Comme au mois d’octobre, les cinq fédérations CGT, FAEN, FSU, SGEN CFDT, UNSA éducation ont décidé d’appeler les personnels de l’éducation et de la recherche à une grève de 24 h le 28 janvier. Comme en octobre, le texte d’appel commun se contente d’une critique du budget gouvernemental en oubliant expressément toute référence à la suppression des 5600 postes de surveillants, la disparition du
statut de MI-SE et le licenciement programmé de tous les aides éducateurs (A.E.), avec la création d’un nouveau "statut" d’assistant d’éducation (avec une rémunération moindre pour plus d’heures de travail, et qui de fait supprimera la possibilité faite à certains étudiants de financer ainsi leurs études).
Comme pour le 8 décembre, les cinq fédérations ne disent pas un mot sur les attaques menées contre les services publics (décentralisation, privatisation, casse des statuts…) occultant de ce fait toutes les perspectives d’actions et de revendications affichées lors de la journée de grève interprofessionnelle du 26 novembre. Enfin, après les déclarations de début d’année du président Chirac et de son premier ministre, rien n’est dit dans cet appel sur la réforme des retraites.
L’objectif de cette journée de grève traditionnelle semble n’être que d’obtenir encore une rallonge budgétaire… qui permettra d’embaucher plus d’assistants d’éducation… là où il faudrait combattre la mise en place de ce "statut". C’est en luttant catégorie par catégorie que les A.T.O.S., les C.P.E. et les CO-Psy ont perdu l’an passé sur l’AR.T.T. en se voyant imposer l’annualisation du temps de travail et la flexibilité, dont
ces mêmes fédérations ont préféré négocier les modalités d’application plutôt que d’aider à organiser les luttes.
Seule la construction d’une grève reconductible de tous les personnels nous permettra de faire reculer le gouvernement sur l’ensemble de ses projets.
Cette construction a d’ores et déjà commencé et s’amplifie. Les collectifs des MI-SE et emplois jeunes des académies de Toulouse, Rennes, Grenoble, Nantes, Corse… ont repris la lutte et sont en grève reconductible, rejoints par de
nouveaux collectifs dans d’autres académies.
Le collectif emploi-jeunes, surveillants d’Ile de France travaille à étendre son mouvement, et les personnels vie scolaire sont en grève reconductible dans un nombre croissant d’établissements en région parisienne, rejoints localement par les autres personnels. Tous ces collectifs ont décidé de s’emparer de la journée du 28 janvier (par exemple en prenant la tête des manifs) pour y porter leurs revendications et y rallier l’ensemble des personnels de l’éducation nationale, et dépasser ainsi les tentatives d’étouffement de la grève.
L’enjeu est clairement aujourd’hui que la grève reconductible s’étende. Pour cela la fédération des syndicats SUD Education appelle tous les personnels de l’éducation nationale à rejoindre les
surveillants et aides éducateurs dans la grève, à être à leur côté le 28 janvier dans les manifestations et à construire avec eux un mouvement plus large de grève reconductible pour :
Le retrait du projet instituant les "assistants d’éducation".
Le maintien des 5 600 postes de surveillants et le recrutement d’étudiants-surveillants en nombre
suffisant (au moins 20 000 postes au niveau national pour revenir à un taux d’encadrement équivalent
à celui des années 70).
Le maintien d’un statut national d’étudiants-surveillants dans le cadre de la fonction publique
d’état et le maintien de toutes les catégories de personnel dans ce cadre.
La titularisation sans concours et sans condition de nationalité des aides-éducateurs et des
autres personnels précaires qui le souhaitent sur des emplois statutaires de la fonction publique et
la fin des recrutements de personnels précaires. Pas un aide-éducateur au chômage en juin 2003,
aucun licenciement.
Pour un droit inaliénable à l’éducation pour tous.
Pour des création d’emplois statutaires enseignants, ouvriers, administratifs, de santé et
sociaux, vie scolaire...
Pour une véritable ARTT, sans annualisation ni flexibilité.
Pour autant, la fédération des syndicats SUD Education ne se joint pas à l’appel des 5 fédérations à une grève d’une journée. Nous n’avons pas la même conception du syndicalisme : à une unité de
façade, unité de directions syndicales qui ne vise qu’à organiser des mobilisations dûment contrôlées et limitées pour ensuite aller négocier au ministère l’application des "réformes" - réformes pourtant dénoncées par nombre de leurs adhérents - , nous opposons l’unité des personnels dans la lutte contre ces "réformes", lutte de tous les personnels, syndiqués (quelle que soit leur appartenance syndicale) ou non syndiqués. Nous nous adressons une nouvelle fois à l’ensemble des organisations syndicales pour qu’elles répondent, ensemble, aux attentes des personnels en lutte.
Jusqu’à présent, seuls FO et la CNT ont répondu favorablement.
Saint-Denis, le 23 janvier 2003
Pour la fédération
Pierre Sigalas
secrétaire fédéral
contact : 06 76 96 67 63