Par décision du 7 janvier 2003, le Tribunal d’instance de Melun a débouté,
dans l’affaire qui l’opposait à l’association Bouge qui Bouge de
Dammarie-lès-Lys, l’Office public de HLM de Seine et Marne de l’intégralité
de sa demande, ainsi qu’à payer à l’association Bouge qui Bouge la somme de
1000 euro au titre de l’art. 700 CPC et le condamne aux dépens. Il faut
rappeler que l’OPHLM tenait l’association Bouge qui Bouge responsable de
dégradations commises sur la façade de la Barre du Bas Moulin, en fait
banderoles et graffitis à l’encontre essentiellement de la police à la suite
de la mort de Xavier Dem et de Mohammed Berrichi, survenues à la fin du mois
de mai 2002. L’OPHLM reprochait également à l’association, dirigée par le
frère de Mohammed Berrichi, d’avoir monté deux tentes sur les parties
communes, le bout de pelouse devant la Barre. De manière générale, l’OPHLM
estimait que Bouge qui Bouge créait un trouble de jouissance à l’ensemble
des locaux de l’office. Le tribunal estime entre autres motifs que l’OPHLM
n’a pas apporté la preuve que les tags et banderoles sont le fait de
l’association, que les propos tenus par Abdelkader Berrichi au cours de
l’émission « 90 mn » de Canal+ révèlent certes une attitude militante mais
sont insuffisants à constituer la preuve que l’association a rédigé
elle-même les écrits incriminés, qu’il ressort du reportage de Canal + et
des articles de presse que des dégradations sont survenues à la suite de
l’intervention de la police le 24 juin 2002 et que le reportage démontre que
les locaux étaient en très bon état le 27 juin 2002 à l’exception des
dégradations consécutives à l’intervention policière, et que de ce fait la
responsabilité de Bouge qui Bouge dans les dégradations alléguées n’est pas
avérée.
Le tribunal d’instance déboute donc enfin un office public HLM, dont le
directeur n’est autre que le maire UDF d’une commune voisine de
Dammarie-lès-Lys, et qui a converti sa mission de service public en outil
supplétif à la répression politique. De manière incidente, le jugement ne
laisse aucun doute sur l’origine de la destruction partielle du local de
l’association (rappelons-le : un local à vélos exigu mis à disposition à
titre gracieux et gratuit) : ce sont bien les forces de police qui ont
investi la barre le 24, dans un déploiement faramineux de forces, qui sont à
l’origine des dégradations et contre lesquelles, en toute logique, l’Office
départemental de HLM devrait désormais porter plainte.