Nous avons appris que les organisations FAEN, FERC CGT, FSU, SGEN CFDT et UNSA Education,
constatant "que le Premier ministre n’a apporté aucune réponse concrète aux revendications que
posaient les mouvements du 17 octobre et 8 décembre 2002 (…) outre la semaine d’actions des MI-SE et
AE du 13 au 17 janvier (…) ont décidé d’appeler l’ensemble des personnels à une nouvelle journée de
grève unitaire le 28 janvier" .
Une fois de plus, la Fédération des syndicats SUD Education a été tenue à l’écart des réunions
"unitaires", tout comme FO et la CNT. Cela n’est certes pas étonnant (les différents courriers que
nous avons adressés à ces fédérations depuis le mois d’octobre pour envisager une rencontre et une
riposte unitaire à la politique du gouvernement en matière d’éducation n’ont pas à ce jour donné
lieu à la moindre réponse de leur part) et en dit long sur l’absence de volonté de ces organisation
pour aboutir à de réelles mobilisations. Après la mobilisation réussie du 17 octobre elles avaient
déjà refusé d’appeler à la journée interprofessionnelle du 26 novembre, préférant se cantonner à
une action strictement éducation nationale un dimanche plutôt que de rejoindre la lutte pour
l’ensemble des services publics. Le faible succès de cette journée du 8 décembre a montré (si besoin
était) qu’une telle stratégie est vouée à l’échec.
Or des luttes réelles existent et ne demandent qu’à se développer : après les IATOSS, après les CPE,
les MI-SE luttent aujourd’hui contre la nouvelle norme des 1 600 heures annuelles que le ministère
prétend imposer à l’ensemble de l’Education nationale. Les étudiants surveillants se sont mobilisés,
souvent en grève reconductible dès novembre dans certaines académies (Nantes, Rennes, Toulouse,
Corse…) pour obtenir le maintien de leur statut et l’abandon du projet de création "d’assistants
d’éducation" (statut que certains syndicats sont prêts à négocier après l’avoir pourtant dénoncé).
Ils ont été rejoints par les aides-éducateurs qui refusent d’être jetés comme de vulgaires kleenex
après avoir fait leurs preuves. La journée du 17 décembre a pu constituer une étape dans
l’élargissement de la lutte, mais demande à être poursuivie dans un cadre intercatégoriel de grève
reconductible : c’est ce que demandent les personnels en grève et le sens des différentes actions et
grèves reconductibles votées par les AG pour la semaine du 14 au 17 janvier. Les 5 fédérations font
une fois de plus le choix de la division catégorielle en séparant les MI-SE et emplois-jeunes des
autres catégories de personnels et en programmant une journée de grève de l’éducation nationale fin
janvier qui n’offre pas de réelles perspectives d’amplification de la mobilisation par rapport au 17
octobre.
Seule la construction d’une grève reconductible de tous les personnels nous permettra de faire
reculer le gouvernement sur l’ensemble de ses projets. Cette construction a d’ores et déjà commencé.
Les collectifs des MI-SE et emplois jeunes des académies de Toulouse, Rennes, Grenoble, Corse… ont
repris la lutte et sont en grève reconductible. Le collectif emploi-jeunes, surveillants d’Ile de
France appelle à la grève reconductible à partir du 14 janvier. La fédération des syndicats SUD
Education appelle les personnels de l’éducation nationale à rejoindre ces mouvements, les amplifier
ou les construire pour :
Le retrait du projet instituant les "assistants d’éducation".
Le maintien des 5 600 postes de surveillants et le recrutement d’étudiants-surveillants en nombre
suffisant (au moins 20 000 postes au niveau national pour revenir à un taux d’encadrement équivalent
à celui des années 70).
Le maintien d’un statut national d’étudiants-surveillants dans le cadre de la fonction publique
d’état et le maintien de toutes les catégories de personnel dans ce cadre.
La titularisation sans concours et sans condition de nationalité des aides-éducateurs et des
autres personnels précaires qui le souhaitent sur des emplois statutaires de la fonction publique et
la fin des recrutements de personnels précaires. Pas un aide-éducateur au chômage en juin 2003,
aucun licenciement.
Pour un droit inaliénable à l’éducation pour tous.
Pour des création d’emplois statutaires enseignants, ouvriers, administratifs, de santé et
sociaux.
Pour une véritable RTT, sans annualisation ni flexibilité.
Pour des retraites garanties, pas des fonds de pension. Public/Privé : 37,5 annuités pour tous .
Une succession de journées dispersées, catégorie par catégorie, ne permettra, au mieux que de
négocier de légers aménagements aux "réformes" en cours. Ce n’est pas ce que veulent les personnels.
Pour la Fédération des syndicats SUD Education
Pierre Sigalas
secrétaire fédéral
Saint-Denis, le 10 janvier 2003