Mardi 10 décembre, Nicolas Sarkozy, le quasi premier ministre, effectue sa dernière visite à Sangatte et dans le Calaisis, serrage de mains sous l’œil des caméras de télé, un petit tour et puis s’en va. Seule ombre au tableau, de la visite officielle, l’accueil glacial des militants du collectif C-SUR,petite bousculade policière blessant légèrement à la cheville un militant qui avait osé interpeller le ministre sur le traitement musclé réservé aux réfugiés dès leur arrivée dans la ville, réponse Sarkosienne : "On ne va quand même pas s’excuser de les recevoir".
Sarko parti, l’histoire ne s’arrête pas là. Toute la journée "les refoulés du centre de la Croix rouge" investissent aux cris de "Sangatte, Sangatte", les jardins du parc Richelieu à Calais, pancartes au tour du cou, deux cent personnes demandent à bénéficier du même traitement que les résidents officiels du centre, c’est à dire la possibilité de retrouver leurs familles en Angleterre.
A la nuit tombée un dispositif policier de grande envergure (38 fourgons de police) se déploie autour du Parc. La tension monte d’un cran et la température descend largement en dessous de zéro. Le désespoir pousse plusieurs réfugiés à tenter l’immolation, d’autres se mettent torse nus et tombent rapidement en hypothermie, des cutters circulent de main en main, le pire est à craindre. La solidarité est à l’œuvre, les militants du collectif C-SUR forment une chaîne humaine entourant la foule, protection symbolique contre l’ordre répressif. Une cellule de crise se met en place à la préfecture, des contacts sont pris avec le cabinet de la Place Bauveau. Des élus des Verts interpellent le pouvoir politique, leur appel est visiblement pris au sérieux, les autorités, conscientes de l’immense danger, écoutent les militants de terrain. Vers une heure du matin, l’évacuation se passe dans un calme relatif, les réfugiés sont dispersés dans de multiples centres d’accueil, le pire aura été évité...pour combien de temps ?
Frédérique, Samizdat.net