Le régime général de l’UNEDIC sera renégocié les 17 et 19 décembre
prochains. Nul doute que les droits des chômeurs seront révisés à la
baisse, l’UNEDIC étant déficitaire de 3,7 Milliards d’euros.
Ce déficit était prévisible : en instaurant le PARE, le MEDEF
(patronat) et ses complices (notamment la CFDT et la CFTC) ont
utilisé l’excédent de l’année 2000 (10 milliards de francs) pour
baisser les taux de cotisation de 8,76 à 5,80 % et réorienté les
dépenses au profit d’une remise au travail forcé des allocataires. Le
nombre de radiations augmentant de 79% !
Le chômeur n’est plus victime de la perte de son travail, mais
coupable de son inadaptation au marché du travail.
Les grands patrons, eux, ne sont coupables de rien. Les 40 patrons du
CAC 40 (indicateur de la Bourse que l’on vous livre tous les jours
avec la météo) gagnent chacun en moyenne 554 fois le SMIC ….
Pour amasser ces fortunes, ils licencient, restructurent, fabriquent
toujours plus de chômeurs, pressurent les salariés, préparent la
privatisation des services publics (énergie, transports, sécurité
sociale et retraites, santé, service postal …) pour gagner plus
encore.
Pour y parvenir, ils divisent, montrent du doigt les « privilèges »
de telle ou telle catégorie, et nous laissons les routiers, les
enseignants, les RMIstes se défendre seuls dans leur coin.
Nous, professionnels du spectacle vivant et de l’audiovisuel que vous
connaissez sous l’appellation « intermittents du spectacle » sommes
aussi des privilégiés. Selon le MEDEF, nous bénéficions
d’« avantages exorbitants » dans le cadre de l’UNEDIC qui
occasionnent un déficit énorme …
Les pertes de France Télécom (19 milliards d’euros) représentent 25
années du déficit en question (0,738 millions d’euros).
Notre réalité : nous ne sommes salariés, dans l’immense majorité des
cas, que lorsque nous montons sur les planches. Personne ne paye le
travail indispensable que constitue la création et la répétition de
nos spectacles. Nos périodes de chômage sont mises à profit pour
cela.
Ces particularités nous soudent, nous aident à mieux nous organiser
que la plupart des chômeurs et nous résistons aux attaques qui se
durcissent d’années en années, depuis plus de 10 ans.
Notre mise à mort devait avoir lieu les 17 et 19 décembre 2002 avec
des mesures qui auraient exclu 50 % des techniciens et 70 % des
artistes de l’indemnisation chômage.
Le MEDEF craignant que notre réaction violente n’entraîne l’ensemble
des chômeurs à sa suite, vient d’annoncer que le « remaniement » de
nos conditions d’admission sera examiné au premier semestre 2003.
Cette stratégie de division des chômeurs doit être combattue.
Nous appelons en conséquence les chômeurs et précaires, les
organisations syndicales et politiques, les associations et tous ceux
qui veulent construire un front unitaire à venir manifester pour
défendre l’assurance-chômage.
JEUDI 19 DECEMBRE 2002
à 14 Heures Place Wilson
Les Intermittents en lutte
(CGT Spectacle - Fédercies - COUAC)