Pour la deuxième fois en moins d’un mois, une personne sans papiers est assassinée par l’Etat au cours de son expulsion. Après un sans-papier argentin, Ricardo Barrientos, mort le 30 décembre à Roissy, c’est au tour d’un sans papiers somalien de subir jusqu’à la mort la violence de l’Etat, encore une fois à Roissy.
L’Etat et la police de l’air et des frontières, aux méthodes musclées, violentes et humiliantes (usage de coussin et de baillon pour étouffer les cris de leurs prisonniers lors de l’expulsion, méthodes de contention impliquant le fait de "plier en deux " un passager pour l’empêcher de s’exprimer), ont une nouvelle fois les mains couverte du sang de sans papiers.
Quelles que soient les raisons médicales de la mort de ces sans papiers, l’État en porte seul la responsabilité. S’il n’avait tenté de les expulser, ceux-ci seraient toujours en vie aujourd’hui. Et il est permis de se demander ce qu’il se passe aujourd’hui à Roissy pour que l’on assiste à deux morts aussi rapprochées. Nous n’acceptons ni la thèse d’un accident qui ne saurait être exposée eut égard de la violence des expulsions, ni celle de la "bavure". Mettre fin à la vie d’un individu, ce n’est pas une bavure, c’est au mieux un homicide involontaire, au pire un assassinat.
Nous constatons depuis plusieurs mois la multiplication des actes de violences des forces de l’ordre, dans un climat de paranoïa sécuritaire et d’impunité policière. Deux autres sans papiers sont également morts à Calais en décembre, L’un est mort écrasé par une voiture alors qu’il fuyait des forces de polices qui mènent une campagne de terreur dans la région de Calais.
Nous constatons également l’offensive de Nicolas Sarkozy contre les sans papiers (calaisis, expulsions de camps de roms, arrestations de sans papiers sur des manifestations à Lille, traquenards policiers pour les sans papiers candidats aux mariages...).
Pour nous ces morts sont le résultat de la politique raciste de l’Etat et d’un horizon sécuritaire et répressif qui voit se multiplier les violences, pour flatter le sentiment réactionnaire d’une partie de la population. Cet assassinat n’est que la part visible d’un système barbare de gestion de l’immigration, qui, des centres de rétention, au pays d’arrivée réserve la prison, la violence ou la mort aux hommes et femmes qui en sont victimes (Guerres, assassinat politique, menaces, emprisonnement dans les pays d’origines, condition indignes et humilante de rétention, tabassage, voir meurtre ici).
Nous n’oublierons pas, et nous appelons les individu-e-s auquel-le-s il reste une conscience à exprimer leur révolte contre ce qui se fait en leur nom, contre ce crime qui veut que parce qu’une personne n’est pas en possession d’un bout de papier, on peut l’assasiner dans l’apathie générale. Les frontières des Etats et des patrons,tracées avec le sang des populations, ne sont pas les nôtres...
Aucun être humain n’est illégal !
Liberté de circulation et d’installation !
Abrogation des lois xénophobes, racistes et sécuritaires (Pasqua Debré Chevènement, LSQ, loi Perben, LSI) !
25 janvier : manifestation contre la répression, les expulsions, les centres de rétention.
A Coquelles (c’est le ce centre de rétention de l’agglomération de Calais et du tunnel sous la Manche). 15h00 place de Coquelles.
A l’appel de : FA (Boulogne- Lille), la Mouette enragée (Boulogne), CNT (Calais, Boulogne, Lille), Collectif anti-sécuritaire (Lille : APU-Moulins, Comité des Sans Papiers 59, FA, MRAP-Lille, Sud Education-Lille, LCR-Lille, Ras l’Front-Lille...)
Transmis par la Fédération Anarchiste
Secrétariat aux relations extérieures :
145, rue Amelot
75011 Paris
Notre mail