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[don't hate the media... become the media]   14/05/08 - 06:45
[dépêches]
MONDE(S)

« La terre pour les sans terre »

Heidelberg le 6.12.02 - FIAN, organisation internationale de Droits de l’Homme qui lutte pour l’accès à l’alimentation et la Via campesina, réseau mondial de syndicats de paysans et de mouvements de Sans Terre lancent une campagne internationale à l’occasion de la journée des Nations Unies pour les Droits de l’Homme qui se tiendra le 10 décembre. A partir de cette date des milliers de lettres seront envoyées à M. Thabo Mbeki, Président d’Afrique du sud pour lui demander de restituer une vaste étendue de terre à la communauté rurale de Gumbu-Mutele, à la frontière avec le Zimbabwe. Selon les deux organisations à l’initiative de cette campagne, une non restitution de cette terre équivaudrait de la part du gouvernement à une violation du droit à l’alimentation de la part de l’état d’Afrique du sud.

Le droit à l’alimentation doit garantir à chacun un accès à la terre afin d’être en mesure de pourvoir aux besoins alimentaires familiaux. La journée des Droits de l’Homme est une opportunité pour rappeler l’importance des droits sociaux économiques, parmi lesquels le droit à l’alimentation, aux côtés des droits politiques qui interdisent, entre autre, la torture. Les lettres de protestations seront également envoyées aux ambassades sud-africaines du monde entier. La communauté rurale de Gumbu-Mutele, forte de 1200 personnes, réclame la terre dont elle a été brutalement chassée pendant l’apartheid. Cette communauté vit actuellement sur un terrain désertique dans des conditions extrêmement difficiles, une famine omniprésente et une pauvreté qui détruit son avenir. Selon les lois de la réforme agraire de ce pays, sensées réparer les énormes injustices causées au temps de l’apartheid, époque à laquelle la minorité blanche a chassé les noirs sud-africains de la plupart des terres agricoles, cette communauté à le droit de reprendre possession de ce qui lui appartient.

Malheureusement, l’état d’Afrique du sud qui s’est engagé dans cette politique de réforme agraire sous le gouvernement de l’ANC, se trouve être le principal obstacle à la résolution de cette affaire. La terre n’est pas détenue par des fermiers blancs comme dans de nombreux autres exemples similaires. Le Ministère de la Défense qui occupe actuellement ce territoire, refuse catégoriquement de le rendre au prétexte que certains exercices militaires ne peuvent être menés que sur un terrain de ce type. Kofi Yapko, chargé de programme de réforme agraire à FIAN et la Via campesina avancent une autre explication : "la plupart des fonctionnaires, issus de la période de l’apartheid travaillent toujours au Ministère de la défense et ils refusent de lâcher prise, de crainte de créer un précédent qui puisse être utilisé dans des cas similaires."

Les critiques des organisations de la société civile sud-africaine sur la conduite du programme de réforme agraire sont de plus en plus vives. Huit ans après la fin de l’apartheid, 80 % des terres agricoles fertiles sont toujours entre les mains de 60.000 agri-managers blancs, tandis que 15 millions de noirs sont entassés sur les terres de mauvaise qualité des anciens bantustans.

Pour de plus amples informations, prière de contacter Kofi Yapko : kofi@fian.org tel : +49 6221 65300-56

FIAN via campesina


Source/auteur : Via campesina
Mis en ligne le samedi 7 décembre 2002, par J-M Desfilhes
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