Dans les articles de la presse relatant le gazage aux lacrymogènes et le
tabassage dont nous avons fait l’objet le jeudi 23 janvier dernier après la
dislocation de notre manifestation à Air France où nous avons été reçu en
délégation par son directeur Général, on peut lire les propos suivants : "
La préfecture du Nord a indiqué que l’intervention de la BAC s’inscrivait
dans une opération de " contrôle judicaire sur réquisition du procureur de
la République. Des contrôles d’identité ont été effectués et deux personnes
en situation irrégulières ont été interpellées. Les manifestants, qui
étaient selon la police entre 40 et 50, se sont alors avancés vers les
agents de la BAC et ont tenté de les soustraire... " (Nord Eclair du 25
janvier 2003).
Le CSP59 déclare que ces allégations sont inexactes et sont une injure à la
réalité. Les faits : - Retour à Place de la République, puis dislocation.
Une voiture de la BAC démarre quittant en trombe la police en tenue rangée
comme à l’accoutumée de l’autre coté de la rue face à la Préfecture de
Région. Le Coordinateur du CSP59, voyant le manège de la BAC, demande aux
Sans Papiers de repartir par petits groupes et d’être vigilants. En effet,
le mardi lors de la manifestation unitaire contre les lois sécuritaires de
Sarkozy et le mercredi d’avant, nos manifestations avaient déjà fait l’objet
de provocations de la BAC et 4 arrestations avaient été opérées dont 3
avaient été libérés suite à l’interpellation de la préfecture. Il ne reste
que 15 à 20 Sans Papiers et Soutiens sur la place. C’est alors que Rue
Gauthier de Chatillon (et non Godeffroy, comme nous l’avons écrit
précédemment), une voiture de la BAC arrive à vive allure et freine
brutalement et un policier de la BAC sort en courant. Un Sans Papiers
débouté pris de peur fuit. Il est rattrapé par le policier qui le plaque au
sol et le roue de coups. La vingtaine de Sans Papiers dont le Coordinateur
du CSP59 arrive sur place en criant " libérez Sans Papiers ".
D’autres
voitures de la BAC arrivent aussi. La BAC est muni de pistolet " flash ball
", de matraques et de gaz lacrymogène. La rue est totalement bloquée par les
policiers. Le Coordinateur du CSP59 devant et les Sans Papiers et soutiens
derrière lui approchent en chantant le slogan " libérez Sans Papiers ".
L’attaque policière est automatique et brutale. C’est la chasse à l’homme à
coups de gaz lacrymogène, de matraques et le pistolet " flash ball " tendu
sans tirer. C’est la panique, les gens fuient dans tous les sens poursuivis
par les policiers de la BAC. Le Coordinateur du CSP59 et quelques Sans
Papiers et soutiens restent sur place et protestent devant la brutalité
policière et le procédé pour le moins inacceptable. Ils sont gazés et
notamment le Coordinateur du CSP59 qui est délibérément aspergé à plusieurs
reprises jusqu’à ce qu’arrive sur place la police en tenue dont un des
officiers demande l’arrêt du gazage. Des Sans Papiers qui couraient vers Bd
de la Liberté sont pris en chasse par la BAC. L’un est arrêté, tabassé et
embarqué dans une voiture de laquelle les policiers le laisse échapper en
laissant dans la voiture la Derbouka (tambour). Les trois Sans Papiers
arrêtés sont relâchés les uns après les autres vers au plus tard 23h. Voilà
les faits incontestables.
Le CSP59 est donc étonné des propos de la préfecture. Autant, nous pouvons à
la rigueur entendre que " la peur de policiers " devant une vingtaine de
Sans papiers et soutiens courant vers le lieu du forfait de la BAC puisse
expliquer la réaction des policiers dans un premier temps, autant
l’histoire, les principes du mouvement social et citoyen du CSP59 sont un
démenti total aux allégations selon lesquelles " les manifestants ont tenté
de soustraire " les Sans Papiers arrêtés. En effet, il faut rappeler que
lorsque Soumaré (qui a aujourd’hui une carte de 10 ans) a été contrôlé et
arrêté parce qu’il " avait traversé la rue en dehors du passage clouté ",
nous étions plus de 200 manifestants derrière les deux policiers qui l’ont
amené à pied jusqu’au poste de la police de Wazemmes. Nous scandions le
slogan " relâchez Sans Papiers ". Mais jamais il n’est venu à l’esprit de
personne de s’opposer par force au forfait des policiers. Agir de la sorte,
c’est franchement ne pas servir la cause des Sans Papiers. En outre, ces
policiers de la BAC sont censés être formés pour des " coups durs " et donc
être formés à " une certaine maîtrise de soi ". Ces seuls facteurs montrent
bien que les propos de la préfecture sont pour le moins légers.
Le CSP59 réitère sa demande d’audience à M. le Préfet, M. Richez.
Nous
demandons que cesse les interférences entre nos manifestations et les
procédés de contrôle d’identité " clandestin " en fin de manifestation. Nous
demandons la restitution de la Derbouka acheté grâce à une cotisation des
Sans Papiers dont tout le monde connaît la pauvreté.
Le bureau du CSP59
RASSEMBLEMENT TOUS LES MERCREDI 18H PLACE DE LA REPUBLIQUE
SOLIDAIRE DE LA RETRAITE, LES SANS PAPIERS PARTICIPERNONT A LA MANIFESTATION
SUR LA RETRAITE SAMEDI 1ER FEVRIER A LILLE
SAMEDI 8 FEVRIER :
LE CSP59 AFFRETE UN BUS POUR PARTICIPER A LA
MANIFESTATION A PARIS ( 14H PLACE DE LA REPUBLIQUE - PARIS)
ET UNE MANIFESTATION AURA LIEU A LILLE A 15H PLACE DE LA REPUBLIQUE.
Comité des Sans Papiers 59 - sans local
tel : 06.80.57.50.61
fax : 03.20.56.13.37