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[don't hate the media... become the media]   16/05/08 - 18:35
[dépêches]
FRANCE PRISONS - RÉPRESSION

Lutte des chômeurs : appel au procès du 6 mars

Dernier chapitre, ou avant-dernier, des suites de la mort de notre amie Isabelle Ferron, rappelez-vous, le 28 mai 98, à l’école Rabelais, mettant fin au Mouvement des Chômeurs au Mans, par une triple bavure ( policière, juridique, syndicale ) jusqu’à ce jour encore bien enfouie et bien étouffée : Le 6 mars prochain, en appel à Angers, se tiendra le procès d’Houdayer pour non assistance à personne en danger.
Pour faire un tout petit peu face à un tel monstre si bien protégé par ses petits copains keufs ou magistrats, un peu moins défendu maintenant par ses "camarades" syndiqués, nous avons grand besoin de soutien. Venez avec nous porter le tee-shirt à l’effigie d’Isabelle pendant l’audience ( nous en avons un grand stock et c’est gratos ). Ainsi nous signifierons à l’intéressé et ses petits protecteurs, à la presse et à tous ses lecteurs, à la famille d’Isabelle ainsi qu’à tous les militants, aux rebelles, aux lucides et aux non-blasés, que cette histoire n’est pas éteinte pour tous, qu’il existe encore des êtres humains qui veulent rompre le silence et briser le tabou ; qu’il existe encore des vivants qui n’acceptent pas qu’on puisse encore aujourd’hui, dans notre sacro-sainte "démocratie", mourir pour ses idées. Celles d’une petite chômeuse qui ne sera pas là le 6 mars pour les défendre ... c’est vrai que ça aurait fait trop de bruit...Venons à sa place et pour elle le 6 mars, et essayons d’être nombreux.
Les Amis d’Isarebelle.
PS : Jeudi 6 mars 2003, 14 heures, Cours d’appel de la chambre correctionnelle du Palais de justice d’Angers, rejoignez les porteurs de tee-shirts

PS : Un texte sur le rôle de la police dans cette affaire

DU ROLE DE LA POLICE DANS LE MOUVEMENT DES CHOMEURS EN 98 AU MANS
Discrédit des chômeurs et précaires non inféodés à l’autorité du plus fidèle des serviteurs de la police mancelle : l’auto-proclamé président d’AC !72, Alain Houdayer.
Ces accusations font des ravages car elles sont en partie fondées sur des informations que seule la police détient. Untel est accusé d’être un trafiquant de drogue, il se trouve en effet avoir eu une condamnation judiciaire. Un autre est constamment traité de scientologue, il avait en effet, avant le mouvement, entretenu des liens avec certain d’entre eux. Telle autre est qualifiée de prostituée, elle s’était en effet exceptionnellement adonnée à cette activité dans une autre ville, lors de lourdes difficultés financières, avant d’avoir 25 ans pour toucher le RMI. Le Mouvement organise de plus en plus d’actions et d’occupations qui se terminent par des interventions policières. Durant celles-ci, les militants rejetant l’autoritarisme d’Alain Houdayer, les Indépendants, sont menacés par les responsables de la police du Mans ; en particulier Isabelle, par J.C Déposé. Elle est par ailleurs systématiquement éjectée des lieux d’occupation avec une très grande violence par les mêmes policiers l’ayant "encadrée" la nuit de sa mort.
L’occupation de l’étude d’un huissier donne lieu à des inculpations et à des condamnations judiciaires. Tous les Indépendants payeront par de lourdes peines. Par contre, lors de son audience d’appel, deux fonctionnaires des RG viendront au secours d’Alain Houdayer, témoigner à la barre en sa faveur, lui évitant, entre autre, toute inscription à son casier judiciaire. Rappelons simplement que tous les témoins non convoqués l’ont pourtant bien vu, lui, tout saccager et en venir même aux mains avec l’huissier Draunet, histoire de mieux discréditer l’action et envoyer les Indépendants au casse-pipe.
Lorsque le Mouvement gagne un local, nécessaire pour que chômeurs et précaires puissent se rencontrer, débattre, s’organiser, Houdayer exclut du local tout militant n’appartenant pas à son organisation propre. Il monte ainsi à la mairie magouiller pour en interdire l’accès, tant aux membres de l’APEIS, qu’il parvient à faire dissoudre, qu’aux Indépendants, se réservant ainsi le monopole exclusif du local, et prétextant qu’il avait personnellement signé un bail avec le maire.
C’est lors de l’occupation pour contester cette exclusion, qu’Isabelle trouve la mort.
Au procès, Alain Houdayer dira qu’après avoir été prévenu au téléphone de cette occupation, par Isabelle elle -même, il appelle les RG pour leur demander ce qu’il devait faire. Etant donnée l’heure tardive, il n’arrivera pas à les joindre. C’est alors qu’il demandera à la police de sécurité publique d’intervenir contre ces chômeurs indépendants.
Un groupe constituant le bureau d’AC ! (quatre chômeurs n’ayant jamais participé à aucun mouvement collectif), sous le commandement d’Alain Houdayer, se sépare en deux groupes pour prendre en sandwich les Indépendants, leur interdisant de fuir et les en empêchant physiquement, avant l’intervention policière. Yannick Marie, chômeur non indemnisé de moins de 25 ans, et Michel Launay, CES précaire, tous deux obéissant aveuglément à Houdayer, bloquent Isabelle qui tombe à terre victime d’un malaise. La police intervient simultanément. Aussitôt, elle réprime systématiquement et un à un tous les amis d’Isabelle (les Indépendants qui accourent à son secours), laissant libres seulement Houdayer et ses sbires. Ainsi le policier JC Déposé forcera un des Indépendants possédant son brevet de secouriste à interrompre le bouche à bouche pourtant indispensable dans ces cas là, matraque apparente. Un autre ami d’Isabelle possédant ce même brevet et se précipitant vers elle se retrouve plié en deux sous la douleur du coup de matraque qu’il vient de recevoir du policier Déposé, et brutalement menotté. Pendant ce temps, Isabelle gît toujours à terre, entourée de policiers, sans le moindre soin.
Ce n’est que beaucoup plus tard qu’un jeune policier stagiaire prendra l’initiative d’appeler les secours. Sa déposition disparaîtra du dossier, ainsi que toute mention exacte de son nom. D’après la police du Mans, il serait même impossible de l’identifier pour l’entendre pendant l’enquête. Les pompiers n’ayant pu réanimer Isabelle, son corps sera autopsié par deu x médecins légistes, en présence d’un officier de police judiciaire. Un de ces médecins légistes est radié environ deux mois plus tard par l’ordre des médecins, sans que celui-ci ne veuille en expliquer la cause. On peut supposer que ce médecin habitué des policiers manceaux proche de la sanction devait être en position de ne rien pouvoir leur refuser.
Ils sabotent l’autopsie en détruisant systématiquement tous les organes permettant d’établir les causes du décès. Le cour et les poumons d’Isabelle disparaissent (ils sont aujourd’hui encore mystérieusement introuvable) ; les prélèvements moins importants sont placés dans du formol concentré avant d’être congelés, détruisant définitivement toute possibilité d’examen. Leur rapport conclura à la strangulation et à l’étouffement d’Isabelle, entraînant la condamnation de Marie et de Launay à 5 et 10 ans de prison. Précisons par ailleurs que des très nombreux témoins présents au moment des faits, aucun n’a eu le droit de participer aux reconstitutions, tous ont été évincés des premiers procès.
Il faudra la réouverture de l’affaire avec la possibilité d’appel d’assises pour que d’autres médecins puissent s’apercevoir que d’après les éléments du dossier restant, essentiellement des photos du corps, Isabelle n’est en aucun cas morte de la façon dont on a tout d’abord voulu l’établir. La police qui est restée seule avec Isabelle, en particulier les supérieurs Ribaud et Déposé, et qui la connaissaient bien au travers de la lutte, ont vraisemblablement pensé qu’ils allaient être accusés de son décès et ont obtenu un rapport d’autopsie accusateur contre Launay et Marie.


Source/auteur : eric
Mis en ligne le dimanche 23 février 2003, par germinal
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