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[don't hate the media... become the media]   13/10/08 - 14:13
[dépêches]
France

Perquisition d’un Hebdomadaire Basque

La démocratie espagnole est en marche....

Egunkaria, 35 rue pelletiers, 64100 Bayonne

05 59 59 35 75 - 06 76 71 48 10 fax : 05 59 25 75 11 e-mail : egunkaria@wanadoo.fr

Opération policière contre le quotidien basque Egunkaria

Les faits La garde civile a procédé aux arrestations des membres et anciens membres du conseil d’administration ainsi que du directeur du quotidien d’Euskaldunon Egunkaria aux alentours d’une heure et demie du matin. 9 des 10 personnes interpellées l’ont été à leur domicile. La garde civile a agi sur ordre d’un mandat du juge Juan del Olmo de l’Audiencia Nacional de Madrid. Des portes des domiciles de certains interpellés ont été fracturées, et les perquisitions ont duré longtemps.

Vers trois heures et demie du matin, la garde civile s’est présentée aux domiciles des responsables d’Egunkaria de Pampelune et Bilbao. Ces personnes ont été amenées aux sièges du quotidien de ces deux villes en tant que témoins. A Pampelune, le matériel informatique et les archives et documents des journalistes ont été saisis. Une fois la perquisition terminée, le siège a été placé sous scellé, malgré l’absence de mandat pour effectuer cette fermeture.

A Bilbao, c’est le même scenario qui s’est produit, avec la présence de personnes vivant dans le même immeuble comme témoins. Les ordinateurs des rédacteurs en chef et des responsables commerciaux ont été saisis.

La perquisition du siège central d’Andoain a eu lieu vers quatre heures du matin. La garde civile a mis en place une grosse opération pour la mener à bien : une quinzaine de fourgons et autant de voitures banalisées étaient présentes sur les lieux. Les responsables de la distribution du journal n’ont pas pu sortir des locaux, et la garde civile est entrée avec certains des interpellés. Toutes les caméras de surveillance ont été déconnectées pour ne pas laisser de traces visuelles de la perquisition. Vers cinq heures et demie du matin, l’avocat du quotidien Iñigo Iruin est arrivé, mais on ne lui a pas laissé rentrer dans les locaux. La perquisition a duré huit heures, avec un va-et-vient permanent des fourgons policiers et la saisie de beaucoup de matériel.

A Vitoria, la garde civile y est restée jusqu’à midi et demie, et tous les ordinateurs ainsi que quatre ou cinq cartons ont été sortis.

Les personnes interpellées

Iñaki Uria.

Membre du conseil d’administration. Actif dans le monde culturel basque depuis sa jeunesse. Il a pris part à la création de l’hebdomadaire Argia, et a été un des impulseurs de la campagne Egunkaria Sortzen. Il fut sous-directeur puis directeur d’Egunkaria avant d’être membre du conseil d’administration.

Martxelo Otamendi

Directeur du quotidien depuis 1993. Enseignant d’euskara à Tolosa, il a aussi animé une emission télé à ETB, Egonean Giro.

Juan Mari Torrealdai

Président du conseil d’administration et directeur de la revue Jakin. Engagé dans le monde culturel depuis les années 60, ancien directeur de la revue Anaitasuna. Il est aussi connu pour ses activités dans le monde de l’édition.

Pello Zubiria

Sous-directeur d’Argia, premier directeur d’Egunkaria. Ayant laissé ce dernier poste, il a travaillé à nouveau dans Argia.

Luis Goia

Producteur de cinéma. Membre du premier conseil d’administration du journal, très attaché au cinéma basque.

Fermin Lazkano

Responsable de l’entreprise Plazagunea, qui offre des services en informatique. Gérant du quotidien dans les années 90, enseignant d’euskara.

Inma Gomilla

Impulseur et premier gérant du quotidien.

Xabier Alegria

Membre d’Udalbiltza. Responsable d’AEK pendant plusieurs années. Inculpé dans les procès contre Egin et Ekin.

Xabier Oleaga

Responsable des relations extérieures de la fédération des ikastola. Il fut directeur du quotidien Egin au début des années 90, puis sous-directeur d’Egunkaria.

Txema Auzmendi

Vice-président de la radio Donostia Herri Irratia et membre du conseil d’administration d’Egunkaria depuis la création du quotidien.

Lecture des faits par Egunkaria La société basque subit à nouveau une absurdité judiciaire et policière. L’attaque contre Egunkaria et l’interpellation de 10 de ses membres est une aggression directe contre l’euskara et les secteurs qui travaillent pour la rebasquisation. Cette fois-ci, l’attaque est on ne peut plus directe.

Ils ont fermé Egunkaria par la force, mais les personnes qui sommes attachées de près ou de loin à ce projet ferons tous les efforts pour publier chaque jour un quotidien en euskara, afin que nos lecteurs puissent avoir accès à ce type d’information.

Euskaldunon Egunkaria a été mis en place grâce à une campagne populaire. C’est grâce à la participation de beaucoup de personnes que ce projet a vu le jour. Parce que dans le terrain de la normalisation de la langue basque, il manquait un outil informatif de ce genre : un quotidien qui tous les matins propose l’information en basque. Pendant 13 ans, sans interruption, Egunkaria a rempli ce rôle, de manière ouverte, plurielle et indépendante.

Cette opération policière n’est donc pas uniquement une agression contre la communauté bascophone, mais contre la liberté d’expression. Une aggression contre le droit de s’informer et d’informer.

Face à cette attaque contre la société basque, et dans ces moments difficiles, nous devons demander à la société basque qu’elle se mobilise pour l’euskara, pour le droit de vivre en euskara, et qu’elle place ses efforts dans le soutien à Egunkaria. Nous tenons à remercier toutes les personnes qui dès les premières heures du matin sont venues au siège du journal montrer leur solidarité : citoyens, politiciens, syndicalistes, personnalités du monde de la culture. Nous leur demandons de prendre part à toutes les initiatives qui auront lieu à l’avenir.

Pour finir, nous demandons la libération immédiate des 10 membres interpellés, afin qu’ils continuent le travail de ce projet tant aimé. Au nom de toute la rédaction d’Egunkaria, nous tenons à leur montrer toute notre solidarité, ainsi qu’à leurs familles.

Déclaration d’Egunkaria

C’est une situation incroyable. On dirait un cauchemar. Mais, elle est bien réel, bienque cela soit totalement injuste. La société basque est entrain de subir une autre aberration judiciaire et policiaire.

Au nom du Conseil d’Admninistration, de la direction et des salariés d’Egunkaria, nous démentons fermement les accusations portées par le ministre de l’Intérieur espagnole et le juge de la sixième chambre de l’Audience Nationale espagnole afin de justifier les interpellations et les perquisitions. Egunkaria n’a pas et n’a jamais eu de lien avec ces accusations. Egunkaria, dès sa création, est un quotidien indépendant, indépendant de tout parti politique, de toute institution ou autre. Egunkaria a un seul engagement : avec la langue basque et la véritable information. Cela est évident, mais, en ce moment, il est nécessaire de le rapeller.

De plus, nous soulignons que les responsables actuels et anciens d’Egunkaria ont un long et exemplaire parcours personnel et public dans la vie culturelle, informative et éducative. Leurs interpellations n’a aucun sens. C’est totalement dément. Ils devraient être en liberté, parmi nous, afin de poursuivre notre travail quotidien. Nous sommes inquiet quant à leur situation. Nous voulons exprimer notre solidarité et notre affection aux personnes maintenus en detention, ainsi qu’à leurs familles.

Des responsables actuels ou anciens d’Egunkaria subissent une grave atteinte, puisqu’ils sont en garde-à-vue, sans que les familles aient aucune nouvelle. Les salariés d’Egunkaria subissent une grave atteinte, car on leur a volé un travail qu’il menaient en toute dignité. Les lecteurs et les annonceurs d’Egunkaria subissent une grave atteinte, car on a fermé le quotidien qu’ils choisissaient pour garantir la liberté d’information et d’expression. Ils ont porté atteinte, également, à la langue basque et ses locuteurs, car ils ont paralysé un des plus importants outils de communication qu’avait cette langue. La liberté d’expression vient de subir une grave atteinte, car on a voulu taire une voie indépendante.

De plus, c’est une atteinte contre tous les habitants du Pays Basque, car Egunkaria est un patrimoine de ce pays, faisant parti de ce pays, a toujours été ouvert à la pluralité de ce pays eta a essayé d’être le journal de tous les bascophones.

Enfin, le parcours de douze ans doit avoir une suite. Nous ne pouvons pas accepter d’interruption venu de l’extérieur. Le travail des salariés, responsables et collaborateurs d’Egunkaria doit continuer à être fructueux. Les abonnés et lecteurs doivent avoir Egunkaria entre leurs mains. Les habitants du Pays Basque ont besoin d’un journal tel qu’Egunkaria dans le domaine de la communication. Nous, membres du conseil d’administration, salariés et responsables d’Egunkaria, nous confirmons notre engagement de sortir ce projet communicatif. Nous ferons tout ce qui est en notre possession afin que l’offre communicatif actuel se poursuive. Pour cela, l’engagement des citoyens et acteurs sociaux sera indispensable. Nos portes sont toutes ouvertes pour ce travail en commun, pour mener à bien le projet d’Egunkaria et pour changer la situation de ce pays.

Nous voulons remercier les dizaines et les dizaines de message de soutien que nous avons eu de la part des dirigeants politiques, institutionnelles, associations, syndicats et citoyens. Nous comptons sur eux afin d’aller de l’avant.


Source/auteur : Nicolas D
Mis en ligne le jeudi 27 février 2003, par Nahuel
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