L’association Bouge qui Bouge adresse à la famille et à tous les proches de Mourad, 17 ans, ses plus sincères condoléances face au drame qui les ont brutalement frappés.
La mort de Morad est intolérable : aucun décret ne peut autoriser à enfreindre ce principe de droit fondamental selon lequel seule la légitime défense autorise à porter atteinte à l’intégrité, et à la vie, d’une personne. Pour nous, militants d’une association de quartier, cet événement tragique ne nous rappelle que trop la mort de trois des nôtres, et notamment de Abdelkader Bouziane, lui aussi âgé de 17 ans, lui aussi décédé, en décembre 1997, d’un tir policier, qui l’avait frappé en pleine nuque.
L’association Bouge qui Bouge sait ce qu’est le deuil en pareille circonstance. Elle joint à ses condoléances un appel le plus ferme à la mobilisation politique. Les violences collectives, nous les avons nous aussi connues, lors de la mort d’Abdelkader. Ces violences, nous savons maintenant qu’elles ne mènent qu’à l’affaiblissement collectif de nos quartiers, à l’isolement des militants et à leur écrasement par les forces répressives.
C’est pourquoi nous appelons toutes les forces syndicales et politiques à soutenir les jeunes de Nîmes dans leur combat, afin que ce dernier reste digne et politique. Toutes les organisations qui se sont récemment élevées contre les lois Sarkozy doivent, comme nous, se rassembler à Nîmes et s’y engager sans plus attendre, pour prêter assistance et concours à toutes les personnes en quête de réponse politique.
Ce qui se joue aujourd’hui à Nîmes, c’est la légitimité tout entière des dispositifs sécuritaires du gouvernement. C’est aussi la vie même de nos quartiers et de nos villes.
Sans justice, pas de paix ! De la politique dans nos quartiers !
Association Bouge qui Bouge, Bas-Moulin, Dammarie-lès-Lys