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[don't hate the media... become the media]   03/12/08 - 01:01
[dépêches]
Monde(s)

Le Capitalisme, c’est la guerre !

La construction de l’ennemi

Depuis le 11 septembre 2001, les États Unis sont garants du bien, de la civilisation et de la démocratie. Ils ne masquent plus leur volonté de puissance et de domination et, sous prétexte de croisade, imposent au monde une recomposition de l’ordre capitaliste mondial. Celles-ci passent d’abord par la construction de l’ennemi qui met en péril les intérêts américains, fait récurrent dans l’histoire des États Unis.
Après avoir combattu le bloc communiste et orchestré la chasse aux sorcières, l’Amérique a construit un nouvel adversaire : l’Islam en les personnes de Saddam Hussein ou de Ben Laden. Ces figures de dictateurs richissimes et sanguinaires, surfant sur une vague de pétrole, ont été érigées en incarnations de Satan. Ils fonctionnent comme de parfaits repoussoirs et font oublier que les États Unis eux-mêmes se comportent comme une dictature économique qui détient le plus important complexe militaro-industriel de la planète et qui n’a jamais hésité à faire commerce d’armes pour financer les plus féroces dictatures dans le monde entier, "pour le bien de la civilisation et de la démocratie", bien entendu.
Aujourd’hui, le méchant, c’est Saddam Hussein que l’on représente sous les traits d’un monstre qui ne fait aucune concession et qui met en péril la pseudo démocratie américaine. Ainsi, le personnage est diabolisé et l’on noircit la plus banale de ses actions. La figure de Saddam fonctionne telle une marionnette, un épouvantail coupable de menacer les intérêts américains et, par là même, la liberté du monde occidental. De cette manière, les délires protectionnistes et sécuritaires les plus archaïques s’avèrent justifiés et l’Amérique peut sombrer dans la paranoïa et dans la peur...

La représentation médiatique

Les images de deux tours qui s’effondrent, de Ben Laden dans sa caverne, du prétendu arsenal irakien défilent et Colin Powell brandit, au siège des Nations Unies, une fiole contenant -soi-disant- de l’Anthrax. Le geste se veut symbolique et résume bien la psychose ambiante relayée par les médias et plus particulièrement par la télévision, avide de spectaculaire. En usant de grosses ficelles, les médias occidentaux manipulent l’opinion publique et représente la guerre comme une issue plus que nécessaire : incontournable. La médiatisation, voire la sur médiatisation, prend une part capitale dans la préparation et dans la présentation du conflit. On entend, à toutes occasions, s’élever la voix des États Unis réclamer la guerre et faire pression sur les puissances qui lui sont "alliées", même s’il est vrai que le jeu de manipulation se craquelle quelque peu aujourd’hui tant les arguments des va-t-en guerre sont grossiers.

Tous unis derrière Chirac ?!

Ainsi, en France, le front contre la guerre s’élargit chaque jour davantage jusqu’à Chirac qui nous refait le coup du 21 avril 2002.
Après Chirac premier antifasciste de France, élu à 82 % comme dans n’importe quelle dictature, le voilà premier pacifiste anti-guerre pendant que ses amis Dassault, Lagardère et compagnie continuent de vendre les armes qui feront demain exploser la planète. (France : quatrième "exportatrice" d’armes dans le monde). La gauche, elle (ex-gauche plurielle PS, PC, Verts), se souvient qu’il y avait jadis quelques idées progressistes qui la traversaient.
Pro-guerre quand elle est au pouvoir, anti-guerre quand elle est dans l’opposition... Cela nous donne une idée de l’opportunisme de cette gauche admirable qui n’aspire qu’à retrouver le goût du caviar qu’elle a perdu. Par contre, en ce qui concerne la gestion quotidienne de la France, tout ce petit monde s’accorde sur la priorité numéro un : la sécurité.

La guerre permanente

Cette recomposition internationale et géopolitique ne doit pas nous faire oublier les transformations qui s’opèrent dans chacune des Nations occidentales y compris en France. la guerre contre le terrorisme implique que toute personne, groupe, mouvement ou classe sociale qui tente de contenter l’ordre établi, qui inscrit son combat politique hors du cadre fixé par le système (élections, lobbying) est rangé dans le camp ennemi.
La guerre contre le terrorisme est parfaite parce qu’extensible à souhait. Elle inclut tous les pôles de résistances aux politiques des démocraties occidentales, que ce soit dans les pays dominés ou en leur sein. La commission européenne a d’ailleurs redéfini le concept d’infraction terroriste le 20 septembre 2001 : est terroriste "tout acte qui vise à menacer, à porter gravement atteinte ou à détruire les structures politiques, économiques ou sociales d’un pays." Selon cette définition, les luttes de libération nationales, les mouvements d’émancipation, les formes d’action directe, les grèves, les sans-papiers... sont terroristes.
Puisque les ennemis sont partout et que le terrorisme guette, le renfoncement de l’arsenal répressif et judiciaire et la militarisation de la société sont nécessaires...
Enfin, n’oublions pas la toile de fond économique qui sous sa forme capitaliste ultra-libérale, a tout simplement déclaré la guerre aux pauvres et aux insoumis. Depuis les années quatre-vingts, la contre révolution réactionnaire prend sa revanche en supprimant les uns après les autres les acquis sociaux acquis de haute lutte par le mouvement ouvrier au cours de l’histoire.
Plus que jamais, le Medef déréglemente, les dirigeants d’entreprise veulent modeler ouvriers et employés à leur image et imposent leur modèle de rapport sociaux : "le travailleur docile", heureux de contribuer au développement de "son" entreprise jusqu’à la prochaine restructuration. Pendant ce temps-là, les chômeurs, comme les feuilles mortes, se ramassent à la pelle et la précarisation des conditions de travail masque mal la condamnation sans appel des individus qui restent sur le carreau A l’affirmation : "on ne peut tout de même pas engraisser les inutiles, les déclassés et autres fonctionnaires", le temps est revenu de rétorquer "nous n’allons tout de même pas laisser nous voler notre temps pour un salaire de misère et surtout leur laisser encaisser les dividendes avec le sourire."
Votre conception des rapports sociaux, basée sur l’exploitation, la domination, le sexisme et le vol est ce que nous combattons et nous ne nous trompons pas d’ennemi !

Ainsi que signifie aujourd’hui dire non à la guerre ? Est-ce dire oui à Chirac ?
Est-ce dire oui à Jospin et consorts ?
Pour nous, Scalp-Reflex Paris, du réseau No Pasaran, dire non à la guerre signifie dire non au capitalisme et à ses impérialismes et, oui à toutes les formes de luttes contre ce système qui tue en temps de guerre comme en temps de paix. Alors Ya Basta ! Le capitalisme ne se détruira pas tout seul, aidons-le !

SCALP-Reflex
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Source/auteur : SCALP-Reflex
Mis en ligne le jeudi 13 février 2003, par Ludo
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