Monsieur le Secrétaire Général,
À la veille des élections prud’homales du 11 décembre c’est dans un souci de clarté du débat public que nous vous demandons d¹expliquer votre position actuelle sur les droits des chômeurs et précaires.
Ailleurs en Europe des contre réformes ont été combattues par des structures syndicales, comme le plan Aznar depuis juin dernier en Espagne ; partiellement endiguées, comme c’est le cas actuellement en Allemagne ; en Italie des syndicats font campagne pour la création d’un régime de protection sociale du chômage. L’Europe sociale est sur toute les lèvres tandis que rares sont en France les structures syndicales qui se sont opposées à la régression brutale que l’instauration du Pare représentait. Ce dispositif d’exclusion a en effet parfaitement déployé sa logique de crainte, de culpabilité et d’atomisation : il aura réussi à banaliser l’éviction quotidienne, tant des statistiques que du droit, par l’augmentation vertigineuse du nombre des radiés, à réduire drastiquement le droit à la formation sans pour autant diminuer le chômage. C’est l’essentiel de la refondation sociale patronale qui avait ainsi reçu l’aval du précédent gouvernement explique désormais Kessler ; les baisses de cotisations, en particulier patronales, ont provoqué la crise financière qui permet de déclarer l’UNEDIC en faillite.
On parle de rétablissement de la dégressivité, de diminuer de 57,4% à 52% du salaire de référence le pauvre revenu de ceux qui réussissent à ouvrir des droits, d’allongement des divers délais de carence ; les intermittents du spectacle sont également promis à une baisse du pouvoir d’achat. Face à cette inquiétante situation, des luttes locales et coordonnées se développent parmi les précaires, comme de récentes occupations d’ASSEDIC vous l’ont appris. Qu’il s’agisse d’obtenir des allocations d’urgence, le droit à une formation librement choisie, qualifiante et rémunérée et que soit instituée une garantie de revenu à tous ceux qui subissent la précarité, y compris les jeunes, que les premiers concernés soient aussi présents partout où se décide leur sort, un ensemble de questions à la fois urgentes et fondamentales doit faire très rapidement l’objet de nos échanges ultérieurs.
Nous vous demandons de confirmer que vous vous opposerez à toute dégradation des conditions d’indemnisation de l’ensemble des demandeurs d’emploi. Nous vous appelons simplement à prendre enfin en compte les droits des chômeurs, chômeuses et précaires.
Dans l’attente d’une réponse publique, recevez, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de nos salutations attentives.
AC !, 42 rue d’Avron, 75 020 Paris
APEIS, 27 avenue Robespierre, 94 400 Vitry sur Seine
MNCP, 17 rue Lancry, 75 010 Paris
Paris, le 3 décembre 2002