ENCADRE 1 : Le "Protocole d’accord sur le retour à l’équilibre du régime d’assurance-chômage" du 20/12/2002 restreint sérieusement les conditions d’accès à l’indemnisation.
Durée de cotisation Minimum : avant, 4 mois de travail sur 12 donnaient droit à 6 mois d’indemnisation ; maintenant, 6 mois sur 22 donnent 7 mois. Maximum : avant, 14 mois au cours des 24 derniers mois : 30 mois ; maintenant, 14 mois sur les 24 derniers : 23 mois.
Indemnisations pour les plus de 50 ans revues à la baisse. Et l’indemnisation jusqu’à la retraite commence désormais à 57 ans et non plus à 55 ans.
Hausse des cotisations-retraite complémentaire pour les chômeurs, qui passent de 1,2 à 3 %, soit une baisse des allocations de 1,8 %.
Hausse des cotisations salariales et patronales. Les cotisations salariales passent de 2,1 à 2,4 % (+ 0,3 point). Les cotisations patronales passent de 3,7 à 4 % (+ 0,3 point). En fait, en pourcentage, cela signifie + 8,1 % pour le patronat et + 14,3 % pour les salariés.
Suspension du versement des allocations en cas de non-présence aux entretiens. Ce dispositif, déjà imposé dans le cadre du Pare, jugé illégal par le TGI de Paris en juillet dernier, est réintroduit ici. Applicables dès maintenant pour les nouveaux allocataires, ces dispositions concerneront l’ensemble des chômeurs à partir du 31 décembre 2003.
ENCADRE 2 : Bref aperçu de la précarité dans la presse
Pigistes La pige, régime d’exeption d’après le Code du travail, réservée à l’origine aux seuls rédacteurs, se généralise : maquettistes, secrétaires de rédaction, icono sans oublier le statut paradoxal de "pigiste permanent". En 1980, 9,6 % des détenteurs de la carte de presse étaient pigistes. En 2001, ils sont 20,14 % (pigistes+chômeurs). Pour les premières attributions de carte, ils sont 29,4 %. Ceci ne tient pas compte des nombreux pigistes qui n’obtiennent pas la carte faute de revenus suffisants.
Employés L’externalisation est un puissant moyen de recourir au travail précaire dans les grands groupes de presse : sous-traitance de certains service qui permet le recours indirect au travail précaire (intérim, etc.).
Ouvriers Pour les ouvriers du livre (presse quotidienne nationale), les "rouleurs" (qui n’ont pas de CDI) sont nombreux et leur statut est condamné à brève échéance. Quant aux plus nombreux (presse-magazine et locale), qui travaillent dans le "labeur", ils sont déjà soumis à l’exploitation "ordinaire" : salaires proches du Smic, intérim, etc.
Techniciens intermittents de l’audiovisuel La production confiée à des boîtes extérieures permet le recours massif aux intermittents (dont le régime d’indemnisation est attaqué avec la remise en cause des annexees 8 et 10), avec des salaires largement inférieurs.
TEXTE : Ce protocole d’accord accompagne le mouvement d’ensemble de précarisation de la force de travail. Il s’inscrit dans la lignée du PARE et des 35 heures. Et, avec la remise en cause des retraites et l’extension des "contrats de chantier", il nous promet une généralisation de la précarité. A ce compte-là, le statut de chômeur-précaire ne peut plus être considéré comme un moment d’exception dans la vie des salariés. C’est donc l’ensemble des actifs, précaires ou non, qui sont concernés.
En effet, même les salariés "bénéficiant" d’un CDI subissent la pression sur les salaires engendrée par la précarisation, supportent la hausse des cotisations, et sont toujours exposés à devenir eux-mêmes précaires. Sous le prétexte de sauver l’UNEDIC, on fragilise les précaires pour les forcer à travailler dans les conditions les plus favorables au patronat. La précarité profite donc au patronat et sert à accroître ses bénéfices : c’est à lui d’en supporter le coût.
APPEL : Le Collectif des emplois-jeunes (Education nationale et secteur privé) appelle à la grève générale reconductible à partir du 14 janvier. Une manifestation aura lieu ce jour-là à 14h à Paris, avec aussi le collectif Précaires à Paris. Pour faire de cette journée le point de départ d’une lutte plus large, nous appellons les salariés de la presse à rejoindre cette manifestation.
Manifestation mardi 14 janvier 2003 13h30 M° Sèvres-Babylone
Contre le protocole d’accord sur l’UNEDIC Contre la précarisation
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