200 millions d’euros : la Sncf veut faire croire que c’est le manque à gagner dû à la « fraude », ceux qui ne payent pas leur billet. Or, en 2001, la Sncf a dressé 2,2 millions de contraventions. Soit un prix moyen du billet de « fraude » de plus de 90 euros, et principalement en Ile-de-France ; 12% de taux de fraude annoncé contre 7% en transports régionaux (Ter) et 5% en transports nationaux (Grandes lignes).
La Sncf additionne donc manifestement les carottes et les bâtons !!! Dans quel but ?
De dresser une catégorie d’usagers contre une autre
De criminaliser les sans-emplois, sans-domiciles, sans-papiers, sans-droits, qui n’ont tout simplement pas les moyens de payer. A tous ceux-là : l’exclusion des transports ? ou la prison. ; car c’est le vrai nom de la 5ème mesure de la Sncf (« condamnation inscrite au casier judiciaire »). Elle
reconnaît d’ailleurs elle-même que les contrevenants qu’elle fait envoyer en prison son à chaque fois des personnes désocialisées.
A qui profite alors le crime ?
A Dassault Automations (filiale du célèbre vendeur de canons) qui fournit l’essentiel des Cab (Contrôle automatique de billets » : les tourniquets en clair), toujours plus perfectionnés avec les produits billetiques sans contact (Navigo en Île-de-France, Transcarte en Nord-Pas-de-Calais, etc.) ;
A Thales Transact, à nouveau une filiale de groupe d’armement ;
Schlumberger, qui entretiennent ces matériels ;
Aux fournisseurs de matériels de surveillance (caméras notamment) ;
A la douzaine de sociétés privées de gardiennage qui se partagent les marchés passés par la Sncf
A Tbwa l’une des grandes parmi les agences de communication, à qui la Sncf a confié cette campagne sur la « fraude » ;
Aux afficheurs, France Rail Publicité en tête (filiale Sncf cédé récemment au géant américain
Dauphin), dont les panneaux coûtent très chers en pleines fêtes.
D’autres millions d’euros ne semblent pas non plus poser tant de problèmes
Les 40 millions d’euros de la recapitalisation du groupe Géodis, filiale à presque 50% de la Sncf, qui détient un bonne part du transport routier français (Calberson, Bourgey-Montreuil, Sernam, etc) et dont le Président annonce déjà qu’il n’a pas pour autant abandonné ses discussions avec les
investisseurs privés.
L’argent public de la Sncf pour désendetter le groupe routier avant cession aux « investisseurs privées » : on est loin des bancs, toilettes et braseros que la Sncf se dit tellement désireuse démultiplier.
(Nota : le Président de Géodis n’est autre que Pierre Blayau, le fossoyeur de Moulinex, à qui l’Etat reconnaissant a assuré une place au chaud dans le groupe Sncf. Les ouvrières au chômage du côté d’Alençon apprécieront ?)
Les 150 millions d’euros pour transformer la gare de Paris-Saint-Lazare en super galerie marchande, au principal bénéfice des spécialistes des centres commerciaux, comme cela s’est déjà fait dans les espaces banlieue de la Gare du Nord
L’absence de bancs est-elle vraiment la conséquence de cette « fraude » que la Sncf veut criminaliser ? Ou bien le moyen de s’assurer que le chaland erre devant les boutiques et ne trouve à s’asseoir qu’aux enseignes de restauration rapide ? Vendeurs de canons biberonnant l’argent public,
négriers des entreprises de « sécurité privée », géants de la distribution au travers de leurs enseignes spécialisées : voici les vrais bénéficiaires des 200 millions de la « fraude ». Nous payeront-ils quelques panneaux d’information en gare pour nous l’expliquer ?
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