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[don't hate the media... become the media]   17/05/08 - 04:52
[dépêches]
FRANCE IMMIGRATION - SANS PAPIERS

Non aux centres de rétention, à Palaiseau comme ailleurs

Le 18 mars 96, en occupant l’église Saint-Ambroise, les sans-papiers commençaient une lutte longue et difficile. De nombreux collectifs se créèrent partout en France dans les mois qui suivirent. Des régularisations furent obtenues grâce à la mobilisation et au dynamisme des sans-papiers. Le retour de la gauche a cassé cette mobilisation en ne réglant arbitrairement qu’un dossier sur deux avec la circulaire Chevènement qui de plus avalise la régularisation sur critères et surtout la loi Reseda qui officialise les cartes précaires :1 an maximum sans garantie de renouvellement. Par contre tous ont été fichés. Rapidement néanmoins, des sans-papiers qui avaient compris le traquenard s’ organisèrent en collectifs autonomes pour obtenir UNE VRAIE REGULARISATION par carte de 10 ans. A partir du printemps 98, des occupations d’églises se multiplièrent, à commencer par la cathédrale d’Evry et en mars 98 sont occupées deux églises à Paris. La répression fut féroce, plus de 150 sans-papiers arrêtés, maintenus en rétention ou envoyés directement en prison. Grâce aux interventions à l’aéroport de Roissy auprès des passagers qui protestèrent, très peu d’entre eux furent expulsés.

Dans ces luttes pour la régularisation de tous les sans-papiers, la mobilisation contre les centres de rétention a toujours été incontournable. Ces prisons spéciales pour étrangers sont un rouage nécessaire à la politique d’exploitation de l’immigration parce qu’il permet de maintenir les sans-papiers sous la menace permanente de l’expulsion. Immédiatement après l’expulsion de Saint-Bernard en 96, une marche spontanée de plusieurs milliers de personnes ira de nuit sur le centre de rétention de Vincennes l’ assiégeant jusqu’à l’aube. Puis suivront à l’automne 96 des marches sur les centres de rétention à Lille, Nantes, Toulouse,. Les protestations vis à vis du « fameux » centre d’Arenc sur le port de Marseille sont incessantes. La particularité de ces centres étant soit leur emplacement isolé -mais proche d’un aéroport- soit leur implantation dans des commissariats, des casernes, voire dans l’Ecole nationale de police à Vincennes.

Les politiques européennes s’harmonisent pour maintenir les sans-papiers dans une insécurité permanente vis à vis de la régularisation, mais aussi du travail, du logement, de la santé, des droits sociaux,. et visent à empêcher toute contestation de leur précarité en les maintenant sous la menace de l’ expulsion ou du non-renouvellement des titres de séjour.

A l’initiative du Collectif Anti-Expulsions, ont eu lieu dans ce cadre plusieurs actions ou manifestations contre les lieux d’enfermements pour étrangers : · en juin 98, occupation de la zone d’attente de la gare du Nord et des bureaux de l’état-major parisien de la PAF
· en juin 99, manifestation internationale jusqu’aux grillages du centre de rétention de Vincennes
· contre le centre de rétention de Choisy le Roi (94), trois manifestations en octobre 98, février 2000 et octobre 2000 (durant l’automne 99, plusieurs rassemblements en coordination avec le collectif des sans-papiers du Val de Marne qui occupaient des locaux paroissiaux face au centre)
· en janvier 99 : occupation de l’hôtel Ibis de Roissy qui servait de zone d ’attente
· en décembre 2000 : occupation de la nouvelle zone d’attente à Roissy (Zapi 3) avant son inauguration
· depuis juin 2000 : différentes actions contre le projet de centre de rétention de Palaiseau (91)
· en juillet 2002, manifestation lors du campement Noborder contre les institutions qui participent à l’enfermement des sans-papiers (le centre de rétention de Strasbourg avait été vidé de ses occupants à l’occasion du camp NoBorder).

Partout dans le monde, des individus, immigrés ou non, continuent de s’ organiser pour lutter contre ces politiques, empêcher les expulsions, fermer les centres de rétention, mobiliser contre tous les rouages de ces politiques. En Belgique, une manifestation contre le centre dit « 127 bis » a permis en 98 l’évasion d’une vingtaine de prisonniers peu avant le meurtre par étouffement sous un oreiller de Semira Adamu lors de son expulsion. En février 2002, les prisonniers de Yarl’s Wood, qui était le plus grand centre de rétention d’Europe avec 900 places, l’ont détruit en y mettant le feu. En Australie, le 30 mars, profitant de la présence de plus de 500 manifestants pour la liberté de circulation et d’installation, plusieurs dizaines de demandeurs d’asile Afghans et Kurdes, parqués à Woomera, dans un camp en plein désert, ont réussi a recouvrer la liberté. Certains y attendaient l’ examen de leur « situation » depuis 2 ans.

Le permis de construire d’un centre de rétention pour étrangers à Palaiseau vient d’être délivré malgré la mobilisation lancée il y a deux ans. Ce projet prévu par Debré en 96, maintenu par les ministres de l’Intérieur de la gauche plurielle, risque d’être mis en service cette année si nous laissons faire.

Cette prison spéciale pour étrangers aura pour fonction d’enfermer les sans-papiers avant leur expulsion en profitant de la proximité de l’aéroport d’Orly et de la gare TGV de Massy. Elle servira aussi pour les double-peine » (prison+expulsion) sortant de Fleury-Mérogis et de Fresnes en attente de leur expulsion du territoire.

Ce nouveau centre de rétention devrait remplacer celui de Choisy le Roi qui doit fermer en 2003 suite aux mobilisations, mais aussi parce que l’Etat le juge au bout du compte d’une trop faible capacité.

Il s’inscrit dans un vaste programme de rénovation et de construction de centres de rétention qui, programmé par la gauche sous couvert d’ amélioration des conditions de détention, permettront de mieux gérer les expulsions. « Le ministère de l’intérieur rappelle, également, que 30 millions de francs ont été consacrés, au cours des trois dernières années, à la réhabilitation et à la mise aux normes des centres de rétention. Les travaux « lourds » ont notamment porté sur les centres de Nice, Calais et Marseille. Le centre de rétention de Toulouse a, quant à lui, été relogé en 1999. La mise en chantier d’équipements neufs, parfois liée à la réalisation d’un nouvel hôtel de police, à Massy-Palaiseau, Bordeaux et Bobigny, devrait débuter dans les mois à venir. La construction de nouveaux centres de rétention à Plaisir, Nantes et Marseille serait en cours d’étude » (rapport Mermaz Novembre 2000).

Signalons également qu’à tout moment un simple arrêté préfectoral suffit pour transformer n’importe quel lieu en centre de rétention : cela fut le cas lors de l’évacuation des roms de Choisy où deux hôtels Campanile furent réquisitionnés pour servir de centre de rétention en vue de leur expulsion massive par charter.

Empêcher la construction d’un centre de rétention c’est aussi un moyen concret d’enrayer la machine à expulser et de renforcer la lutte des sans-papiers qui est un aspect de la lutte de tous les exploités. Après avoir fait du simple fait de respirer sur le sol français un délit, il n’est pas étonnant que les lois prévoient l’emprisonnement des squatteurs, mendiants, prostitué(e)s, fraudeurs,..

Face à la généralisation de l’univers carcéral, nous appelons à ce que s’ organisent tous ceux pour qui la liberté se construit dans la lutte.

Pour toute initiative, ou toute information, vous pouvez nous contacter au numéro et à l’adresse suivante : Collectif Anti-Expulsions d’Ile-de-France : 21 ter rue Voltaire 75011 Paris. répondeur-fax : 01.53.79.12.21 e-mail : caeparis@free.fr réunion ouverte les premiers lundis de chaque mois

Pour Palaiseau participent à la conception de cette nouvelle prison

Sgap (secrétariat général pour l’administration de la police) 24 rue Saint Louis 78000 Versailles tel : 0800800793 01 39 66 20 00

Atelier d’architecture : Emmanuel Nebout 3 rue des trésoriers de la bourse 34 000 Montpellier Tel : 04 67 60 62 16

BET structure : Aret C atelier P ;Rigaudeau et P. Cour 35 rue Gandon 75 013 Paris tel : 01 53 94 64 40 ou 01 53 94 64 45

Ingénieur URD et économiste : Jean Olives 16 bis rue Desmares 34 000 Montpellier tel : 04 67 58 25 64

Bureau contrôle : APAVE Agence IdF sud Immeuble Mazière Rue R. Cassin 91 033 Evry cedex tel : 01 60 91 86 86

Coordinateur SPS : Loghabat 149 rue J. Lolive 93 695 Pantin tel : 01 41 83 36 20

Participent à l’extension du centre de Coquelles (près de Sangatte)

Maître d’ouvrage :

DEXIA région Bail 2 place Mendes-France 59 040 Lille tel : 03 20 63 39 58

Promoteur : CIRMAD prospectives 2 rue John Adley 59 650 Villeneuve d’Ascq tel : 03 20 64 41 90

Architecte : Monsieur Larivière 48 rue Jeanne d’Arc 59 000 Lille

Bureau d’étude : Projex 30 place Salvador Allende 59 650 Villeneuve d’Ascq tel : 03 20 47 03 01

Bureau de contrôle : Socotec Parc d’affaire Eurotunnel 62 231 Coquelles

Coordonateur SPS : Cosmos 2 bd du Gal Leclerc 59 100 Roubaix tel : 03 20 99 96 78

Constructeur : Norpac 2 rue John Adley 59 650 Villeneuve d’Ascq tel : 03 20 64 40 00


Source/auteur : caeparis@free.fr
Mis en ligne le lundi 16 décembre 2002, par germinal
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