Le centre de Sangatte a beau être détruit, les flux migratoires ont beau être moins importants dans le Calaisis, on meurt encore en tentant de rejoindre l’Angleterre...
Hier matin (lundi 24 décembre), vers 4 heures, au terminal ferry du port de Calais, dans une zone théoriquement interdite aux piétons, un jeune Irakien de 18 ans a tenté de grimper à bord d’un poids-lourd immatriculé en Allemagne, qui était en train de manoeuvrer. Le jeune homme a lâché prise, est tombé à terre alors que le camion effectuait une marche arrière. La tête de la victime a été écrasée par une des roues du véhicule.
Sur l’instant, le conducteur ne s’est pas rendu compte du drame : il faisait nuit, la zone est exclusivement réservée aux poids-lourds, et le choc, aussi dramatique soit-il, n’est guère perceptible pour un camion de cette dimension.
Ironie du sort, les enquêteurs ont retrouvé sur la victime une autorisation provisoire de séjour, document normalement détenu par les personnes désirant demander l’asile en France... La victime a dû demander ce laisser-passer afin d’être tranquille un moment sur le sol français, tout en continuant à lorgner sur l’Angleterre.
Depuis l’ouverture du centre de la Croix-Rouge de Sangatte en 1999, ce jeune Irakien est le quinzième réfugié à perdre la vie. L’an passé, quatre sont morts sur les voies ferrées menant au tunnel ; un est mort écrasé en voulant traverser l’autoroute A 16 ; un autre est mort noyé.
« C’est un événement aussi tragique que banal », commente un policier. D’ailleurs, une enquête est ouverte... pour accident de la circulation