sert directement les intérêts de ceux qui embauchent directement ces travailleurs, mais aussi ceux de tous les patrons, qui par ce biais, font pression sur les salaires comme sur les conditions de travail de tous les travailleurs du pays.
En nous battant pour la régularisation des travailleurs « sans papiers » nous refusons d’être les complices de cette politique cynique qui fait de la privation d’un droit, celui d’avoir la possibilité de travailler légalement, une source de plus et encore plus de bénéfices pour quelques uns.
Le ministre de l’intérieur aujourd’hui déclare qu’il est prêt à assouplir les critères de régularisation pour peu que les candidats qui en font la demande donnent des garanties « d’intégration ». C’est un député européen qui a vendu la mèche sur le pourquoi de tant de générosité subite, en déclarant : « la population vieillit. On va bientôt devoir recourir à l’immigration. Alors pourquoi ne pas commencer tout de suite avec des gens qui sont là aujourd’hui et qui ont commencé à s’intégrer en France ? ».
Cette politique pragmatique ne fait pas mystère des intérêts de ceux qu’elle cherche à servir. C’est la même politique qui continue mais sous une autre forme. Contrairement à l’ancienne qui ne connaissait que répression celle-ci en plus introduit la concurrence entre les travailleurs « sans papiers ».
C’est Sarkozy qui a déclaré le 5 septembre en direction des Préfets : « il ne doit exister que deux catégories d’étrangers : ceux qui ont la vocation de s’intégrer en France et à qui nous devons les moyens de sortir de la clandestinité, et ceux qui n’ont pas vocation à rester, qui ont fait l’objet d’une décision qui doit être exécutée ».
D’où la décision de reprendre là où elle était restée la construction du Centre de rétention à Palaiseau pour ceux qui n’ont pas la volonté de « s’intégrer » ! Mais qui va dire qu’un tel ou un tel « n’a pas la volonté de s’intégrer » et qu’est ce que cela veut dire de la part de ceux qui n’ont que le mot de « libre circulation » à la bouche quand il s’agit de justifier les dégâts causés par les lois du système.
Ce Centre de rétention à Palaiseau, non seulement est une prison qui ne veut pas dire son nom, mais ça devient un des outils de ce nouveau cours de la politique de l’Etat français en matière d’immigration. Tout le monde sait et de plus en plus de monde le dit et l’écrit : « tant que se perpétuera le pillage, entre autre, des pays du sud de la planète, par ceux du nord, l’immigration de masse ne pourra être arrêtée ». Aujourd’hui la droite, intérêts des patrons bien compris, ne s’égosille plus contre l’immigration, elle veut la gérer en faisant de la carotte de « l’intégration » le critère de la sélection entre les bons et les pas bons immigrés.
Le Centre de rétention devient le moyen matériel concret pour lui permettre de faire ce tri parmi les travailleurs « sans papiers ».
Refuser l’expulsion de tous les Sans-papiers et exiger leur régularisation immédiate, c’est rejeter la concurrence entre salariés organisée pour le plus grand profit du capital. C’est aussi lutter ici, dans notre pays, à notre porte, pour que des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants contraints à s’expatrier du fait du pillage économique qui ruine leur pays, puissent vivre comme tout un chacun.
Refuser le Centre de rétention c’est refuser d’être les complices du tri que veut organiser Sarkozy et le gouvernement entre les bons et les moins bons travailleurs immigrés.
Refuser le Centre de rétention c’est vouloir vivre sur des valeurs de solidarité entre les peuples du Nord et les peuples du Sud, à Palaiseau et ailleurs. C’est exiger le respect de la dignité humaine.
Pas plus que les pays du sud ne sont qu’une source d’approvisionnement en fruits exotiques, musiques chaleureuses ou mode vestimentaire « sympathique », ils ne doivent être le marché en main d’oeuvre où les patrons viennent s’approvisionner, maintenant sans faire le déplacement, et en se contentant de ne fournir, pour solde de tout compte, en passant par la case Centre de rétention, qu’un billet retour, si l’essai n’est pas concluant !
NON au Centre de rétention
A l’appel du collectif 91 contre le Centre de rétention
Manifestation
Dimanche 24 novembre à Palaiseau
(RdV : 10h30 - gare RER de Palaiseau)
Collectif 91 contre les Centres de Rétention :
Comité CGT des Sans-Papiers de Massy et sa Région, Collectif des Sans-Papiers de l’Essonne et Collectif 91 de Soutiens aux Sans-Papiers, Pour une Concertation Citoyenne à Palaiseau, Ligue des Droits de l’Homme Massy-Palaiseau, Act Up Paris, Ras l’Front Evry, CNT 91, SUD Education 91, SUD Poste 91, SUD Rail Paris Est, Union locale CGT de Massy, , Ligue Communiste Révolutionnaire, Alternative Libertaire 91, Parti Communiste des Ouvriers de France, les Verts Palaiseau, FA 77, PCF-Nord Essonne (Palaiseau-Igny), PCF-Massy