Le mercredi 8 janvier 2003 à 13h30 se tient à la chambre correctionnelle du tribunal de Melun le procès de Samir Baaloudj, habitant de la cité du Bas-Moulin à Dammarie-les-lys, l’un des principaux animateurs de l’association Bouge qui Bouge et militant du MIB.
A partir du 21 janvier redémarre l’instruction de faits (outrages, diffamation...) reprochés à Samir Baaloudj, Abdelkader Berrichi, Faudil Ziani, Tarek Kawthari (BQB, MIB).
Depuis 1997, trois jeunes de Dammarie-les-lys sont décédés dans des conditions troubles lors d’interventions policières. Depuis, les jeunes du quartier s’organisent pour exiger que justice soit faite. L’association Bouge Qui Bouge mène cette lutte aux niveaux politique et judiciaire, et anime des activités de quartier telles que le soutien scolaire ou l’animation musicale.
Depuis la naissance de l’association, ses membres et ses sympathisants sont en butte au harcèlement, à l’intimidation et au dénigrement par la mairie, la police et la justice. Les procédure judiciaires en cours s’inscrivent dans cette campagne.
Le MIB, l’association Bouge Qui Bouge, l’Association Dammarie-Melun organisent le mercredi à 11h30 une conférence de presse « Non au procès politique, Justice en banlieue » au Palais de Justice de Melun (2 minutes de la gare RER Melun) ; Ils appellent à une mobilisation de soutien à Samir Baaloudj devant le Palais de Justice
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Procès politiques
Ces poursuites s’inscrivent dans une campagne de harcèlement judiciaire et policier. Les cibles en sont les jeunes les plus investis dans un travail d’auto-organisation dans les quartiers et cités populaires, ceux qui s’opposent à l’application d’une justice à deux vitesses au détriment des populations pauvres ou issues de l’immigration. Nous considérons ces procès comme des procès politiques.
Ce qui se passe depuis des années à Dammarie-les-lys et au quartier du Bas-Moulin est une illustration des politiques appliquées à ces populations par les pouvoirs publics, quelle que soit la majorité gouvernementale en place.
Insécurité
En cinq ans, de 1997 à 2002, trois jeunes habitants de Dammarie-les-lys sont décédés lors d’interventions policières : Abdelkader Bouziane, Xavier Dhem et Mohammed Berrichi, tous les trois sont issus de familles originaires de l’ex-empire colonial français.
Zones de non-droit
Dans ces trois cas de décès dans des conditions troubles, les membres des forces de l’ordre impliqués dans des interventions meurtrières ont été mis hors de cause. Simultanément, des campagnes de dénigrement, de criminalisation et de harcèlement ont été menée à l’encontre des victimes et de leurs proches. Il semble à la lumière de la façon dont s’est appliquée la justice dans ces cas comme dans des dizaines d’autres, que le meurtre de jeunes des quartiers pauvres ou issus de l’immigration ne constitue pas un délit mais un simple « effet collatéral » à l’application de l’ordre. Les populations concernées sont des populations auxquelles le droit commun ne s’applique pas.
Gestion coloniale des quartiers
De plus en plus explicitement et brutalement s’applique sur nos quartiers une administration d’exception ou la répression armée (GIR, BAC, Vigipirate...), et la justice à deux vitesses sont les moyens principaux. La dépossession des habitants de ce qui peut leur assurer une vie décente (accès à des services publics de qualité, des logements décents, des sources de revenu stables...) est le second versant, inséparable de cette politique.
La loi sur la Sécurité Quotidienne du gouvernement Jospin et la Loi sur la Sécurité Intérieure du gouvernement Sarkozy sont l’aboutissement au plan législatif de cette véritable guerre déclarée aux populations de seconde zone.
Le gouvernement déclare vouloir par ces moyens pacifier nos quartiers, nos quartiers et nos familles qui portent dans leur chair la mémoire du passé colonial savent ce que signifie le mot pacification : la mise au pas et la réduction au silence de toute expression de contestation, de combat collectif et d’auto-organisation, par tous les moyens à disposition.
Bâillonner les banlieues
Les poursuites engagées contre les membres de Bouge qui Bouge et du MIB ne sont que des représailles à leur engagement politique. De même que pour tant d’autres dans les quartiers, de même que pour d’autres militants politiques ou syndicaux (José Bové, René Riesel, Ahmed Meghini...) le combat pour les soutenir est un combat pour le droit d’expression, pour le droit à l’auto-organisation politique.
SANS JUSTICE PAS DE PAIX
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