Devant la gravité des déclarations qui seront prises dans les jours à venir
en réponse à la menace pour la paix que représenterait le gouvernement du
Président Saddam Hussein s’il détient des armes de destruction massive, nous avons décidé de prendre une semaine de jeûne à l’eau du 16 au 22
février 2003 à New York
à proximité du Palais des Nations Unies.
Certains d’entre nous sont prêts à prolonger ce jeûne de plusieurs jours s’ils estiment que leur geste peut aider à créer un climat d’écoute mutuelle.
Nous appelons tous ceux qui croient que le jeûne est l’ultime recours qui
nous reste pour manifester notre responsabilité, à jeûner là où ils sont, en
lien avec nous et, plus encore, à venir à New York City prolonger cette
vigile » et cette interpellation vivante.
Par ce geste, nous voulons, dans la tradition gandhienne :
encourager chacun à prendre la distance suffisante par rapport à la
situation pour être fidèle à la profondeur de sa propre humanité, laissant
de coté les intérêts et les passions, résistant aux pressions et mesurant
les diverses conséquences d’une intervention armée
soutenir tous ceux qui, dans le monde, cherchent d’autres voies que la
guerre
inviter respectueusement le Gouvernement Irakien à se conformer pleinement à
la résolution de l’ONU pour écarter toute suspicion, malgré l’humiliation
que représente pour cette nation une telle enquête.
La guerre reste le plus néfaste moyen de résoudre les conflits. L’histoire
montre qu’elle engendre humiliation, destruction, souffrances et morts qui
gangrènent les victoires, provoquant ressentiment et esprit de vengeance qui
alors alimentent d’autres terrorismes.
Nous invitons tous les membres des nations occidentales à reconnaître que ce
sont nos propres pays qui ont élaboré, mis au point et parfois disséminé,
les armes de destruction massive qui portent d’abord atteinte aux
populations civiles. Le fait de continuer à les perfectionner et d’en
entreposer reste une menace pour l’humanité toute entière. Nous voulons que
personne ne provoque à nouveau une destruction massive de civils comme à
Hiroshima et à Nagasaki. Enfin nous ne devons pas oublier que les nations
occidentales n’ont pas toutes donné leur accord pour qu’un contrôle
identique puisse se réaliser sur leur propre sol.
Sans preuves convaincantes d’intentions agressives de l’Irak, toute
politique de force à son encontre sera ressentie par une grande partie des
nations comme une démonstration de puissance, une recherche d’intérêts et un
déni des droits et valeurs qu’elle prétend défendre. Ceci ne peut qu’
aggraver le fossé entre les cultures et porter atteinte à la vraie grandeur
du peuple américain qu’il a montré dans le siècle passé en s’engageant pour
défendre la liberté et la justice.
Puisse la parole chère à l’ONU « De leurs armes ils forgeront des charrues »
ne pas être vaine !
Venant de différents pays d’Europe, nous savons par nos guerres et nos
histoires coloniales que nous n’avons des leçons à donner à personne, mais
nous voulons oeuvrer pour une autre histoire. Nous serons là auprès de vous
comme une veilleuse pour rappeler que ce monde attend une parole de paix.
Jean Baptiste Libouban, Responsable de la communauté gandhienne de l’Arche,
France
Alain Richard, franciscain, France
Mario Gonzales, responsable de l’Arche, Espagne
Antonino Drago, professeur à l’Université de Naples, Italie
Ali Reid, Quaker, Grande Bretagne
Théo Dollgast, Arche, France
Kate de la Mare, Quaker, Grande Bretagne
Arche de Lanza del Vasto, 34650 Joncels (France)