Ce dimanche 9 février, nous étions une cinquantaine à nous rendre à Roissy pour sensibiliser le personnel et les voyageurs, notamment des vols susceptibles d’ « accueillir » des expulsés, et leur demander d’exprimer leur solidarité vis à vis des sans-papiers en refusant de s’asseoir dans l’ avion tant que les expulsés ne sont pas redescendus. Après avoir diffusé ces informations auprès des passagers de plusieurs comptoirs d’embarquement, nous avons manifesté avec chants et slogans durant 1 heure dans les aérogares derrière des banderoles « non aux expulsions », « stop déportation ». Des autocollants dénonçant la responsabilité d’Air France dans les deux derniers cas de décès durant une expulsion ont été collés et le tract ci-dessous largement diffusé.
Dès la sortie du RER, des hommes en bleu étaient ostensiblement présents, nous suivant au gré d nos allées et venues mais ils n’ont tenté aucune intervention agressive. Leur logique est toujours aussi imprévisible. Des salariés n’étaient pas au courant des deux décès récents et se sont montré intéressés, d’autres nous ont donné des informations mais discrètement. P.S : aujourd’hui nous étions 50 mais ce travail d’information et de mobilisation des passagers peut se faire plus discrètement à quelques-uns, à chaque fois c’est un grain de sable qui participé à l’enrayement de la machine à expulser tout en changeant réellement la vie de ceux qui peuvent redescendre de l’avion.
Tract diffusé :
Avec Air France, vous montez au ciel plus vite que prévu.
En quinze jours, deux sans-papiers ont été tués à Roissy par les agents de la Police aux frontières (PAF). Ricardo Barrientos, un Argentin de 52 ans et Mariam Getu Hagos un Somalien de 24 ans sont morts pendant leur expulsion. Ils sont morts tous les deux dans l’avion après que les policiers les ont maintenu pliés en deux en appuyant sur les omoplates pour les empêcher de crier et d’alerter les passagers. Le ministre de l’Intérieur Monsieur Sarkosi a qualifié ces décès de « dérapages » de la part des fonctionnaires de police.
Régulièrement en Europe, des hommes et des femmes sont tués lors de leur expulsion. La fréquence même des violences policières (dans la rue, les commissariats, les centres de rétention, les aéroports, etc.) confirment qu’ elles ne sont pas accidentelles mais qu’elles sont bien le résultat de la politique de précarisation et d’exploitation des étrangers pauvres menée par la droite et par la gauche.
Ces deux sans-papiers sont morts dans des avions appartenant à la compagnie Air France qui depuis plusieurs années collabore et participe activement à la politique d’expulsion des étrangers. Quelques syndicats de l’aviation ont dénoncé ces pratiques et les violences qu’elles entraînent.
Nous appelons à nous mobiliser co,ncrètement contre toutes les expulsions.
Collectif Anti Expulsions d’Ile de France, 21 ter rue Voltaire 75011
Paris tel/fax : 01 53 79 12 21
e-mail : caeparis@free.fr