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[don't hate the media... become the media]   25/07/08 - 12:44
[dépêches]


Entretien avec Allande Socarros

Entretien avec Allande Socarros, Travailleur à Euskaldunon Egunkaria.

Allande Socarros est journaliste au quotidien Euskaldunon Egunkaria depuis le début de sa publication, très exactement, le 6 décembre 1990. Le journal a donc existé pendant 13 ans, une aventure qui s’est terminée le 20 février 2003. Au cours de l’entretien qu’il m’a accordé le 1er mars, il avait encore du mal à parler de son journal au passé…

MX - Que s’est-il passé le 20 février 2003 ?

AS - Le 20 février 2003, sur réquisition du juge Juan Del Olmo, de l’Audiencia Nacional, qui est la plus haute juridiction pénale espagnole, et que je n’hésiterais pas à qualifier de juridiction d’exception, la Guardia Civil a investi les locaux de la rédaction centrale de Egunkaria d’Andoain, à 15 km de Donosti (San-Sébastian), ainsi que trois délégations régionales à Iruñea (Pampelune), Gasteiz (Vitoria) et Bilbo (Bilbao). Au total, 300 gardes civils ont effectué 21 perquisitions. Ils sont allés également arrêter 10 personnes : le directeur d’Egunkaria, Martxelo Otamendi, l’ancien directeur, Pello Zubiria, actuellement directeur adjoint de l’hebdomadaire en langue basque Argia, et 8 membres du Conseil d’Administration. Une grosse opération !… Et l’argumentaire est le même que celui qui avait été employé pour faire fermer il y a 5 ans le quotidien Egin, c’est-à-dire, « collaboration avec une bande terroriste ». Sous cette formulation il faut comprendre « aide à ETA ».

MX - L’opération était-elle attendue ou s’est-elle déroulée subitement, sans que personne ne s’en doute ?

AS - Ce n’était pas du tout attendu : Egunkaria, dès le départ, et même bien avant que cela ne paraisse, s’était donné quatre critères qui sont les suivants : être un quotidien euskaldun, c’est-à-dire entièrement écrit en langue basque, être un journal indépendant de toute obédience partisane, être un journal pluraliste, ce qui va de paire avec l’indépendance, et un journal parlant et se diffusant sur l’ensemble du Pays basque, soit sur les sept provinces, du Sud comme du Nord.

MX - Egunkaria était-il le premier quotidien de ce type ?

AS - Je suis tenté de répondre que oui, bien que pendant la guerre civile d’Espagne le gouvernement basque (constitué du Parti Nationaliste Basque (PNV), du Parti Communiste, du Parti Socialiste…), et surtout les abertzales du PNV, avait édité un quotidien qu’on peut qualifier de quotidien de guerre qui s’appelait Eguna et qui n’avait paru que pendant quelques mois, et qui était entièrement rédigé en langue basque. Egunkaria était donc le second. C’était un quotidien d’information, dans le plein sens du terme. Plusieurs rubriques s’y déclinaient : les quatre premières pages s’appelaient « Iritzia » (Opinion), et les gens de diverses opinions y exprimaient leur point de vue sur les sujets qui leur tenaient à cœur ou que la rédaction leur demandait de développer. Ensuite venaient les rubriques « Politika », « Gizartea » (Société), « Ekonomia », « Nazio artekoa » (Actualité Internationale), et c’est dans celle-là que j’exerçais. J’ai toujours aimé l’actualité en général, et quand j’ai commencé à Baiona, entre 1991 et 1993, on traitait des événements se déroulant sur l’ensemble du Pays basque Nord, mais aussi de l’actualité française. Mes trois autres collègues n’étaient pas très chauds pour ça, et moi ça m’intéressait. J’ai finalement continué dans cette ligne-là, passant de l’actualité française à l’actualité espagnole puis internationale. Les autres rubriques étaient le sport, au milieu, une rubrique très fournie… Puis venaient les pages « Kultura », « Agenda », et la dernière page était une page du style magazine où un sujet qui pouvait être de n’importe quelle rubrique était rédigé sur le mode du reportage. Au total, ça faisait environ 50 pages chaque jour, et en plus il y avait les suppléments. Le mercredi, « UNI » traitait de l’enseignement, de l’éducation, de l’université et des nouvelles technologies. « Barkatu Ama », le jeudi, traitait de musique. « Mundu Mira », le vendredi, était consacré à la montagne. « Begia », le samedi, développait les sujets de culture, « Ekonomia » ceux de l’économie. Le dimanche, « KZ » abordait des sujets de société très divers et « Txingola » était consacré aux enfants. Donc en plus du quotidien il y avait six suppléments de 12 pages en couleurs chacun. Le produit était donc réellement professionnel et vraiment pluraliste. Je m’inscris totalement en faux par rapport à l’accusation portée qui a mené à la fermeture du quotidien : Egunkaria était vraiment pluraliste !

MX - Pour garantir cette pluralité, comment le journal était-il financé ?

AS - Par une campagne d’actions populaires. Ca, à l’Audiencia Nacional, et à Madrid en général, ils ont beaucoup de mal à comprendre qu’on puisse mettre de l’argent sur quelque chose qui ne nous rapporte rien en termes financiers. La campagne avait été très massive et a duré de très longs mois avant la première parution du journal. C’est de cela que vient le socle financier de départ. Ensuite, un quotidien demande énormément d’argent, c’est une très lourde machine, les frais reviennent chaque jour, et on fonctionne aussi sur des déficits, c’est clair, mais acceptables. Il a donc fallu l’aide des institutions, en particulier de Eusko Jaularitza, le Gouvernement Basque. Le Ministère de la Culture Basque participait financièrement à Egunkaria. Ce gouvernement est constitué de forces politiques incarnées par des sociaux-démocrates, des néo-communistes, et on les imagine mal soutenir un instrument qui serait au service de ETA ! Le gouvernement navarrais a également participé un temps, avec beaucoup de réticences. A l’époque, c’est l’UPN qui était au pouvoir, et qui a aidé notamment à la création d’un supplément qui a disparu depuis : « Naffartariak », qui traitait de la Navarre. Le nouveau gouvernement de Navarre a supprimé cette aide, ce qui a mis fin au supplément. Ces derniers temps, la Navarre n’aidait pas car elle est dirigée par des ultra-réactionnaires, je le dis clairement, totalement en cheville avec le Parti Populaire au pouvoir à Madrid.

MX - A combien d’exemplaires tirait Egunkaria ?

AS - Ca évoluait entre 15 000 et 17 000, mais il faut compter qu’un journal est lu par environ trois personnes, donc ça faisait entre 45 000 et 50 000 lecteurs quotidiennement, ce qui est relativement important. Le journal avait réussi à avoir une très large assise populaire, et quand le juge Del Olmo a pris sa décision de fermeture, lançant son offensive contre le quotidien, la réponse dans la rue a été gigantesque : une manifestation de plus de 150 000 personnes a eu lieu le samedi 22 février à Donosti, seulement deux jours après la fermeture. Ca équivaudrait en France à une manifestation de 3 ou 4 millions de personnes ! Et les médias français n’en ont strictement rien dit ! Le même jour à Madrid il y avait une manifestation appelée par l’opposition, essentiellement par le secteur écologiste et les Galiciens, pour dénoncer la gestion calamiteuse de la marée noire du Prestige, et il y avait 100 000 personnes ; seulement le rapport est bien différent : il y a 40 millions d’habitants dans l’Etat espagnol, et seulement 2,8 millions au Pays basque ! C’est extraordinaire comme les médias peuvent passer sous silence une manifestation de 150 000 personnes venues dénoncer une atteinte à la liberté d’expression, à la liberté d’information, à la liberté de la presse. En fait, le journal est fermé « provisoirement »… pour 5 ans, ce qui est rendu possible par les lois antiterroristes. Autant dire que le journal ferme définitivement : en 5 ans il a le temps de mourir et il n’a aucune chance de repartir !

MX - Pourtant Egunkaria a commencé à reparaître sous une autre forme dès le lendemain…

AS - Oui, mais pas sous le nom de Egunkaria parce que ce nom-là est désormais interdit par la procédure judiciaire engagée, mais je parlerais plutôt de procédure politique-judiciaire. Il est reparu sous le nom de Egunero, qui était un supplément quotidien publié à l’intérieur de Egunkaria dans la région de Tolosa (Gipuzkoa) et qui traitait de l’actualité locale. J’ai omis de préciser qu’il y avait un autre supplément local dénommé « Bizkaia » traitant de l’actualité de la province de Biscaye. En ce qui concerne Egunero, il est réalisé par une vingtaine de salariés du journal, avec le peu de matériel qu’il leur est resté, parce que le matériel a été saisi et les locaux mis sous séquestre. Ils ont décidé qu’ils n’accepteraient pas cela, qu’on ne les ferait pas taire, et ils tiennent la gageure depuis le 20 février, en ayant ressorti un journal dès le lendemain de l’interdiction. C’est un 16 pages en noir et blanc.

MX - 10 personnes ont été arrêtées : où en est leur situation ?

AS - 4 ont été libérées après 5 jours de mise au secret, car c’est plus que de la garde à vue : personne ne peut se mettre en contact avec les personnes arrêtées, ni les avocats, ni la famille, ni les amis. C’est un blanc-seing total donné à la Guardia Civil ou à la police espagnole pour faire ce qu’ils veulent, et effectivement ils font ce qu’ils veulent puisque les 4 personnes relâchées ont fait état de tortures. Et les personnes relâchées l’ont été contre caution, la somme totale représentant 78 000 euros. Quelque part, la justice espagnole pratique le racket ! Il faut appeler ça comme ça ! Je le dis clairement ! Les gens isolés ne peuvent pas payer de telles sommes et restent en prison, donc c’est du racket pur et simple, du racket institutionnalisé ! C’est Martxelo Otamendi, nommé directeur d’Egunkaria par le Conseil d’Administration (et non par ETA !) en 1993, qui a dû payer la plus forte somme. Il avait fait ses classes à Euskal Telebista en animant plusieurs émissions. C’est une personne publique et un journaliste reconnu, et il n’a pas besoin de raconter des histoires pour se rendre intéressant. Et il a dénoncé les tortures dont il a été l’objet, et il sait que les autres en ont aussi été l’objet. Ce sont des tortures qui ne laissent pas de trace qui leur ont été infligées, comme, la plus courante, celle dite du sac en plastique : on te le met sur la tête, on te serre à la base du cou, et au bout de quelques secondes tu commences à étouffer et tu perds connaissance. Après, on te réveille à coups de gifles, évidemment, et on recommence… Une autre torture consiste à t’appliquer un revolver sur la tempe et à tirer sur la détente. L’arme n’est pas chargée, mais quand tu entends le « clic », ça te fait un drôle d’effet et entraîne un sacré traumatisme ! D’après le témoignage de Martxelo Otamendi paru dans le Egunero de mardi dernier, ils te font aussi faire des « exercices physiques », maintenant… Si tu ne les fais pas, ils te tapent. Ca consiste à faire des flexions répétées, nu, jusqu’à l’épuisement. Les interrogatoires étaient menés par les gardes civils qui répondaient à une demande du juge Del Olmo, et lui et ses autres compères savent très bien ce que fait la Guardia Civil dans ses cartels. Ils sont donc absolument complices de cet état de fait. La torture est pratiquée en Espagne, il faut le dire, il faut le répéter, et elle est régulièrement dénoncée par Amnesty International. Et ce qui est extraordinaire c’est que Angel Acebes, le ministre de l’Intérieur espagnol, a dit que le gouvernement espagnol allait porter plainte contre Martxelo Otamendi pour dénonciations calomnieuses ! Si la torture n’est pas pratiquée en Espagne, je renvoie ce sinistre individu à la lecture des rapports d’Amnesty International. Ils n’ont qu’à porter plainte contre Amnesty International aussi ! Il y a eu torture et mauvais traitements. Et en ce qui concerne Pello Zubiria, le directeur adjoint du journal Argia, il est atteint depuis plusieurs années d’une maladie dégénérative osseuse, et il ne travaillait d’ailleurs plus que quelques heures par jour. A lui, après être venu le chercher chez lui à une heure du matin (maintenant c’est aussi possible en France grâce à Sarkozy), on l’a amené très brutalement pour l’interrogatoire, sans avoir apporté son traitement. Et il s’est sans doute passé des choses graves parce que Pello Zubiria a été amené à l’hôpital à Madrid dans un état grave selon les médecins. Le gouvernement espagnol a fait courir le bruit qu’il avait tenté de se suicider. Connaissant personnellement Pello depuis de très longues années, s’il avait vraiment fait ça, cela voudrait dire qu’il était vraiment à bout. J’ai quand même du mal à croire à cette version, surtout venant des autorités espagnoles…

MX - Comment a réagi le gouvernement basque et plus largement le PNV ?

AS - L’affaire a sacrément secoué la société basque dans son ensemble. Et le gouvernement basque, démocrate chrétien, prudentissime, a pour une fois délaissé sa légendaire prudence et a pris officiellement position en disant que Egunkaria était un journal pluraliste et que ce qui s’était passé était une claire atteinte à la liberté de la presse, d’expression et d’information. La ministre de la Culture basque, Miren Lazkarate, a exprimé l’inquiétude des autorités de la Communauté Autonome Basque quant au cas de Pello Zubiria. Et à la manifestation du 22 février, il y a eu plusieurs représentants du gouvernement basque.

MX - De quelle mouvance font partie les 10 personnes arrêtées ?

AS - Il y a des gens que tu peux situer dans la gauche abertzale (ce qui n’est pas une raison pour les arrêter et leur appliquer la torture !), mais aussi des gens que tu peux classer du côté de la démocratie chrétienne, du PNV ou de EA. Donc c’est une attaque contre tout l’espace politique abertzale, mais aussi et surtout contre la culture basque. Mon opinion, mon analyse, c’est qu’en fermant Egunkaria et, avant, en attaquant AEK, la structure d’enseignement de la langue basque pour les adultes, il y a une volonté claire, manifeste, de criminaliser le monde culturel basque. « Criminaliser », j’ai quelque mal à employer ce mot-là : c’est eux qui emploient généralement ce verbe… Ils veulent criminaliser ce monde en le liant ipso facto à la pratique de la lutte armée de ETA. Donc c’est une offensive qui va bien plus loin que ETA et le monde qui est politiquement solidaire de cette organisation : maintenant l’offensive est lancée contre l’ensemble du monde culturel basque. Et également contre le Gouvernement Basque : les forces abertzale qui gèrent l’autonomie gênent beaucoup Madrid. Surtout maintenant qu’Ibarretxe a développé un projet d’indépendance dans l’association ; ça ils ne veulent pas en entendre parler. Déjà l’autonomie forte de la CAV, un peu moins en Navarre, l’autonomie également forte de la Catalogne, sont des choses qui sont aux limites de ce que les dirigeants espagnols actuels et passés peuvent accepter. Et donc ils ont tout intérêt à vouloir impliquer le Gouvernement Basque actuel dans une sorte non pas de soutien mais de compréhension du phénomène de la lutte armée menée par ETA. Et, comme je l’ai dit tout à l’heure, Egunkaria était en partie financé par le ministère de la Culture basque, et il n’y a donc rien d’étonnant à ce que Aznar embraye là-dessus. Il n’y a aucun hasard dans ce qui se passe actuellement au Pays basque Sud.

MX - Que devient l’antenne d’Egunkaria basée à Baiona, sur le territoire français ?

AS - La situation est hallucinante ! C’est un véritable imbroglio juridique : Egunkaria est interdit en Pays basque Sud, sur les quatre provinces Sud, mais Baiona dépend de la juridiction française et cette antenne n’est donc pas du tout inquiétée. Il y a 150 travailleurs dont environ 100 journalistes, 3 sur Baiona, moi-même et un pigiste sur la Soule, et nous sommes tous dans une situation extrêmement difficile : la fermeture d’un journal sur réquisition judiciaire, ça ne rentre pas dans les critères d’attribution du chômage, ni au Sud, ni au Nord… Et c’est encore plus compliqué pour nous car nous ne sommes pas théoriquement interdits dans la mesure où nous sommes employés par l’association Egunkaria basée à Baiona, qui dépend donc de la juridiction française ! Nous pourrions donc légalement continuer à travailler, mais le lectorat et donc les rentrées d’argent se situant majoritairement en Pays basque Sud, nous ne tiendrions pas longtemps : les comptes bancaires sont bloqués, et l’association de Baiona ne tardera pas à être asphyxiée financièrement. Tous les locaux au Sud ont été perquisitionnés et placés sous scellés, le matériel, tout neuf, a été emporté, et cela a même touché d’autres publications car certains travailleurs participaient à d’autres publications. Ainsi, Argia ou Jakin ont aussi été placés sous scellés, de manière totalement illégale puisque l’ordonnance du juge ne concernait en aucun cas ces autres revues ! Les policiers ont outrepassé leurs prérogatives, ce qui sera d’ailleurs attaqué juridiquement par les avocats, mais le mal est fait, et ils pratiqueront sûrement la politique du fait accompli. L’affaire touche donc beaucoup plus que les 150 personnes travaillant à Egunkaria. Par exemple, tous les sites Internet que gérait Plazagunea sont aujourd’hui fermés alors qu’ils n’étaient à aucun moment cités par le juge.

MX - Dans un autre registre, tu participes aussi au site Internet www.amnistia.net où l’on peut trouver des informations sur le Pays basque…

AS - Oui. J’y écrit depuis 1999 mes réflexions sur la situation politique au Pays basque. Et pour relier cette expérience à Egunkaria, je dirais que j’ai été emprisonné à deux reprises pour participation présumée à Iparetarrak, et il y a plusieurs choses dans le mouvement abertzale que je n’ai pas acceptées ces dernières années. C’est pourquoi j’ai dit un certain nombre de choses, non agréables, à ETA en particulier. Alors si Egunkaria avait été un organe au service de ETA, je n’y aurais pas été, tout simplement par cohérence politique. En conscience, je n’y aurais pas été. Mais je reconnais quand même que ETA lutte pour la liberté du peuple basque, ça c’est clair, mais j’ai fait des articles critiques dans amnistia.net, et je les assume parfaitement.

Mari Xiberotarra, Le 1er mars 2003.

Sites à visiter :

- www.sustatu.com
- www.rebelion.org
- www.euskalherria.indymedia.org

Pétition en faveur d’Egunkaria :
- http://www.vientosur.info/solidaridades/egunkaria/

Pour envoyer des messages de soutien aux travailleurs d’Egunkaria : egunaurrera@yahoo.com

Une campagne dénonçant la fermeture d’Egunkaria a été lancée au niveau international à travers Internet. Une page web en plusieurs langues dénonce la fermeture du journal :
- www.euskalnet.net/ileturia/egunkaria/francais.htm

L’objectif est de faire que cette page ainsi que le nouveau site d’Egunkaria (www.egunero.info) soient les premières à apparaître lorsque l’on cherche Egunkaria sur Google.

Mari Xiberotarra / claire.otxandi@tiscali.fr


Source/auteur : Mari Xiberotarra
Mis en ligne le mardi 4 mars 2003, par Celine
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