Mardi 11 février 2003, vers 08h45, une nouvelle tentative d’évasion a lieu à la Maison Centrale de Moulins, une prison de très haute sécurité, un véritable "bunker", selon "Le Figaro". Trois détenus y participent, dont un membre d’Action Directe, Régis Schleicher. Tous trois sont des longues peines. Ils ont préféré risquer leur vie (nul doute qu’ils ont en mémoire les deux morts d’Arles de décembre dernier), plutôt que d’accepter la mort lente à laquelle ils ont été condamnés.
Régis Schleicher attend depuis des mois une libération conditionnelle qui lui est refusée : militant communiste révolutionnaire, il y a plus de 19 ans, il reste fidèle à son idéal et refuse toute idée de repentir. Ce refus, la justice française le lui fait payer au prix le plus fort.
La tentative de ces trois "longues peines" a échoué. Les surveillants ont été félicités. Les surveillants et leurs syndicats en profitent pour mettre en avant leurs éternelles revendications corporatistes et bassement matérialistes : plus d’effectifs, plus de moyens. Pendant ce temps le Garde des Sceaux, Dominique Perben, continue de préparer un projet de loi encourageant et récompensant la délation et la dénonciation entre prévenus : le problème des "longues peines" n’intéresse personne et n’a aucun impact au niveau électoral.
Ce désintérêt , véritable choix politique, est inacceptable.
Aujourd’hui, il y a dans les prisons françaises 113 prisonnier-e-s politiques Basques, dont 15 "longues peines". Parmi eux, certains, une fois leur peine achevée en France, seront extradés ou expulsés en Espagne où ils connaîtront le même traitement. Nous pouvons logiquement craindre que même pour ceux ayant la nationalité française, le même sort leur soit réservé, compte tenu de l’esprit des nouvelles lois européennes.
Le Comité de Solidarité avec Euskal Herria de Paris rappelle son engagement le plus total avec l’ensemble des prisonnier-e-s politiques Basques et avec les "longues peines" basques en particulier. Mais au delà, et pour l’ensemble des prisonnier-e-s concerné-e-s, il ne peut accepter que le problème des "longues peines" continue d’être ignoré ou étouffé. Au risque de déranger la quiétude sociale, il y a là un problème majeur que nous devons affronter et résoudre.
Comité de Solidarité avec Euskal Herria de Paris Paris, 12 février 2003