Monsieur le Président,
M. José Bové, le porte-parole national de la Confédération paysanne, a été condamné à une peine de 14 mois d’emprisonnement, prononcée par la Cour d’Appel de Montpellier le 21/12/2001, peine rendue définitive par la Cour de Cassation le 19/11/2002. Ces peines ont été prononcées pour des actions de neutralisations d’OGM, menées par la Confédération paysanne en 1998 et 1999 dans le cadre d’une campagne contre l’introduction des OGM dans l’agriculture et l’alimentation.
Par delà la dimension strictement pénale de cette affaire, l’incarcération de M. José Bové, dont les interventions citoyennes, portées par un idéal de justice et de démocratie, ont reçu un très large écho dans l’opinion publique mondiale et notamment dans les pays du Sud, aurait une grave signification politique. Outre qu’elle altérerait l’image de la France en tant que pays des droits de l’homme et du citoyen, elle serait comprise comme une stigmatisation des causes défendues par José Bové et par ceux qui les partagent. Le peuple tunisien et l’ensemble des peuples de la région arabe sont particulièrement reconnaissants au porte-parole de la Confédération paysanne pour le soutien actif qu’il a apporté à la cause du peuple palestinien et de la paix en Palestine comme pour ses multiples prises de position en faveur d’un monde humain, pacifique et juste.
C’est la raison pour laquelle, Monsieur le Président, nous, citoyens tunisiens et membres de la société civile indépendante, avons l’honneur de solliciter la grâce de M José Bové en vertu des pouvoirs qui vous sont conférés par l’article 17 de la Constitution française.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.
Cette lettre a été signée par des personnalités tunisiennes appartenant aux organisations suivantes : LTDH, Ligue tunisienne des droits de l’homme, CNLT, Conseil national des libertés en Tunisie, UGTT, Union générale des travailleurs tunisiens, A.I., Amnesty International, PCOT, Parti communiste des ouvriers tunisiens, RAID Attac Tunisie, Rassemblement pour une alternative internationale de développement, ADPM, Association des droits de la personne au Maghreb (Canada), CPR, Congrès pour la république, PDP, Parti démocratique progressiste, FDTL, Forum démocratique pour le travail et les libertés, ATFD, Association tunisienne des femmes démocrates, CTIJ, Comité tunisien pour l’indépendance de la justice, ANAR, Amicale nationale des anciens résistants, OMCT, Organisation mondiale contre la torture.