Depuis ce matin, les troupes de Sarkozy, avec l’accord de la Mairie de Choisy, procèdent au "nettoyage" des roms et des roumains installés dans des bidonvilles sur des terrains communaux ou préfectoraux et dans un immeuble de la commune.
Rafflées au passage par la police, une partie d’entre elles seront sans doute renvoyées par charter à leur triste condition, tandis que les autres, dans le meilleur des cas, seront hébergés quelques jours pour être à nouveau mis à la rue, après avoir été "éloignées" de Choisy et des réseaux de solidarité qui se sont mis en place, et ce dans une situation encore plus difficile.
Les autorités gouvernementales et municipales ont ainsi préféré violer la trève hivernale des expulsions, mise en place en 1954 à la demande de l’Abbé Pierre, et faire détruire ou éparpiller les quelques biens que les familles avaient réunis au fil des années, plutôt que de scolariser les enfants, améliorer les conditions sanitaires, ou les loger décemment, afin de les intégrer comme elles le demandent.
Courrant novembre, l’Abbé Pierre avait rendu visite au familles d’un des bidonvilles, dénonçant les aspects les plus répressifs du projet de Loi de sécurité quotidienne et les conditions de vie de ces familles immigrées.
Nous dénonçons cette opération qui frappe une population déjà stigmatisée par la propagande gouvernementale, et qui, par cette mesure "d’éloignement", constitue une forme d’épuration ethnique.
Ce n’est pas en détruisant les bidonvilles et dispersant ceux qui y vivent que l’on fera disparaître la misère.
Pour les familles de Choisy, nous demandons leur relogement décent immédiat, au besoin par la réquisition de logements vacants, leur régularisation et la scolarisation des enfants.